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Sainte-Anne-de-Sorel

L'ancien Hells Angels René Charlebois retrouvé mort

Notoire surtout en raison de son mariage où avaient chanté Ginette Reno et Jean-Pierre Ferland

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Quatrième Hells Angels à s'enlever la vie, René Charlebois passera à l'histoire davantage pour son mariage flamboyant que pour ses exploits professionnels. Son évasion risque toutefois de laisser un goût amer à ses frères d'armes, Ottawa ayant ordonné une révision des cotes de sécurité de tous les détenus violents.

Après avoir passé les 12 dernières années derrière les barreaux, celui que les motards surnommaient Balloune en a eu assez de la prison. Il faut dire que l’homme de 48 ans n’avait pas été un Hells en liberté bien longtemps.

C’est un meurtre commis en 2000 qui lui avait valu ses patches au sein de l’organisation et qui lui avait aussi coûté la prison à vie, quatre ans plus tard. En 10 ans, le père de famille était passé de livreur de pizza à bras droit de Maurice Mom Boucher, le chef du groupe criminalisé, pour le chapitre des Nomads.

«Il était un très bon exécutant, un gars réputé violent, précise le député Guy Ouellette, ex-policier spécialiste des motards. Il ambitionnait de grimper dans la hiérarchie et faisait ce qu'il avait à faire pour y parvenir.»

Chasse à l’homme

Le 14 septembre, le motard décide de prendre la poudre d’escampette du pénitencier à sécurité minimale où il est gardé. Les policiers mettent alors tout en œuvre pour le retrouver. Au bout de près de deux semaines d’écoute électronique, de filatures de ses proches et d'indices obtenus grâce à des informateurs, ils découvrent enfin sa cachette dans l’ancien chalet de l’auteure Germaine Guèvremont, situé à Sainte-Anne-de-Sorel en Montérégie.

Les enquêteurs obtiennent un mandat d'arrestation. Pour profiter de l’effet de surprise, le groupe tactique d'intervention de la Sûreté du Québec attend la tombée de la nuit pour franchir, à pied, la seule passerelle de bois qui relie la berge à l'île-aux-Fantômes.

Vers 1 h 15, les agents frappent un grand coup. Fracassant la porte et une fenêtre, ils lancent une grenade assourdissante à l’intérieur.

Avant même qu’ils n’aient pénétré dans la cabane, Charlebois s’était tiré une balle dans la tête. «Il savait très bien ce qui se passait», assure une source policière.

On ignore toujours s’il se trouvait seul, mais les policiers n’auraient procédé à aucune arrestation. Yves Lavigne croit que Chalebois devait être en train de planifier sa fuite du pays au moment de l’intervention.

Le spécialiste des motards criminalisés se surprend toutefois que le fugitif ait mis fin à ses jours après avoir mis tant d’effort pour s’évader.

Cela ne surprend toutefois pas Normand Lester, auteur de Mom qui porte sur le chef des Hells. «Il y a des gens qui n’en peuvent vraiment plus de la prison alors au lieu d’endurer d’y retourner, il a préféré fuir vers le néant», explique-t-il.

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