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Dossier | Pression à Montréal

Carey Price est un homme solitaire

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ANAHIM LAKE | Carey Price porterait l’uniforme du Canadien de Montréal ou celui des Sharks de San Jose qu’il ­garderait la même personnalité. Derrière son masque se cachera toujours un homme solitaire. Ça fait partie de son identité, de son ADN.

ANAHIM LAKE | Carey Price porterait l’uniforme du Canadien de Montréal ou celui des Sharks de San Jose qu’il ­garderait la même personnalité. Derrière son masque se cachera toujours un homme solitaire. Ça fait partie de son identité, de son ADN.

Quand on grandit à Anahim Lake, on ­développe généralement un esprit solitaire. Là-bas, la pêche et la chasse resteront toujours deux activités de choix. Seul sur un immense lac entouré des Rocheuses, il faut de la patience pour attraper un gros saumon ou une truite arc-en-ciel. C’est la même histoire pour chasser le gibier.

À Montréal, dans une ville de deux millions d’habitants, Price ne vivra jamais dans l’anonymat. Il a compris cette réalité depuis longtemps. Mais ça ne signifie pas qu’il est malheureux.

Loin des caméras et assis confortablement dans la salle d’entrevue du Canadien au Centre Bell, Price a reparlé de sa déclaration qui a fait le tour de la planète hockey après l’élimination des siens contre les Sénateurs d’Ottawa, au ­premier tour des séries du printemps dernier.

Il n’a pas cherché à effacer ses mots, il a ­simplement voulu en faire la lumière. Oui, il a dit qu’il y a des jours où il se sent comme un «hobbit dans son trou» à Montréal et qu’il n’ose plus sortir pour faire son épicerie.

«Avec le recul, je peux dire que cette déclaration a pris des proportions plus grandes que je pouvais imaginer, a raconté Price. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais je l’ai dit avec un ­sourire. Ce n’était pas un cri du cœur.»

«Il y a juste une réalité que les partisans ­doivent comprendre, je suis vraiment une ­personne solitaire, a-t-il poursuivi. Je suis ­possiblement moins sociable que je l’étais à l’époque. Je dirais que c’est en moi, j’ai besoin de tranquillité.

«Je suis quelqu’un de casanier avant tout. Je ne sors pas beaucoup maintenant. J’aime ça ­rester à la maison, c’est plus paisible. Je veux passer du temps avec ma femme. Je peux ainsi relaxer et avoir la paix. Quand je retourne à Anahim Lake ou à Kelowna, je passe beaucoup de temps à l’extérieur, mais tout seul.»

Heureux avec le CH

Une bouteille de coke à la main, Jerry Price ne peut s’empêcher de ­sourire quand on fait ­allusion à la déclaration du «hobbit».

Jamais il n’a perdu le sommeil à l’idée de croire son fils malheureux dans une ville où le hockey sera toujours une religion.

«C’était plus sous le coup de la frustration, ­réplique-t-il. Je connais mon garçon et je sais que Carey aime Montréal. Comme joueur, il n’y a pas une meilleure ville de hockey. Mais, comme on se disait, quand l’équipe joue bien, c’est le bonheur total, mais quand tu frappes un mur, ça devient plus difficile.»

À l’instar de son mari, Lynda Price a rappelé à plusieurs reprises que son fils se considère chanceux de porter les couleurs du Tricolore, même s’il est constamment sous les réflecteurs.

«Quand il revient à la maison l’été, il retrouve sa vie normale et il redevient seulement Carey, réplique Lynda. Quand il retourne à Montréal, il redevient le Carey, hockeyeur professionnel. C’est son boulot, il comprend très bien cette réalité.»

Durant les longs jours du camp, Price a ­regardé le film sur la vie de Jackie ­Robinson. Deux heures de cinéma qui lui ont permis de placer en perspective son ­propre quotidien.

«J’ai regardé le film 42 la veille de notre premier match préparatoire contre les Sabres, raconte-t-il. Je connaissais l’histoire de Jackie, mais ça m’a permis de réaliser qu’il a vécu des choses vraiment pires que moi. Ça me permet de relativiser le tout. Je ne dis pas que je me retrouve dans une position ­difficile, je cherche simplement à illustrer qu’il y a des personnes qui vivent ou qui ont vécu des choses bien plus difficiles. Lui, il se battait pour qu’on respecte la couleur de sa peau.

«Oui, il y a de la pression à Montréal, mais je me retrouve dans un bon marché, j’ai un bon emploi. Je n’ai pas à me plaindre.»

Apprendre de ses erreurs

Très candide, Price n’a pas peur de reconnaître qu’il a fait des erreurs depuis ses débuts avec le CH en 2007-2008.

«Tu dois parfois faire des erreurs ou vivre des expériences pour grandir, reconnaît-il. À mes débuts à Montréal, nous avions une équipe ­vraiment jeune. La majorité des joueurs avait moins de 28 ans et il y avait plusieurs ­célibataires. Il y avait plus de tentations.»

«J’ai appris rapidement et, des fois, tu dois ­apprendre à la dure afin de placer tes priorités au bon endroit. Avec le Canadien et Montréal, c’est la meilleure université du hockey. ­Aujourd’hui, l’équipe encadre toutefois mieux les jeunes. Brendan Gallagher a fait le bon choix l’an dernier en vivant chez Josh Gorges et Alex Galchenyuk restait avec sa mère.»

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