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Les enquêtes policières visant à élucider six meurtres et une disparition d'enfants remontant à plus de 20 ans, à Montréal et à Laval, seront bientôt relancées

Sur la trace d’un tueur en série

Sept dossiers sous la loupe
Photo d’archives Le meurtre de Marie-Ève Larivière, 12 ans, enlevée et assassinée à Laval en mars 1992, fait partie de cette série de crimes que les policiers croient reliés.

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Les enquêtes policières visant à élucider six meurtres et une disparition d'enfants remontant à plus de 20 ans, à Montréal et à Laval, seront bientôt relancées et convergent toutes en direction d'un seul tueur en série toujours impuni.

Les enquêtes policières visant à élucider six meurtres et une disparition d'enfants remontant à plus de 20 ans, à Montréal et à Laval, seront bientôt relancées et convergent toutes en direction d'un seul tueur en série toujours impuni.

Il s'agit des meurtres des jeunes Wilton Lubin, de Maurice Viens, de la disparition de Sébastien Métivier (tous trois portés disparus le 1er novembre 1984) et des assassinats de Tammy Leaky, de Denis Roux-Bergevin, de Pascal Poulin et de Marie-Ève Larivière, a appris Le Journal de Montréal.

Ces crimes odieux, commis entre 1981 et 1992, sont considérés comme étant reliés entre eux et font dorénavant l'objet d'un projet d'enquête policière commun, selon nos informations.

Similitudes

Plusieurs similitudes entre ces dossiers – les six victimes de meurtre, âgées de 4 à 12 ans, ont été enlevées et agressées sexuellement, entre autres – ont amené les autorités à les regrouper. Avec l'hypothèse que ces crimes aient pu avoir été perpétrés par le même tueur en série, dont un profil a été brossé par des analystes en comportement.

D'après nos sources, les enquêteurs des corps de police concernés collaborent étroitement avec des spécialistes de la Sûreté du Québec au sein d'une équipe de Gestion d'enquêtes sur les crimes en série (GECS).

Cette structure d'opération policière opère dans l’ombre depuis huit ans, au Québec, et ses efforts dans la traque des prédateurs aux multiples victimes donne des résultats probants (NDLR: Le Journal brossera un portrait inédit de la GECS dans son édition de demain).

Les corps policiers visés n'ont pas commenté nos informations, ni précisé les moyens par lesquels ils prévoient donner un nouveau souffle à leurs enquêtes.

Consternation

À la Sûreté du Québec, on nous a toutefois mentionné que les enquêtes sur ces dossiers sont «toujours actives» et que la population est toujours invitée à transmettre tout renseignement qui pourrait s'avérer pertinent aux policiers.

Ces sept crimes commis aux dépens de jeunes victimes sans défense ont consterné la population québécoise et semé l'inquiétude dans la région montréalaise, à l'époque.

Les disparitions sans précédent des jeunes Lubin, Viens et Métivier, survenues le même jour, avaient exceptionnellement incité la police de Montréal à assigner tous ses enquêteurs des homicides à leur recherche. Des battues d'envergure avaient été organisées, même plusieurs années plus tard, afin de retrouver le petit Métivier.

«La mort de Maurice Viens et de Wilton Lubin, ainsi que la disparition de Sébastien Métivier, ont directement contribué à la création de notre organisme», a souligné la directrice générale d'Enfant-Retour Québec, Pina Arcamone, favorable à une relance des enquêtes policières.

«Depuis 1985, nous avons honoré la mémoire de ces trois enfants disparus le même jour, ce qui est du jamais vu ici, et mis sur pied un programme de prévention pour éviter qu'il y en ait d'autres. C'est l'héritage qu'ils nous ont laissé. On veut s'assurer qu'ils ne soient jamais oubliés», a-t-elle poursuivi.


• Toute personne détenant des informations concernant ces dossiers peut contacter le Service de police de la Ville de Montréal sur la ligne Info-Crime, au numéro 514 399-1133 ou la centrale de l'information criminelle de la Sûreté du Québec, au 1-800-659-4264.

 

Sur les traces d’un tueur en série
Six meurtres et une disparition, survenus entre 1981 et 1992, à Montréal et à Laval. Les victimes: deux fillettes et cinq garçons âgés entre 4 et 12 ans. Des crimes répugnants qui demeurent un mystère, malgré des années d'efforts des forces de l'ordre. Aujourd'hui, les policiers sont toutefois en mesure de relier ces crimes en raison de leurs points en commun et ont maintenant des motifs de croire qu'ils ont été commis par un même tueur en série. Les enquêtes sont en voie d'être relancées dans l'espoir de solutionner ces meurtres et cette disparition. Voici un résumé de chacun de ces dossiers qui ont marqué l'histoire du crime au Québec.
Tammy Leaky
12 ans
Le 20 mars 1981, la fillette, en visite chez sa grand-mère sur la rue Ryde, dans le quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal, disparaît après s'être rendue au dépanneur pour aller acheter du lait et des bonbons.
Ses lunettes sont retrouvées par sa mère sur le chemin qu'elle avait emprunté. Les recherches des policiers ont permis de retrouver son corps en soirée, dans un champ, à Dorval, près de la rue Lindsay.
La victime avait été agressée sexuellement, battue et étranglée.
Sébastien Métivier
8 ans
Disparu depuis le 1er novembre 1984.
Vu vivant pour la dernière fois ce soir-là, alors qu'il assistait à un cours de bricolage dans le sous-sol de l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus, rue Adam, à moins de 200 mètres du domicile familial de la rue Desjardins, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
En août 2011, une femme a contacté la mère du disparu pour lui dire qu'un homme lui avait confié être le meurtrier du gamin. Le SPVM a rouvert l'enquête, mais a conclu à une fausse piste.
En 1993, la police avait un suspect de 44 ans dans sa mire, mais il s'est suicidé dans sa cellule du pénitencier La Macaza, où il purgeait une peine pour agression sexuelle sur une fillette de sept ans, avant d'avoir subi le test du polygraphe.
Wilton Lubin
12 ans
Lui aussi disparu le 1er novembre 1984, après avoir suivi le même atelier de bricolage que son camarade Sébastien Métivier, dans Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.
Le 2 décembre 1984, un chasseur trouve le cadavre de l'enfant flottant dans les eaux du fleuve, au sud-ouest de la pointe de l'île Charron.
La victime a été étranglée et a eu la gorge tranchée.
Le récidiviste décédé en 1993, alors que les policiers le considéraient comme suspect dans la disparition de Sébastien Métivier était aussi soupçonné du meurtre du jeune Lubin.
Maurice Viens
4 ans
Kidnappé le matin du 1er novembre 1984 par un homme qui lui avait offert des bonbons, près de son domicile de la rue Dorion, dans le quartier Centre-Sud, à Montréal.
Trois jours plus tard, le blouson que portait l'enfant est retrouvé à Saint-Roch-de-Richelieu, en Montérégie.
Le 6 novembre, le corps mutilé du garçon est découvert dans une grange désaffectée de Saint-Antoine-sur-Richelieu.
La victime a été battue et agressée sexuellement.
Denis Roux-Bergevin
5 ans
Disparu le midi du 5 juin 1985, alors qu'il jouait non loin de la maison familiale, rue de Villiers, dans le quartier Côte-Saint-Paul, à Montréal.
Trois jours plus tard, le blouson que portait l'enfant est retrouvé à Saint-Roch-de-Richelieu, en Montérégie.
Retrouvé sans vie trois jours plus tard dans un sous-bois près de l'autoroute des Cantons de l'Est, à Brossard, sur la Rive-Sud.
Le corps à demi-nu de l'enfant portait des marques d'agression sexuelle et de lésions à la tête, causées par un objet contondant.
Pascal Poulin
10 ans
Vu pour la dernière fois chez un de ses amis près de l'école qu'il fréquentait, rue Chapleau, sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, le 20 janvier 1990 en fin de journée.
Son corps gelé est retrouvé le lendemain après-midi, sur la berge de la rivière des Prairies, près du boulevard Gouin, à Pointe-aux-Trembles.
L'autopsie a démontré que le garçon a été agressé sexuellement et poignardé à plusieurs reprises, notamment au cou.
Marie-Ève Larivière
12 ans
En visite chez des proches à Laval, elle a été enlevée le 7 mars 1992, en début de soirée, alors qu'elle se rendait acheter du pain dans une boulangerie du quartier Saint-Vincent-de-Paul, avec 6 $ en poche.
Le lendemain matin, un employé du Canadien Pacifique découvre son corps près de la voie ferrée qui traverse le boulevard Saint-Martin, dans le quartier Chomedey, à Laval.
La victime a été agressée sexuellement et étranglée.
La police de Laval avait relancé l'enquête en 2005, ayant visité plus de 500 maisons et rencontré plus de 1000 personnes habitant sur le trajet emprunté par la victime
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