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Son bolide disparaît

Un système de repérage avait alarmé le propriétaire, mais la police a trop tardé, selon lui

Son bolide disparaît
Photo courtoisie Steve a attendu plusieurs mois avant de demander une indemnisation à sa compagnie d’assurance pour le vol de sa Mustang, gardant l’espoir de la retrouver.

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Un Lavallois déplore le vol de sa ­rutilante Mustang orange, qu’il avait pourtant pris la peine de doter d’un système de repérage. Il blâme la police, qui aurait trop tardé.

Un Lavallois déplore le vol de sa ­rutilante Mustang orange, qu’il avait pourtant pris la peine de doter d’un système de repérage. Il blâme la police, qui aurait trop tardé.

Le bolide de Steve (nom fictif) était chez un carrossier de Sainte-Anne-des-Plaines depuis plusieurs mois pour des travaux lorsque l’entreprise de surveillance l’a avisé avoir reçu un signal d’alarme. La Mustang ­possédait en effet la technologie Boomerang, qui permet de retrouver un véhicule volé.

Même s’il pouvait s’agir d’une fausse alerte, Steve a eu un mauvais pressentiment. Il craignait que son bébé sur quatre roues n’ait été vendu à quelqu’un d’autre par ­l’entrepreneur lui-même, Éric Ouellet Junior.

«L’alarme peut être causée par n’importe quoi. Si le véhicule est soulevé, par exemple, raconte celui qui désire garder l’anonymat par crainte de répercussions auprès de son employeur. Mais j’ai écouté mon cœur et j’ai foncé chez le carrossier, à Sainte-Anne-des-Plaines.»

Il n’y avait personne, mais en faisant le tour de la maison, il constate que le garage où devrait se trouver sa voiture est vide. Il tente d’appeler Ouellet pour comprendre pourquoi sa voiture ne s’y trouve pas, mais ce dernier ne répond pas.

Attente insoutenable

Le carrossier finit par téléphoner le ­lendemain soir, disant que l’auto devrait pourtant être là, qu’il allait vérifier et le ­rappeler plus tard.

Insatisfait de cette réponse, Steve retourne plutôt chez le commerçant, à Sainte-Anne-des-Plaines. Ce dernier brille toujours par son absence, tout comme sa voiture.

Steve décide d’appeler la police. Il veut ­déclarer sa voiture volée, mais les patrouilleurs soutiennent qu’ils doivent attendre le retour du propriétaire de la maison où se trouve le garage d’Éric Ouellet Junior.

«Les policiers devaient démêler s’il y avait eu vol ou si c’était une affaire civile. [...] Il y avait eu entente contractuelle entre le commerçant et le plaignant», explique Sylvain Théoret, porte-parole de la police de Terrebonne–Sainte-Anne-des-Plaines–Bois-des-Filion.

Dans un cas de vol plus habituel, les ­policiers travaillent en collaboration avec l’entreprise de surveillance Boomerang pour localiser le véhicule le plus rapidement ­possible, ajoute-t-il.

Devant ce qu’il qualifie d’inaction de la ­police, Steve passera donc les jours suivants à téléphoner au carrossier, introuvable, et à faire lui-même la navette entre son domicile et celui de l’entrepreneur dans l’espoir de ­l’attraper et de retrouver sa voiture avant qu’elle ne lui file sous le nez.

Quatre jours après avoir reçu l’alarme ­Boomerang, il est justement à Sainte-Anne-des-Plaines lorsqu’il dit apercevoir la voiture de Ouellet.

«J’ai couru dans mon auto, dit à ma femme d’appeler la police et je l’ai suivi», explique Steve.

Le commerçant a fini par stationner sa voiture dans l’entrée. Steve dit avoir dû bloquer le passage avec sa voiture pour l’empêcher de se sauver. Les deux hommes auraient commencé à se ­chamailler, mais Steve dit l’avoir laissé partir. Les policiers l’auraient rattrapé un peu plus loin. Mais il était trop tard. Le signal ­Boomerang avait disparu. Steve déplore d’avoir eu se faire justice lui-même.

«Si je n’étais pas intervenu, je n’aurais même pas eu le rapport de police parce que le carrossier était introuvable et je ­n’aurais pas été indemnisé par mon ­assureur», croit-il.

Des accusations de vol de véhicule ont ­finalement été déposées contre Ouellet à la fin de l’été 2013, a indiqué la police.

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