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Famille

Des super nannies payées 150 000 $

Des super nannies payées 150 000 $
illustration johanna reynaud

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Il existe à New York une classe de nounous payées en moyenne 150 000 $ par année pour garder les enfants des riches familles de Manhattan. Ces gardiennes font plus d’argent que certains travailleurs de Wall Street. Elles forment ce qu’on appelle les super nannies.

Il existe à New York une classe de nounous payées en moyenne 150 000 $ par année pour garder les enfants des riches familles de Manhattan. Ces gardiennes font plus d’argent que certains travailleurs de Wall Street. Elles forment ce qu’on appelle les super nannies.

Zenaide Muneton, 50 ans, est une super nanny. La dernière famille avec qui elle a travaillé lui versait un salaire de 200 000 $ pour garder deux enfants, en plus d’une allocation alimentaire, d’un bonus à Noël et d’un appartement payé près de Central Park.

«C’est le plus grand marché au monde pour l’élite des nounous et les salaires ont toujours été incroyablement élevés», dit Keith Greenhouse, dirigeant de Pavillion, une agence de domestiques new-yorkaise fondée en 1962.

Statut social

Avoir la bonne nounou est une question de statut social pour certaines familles de nouveaux riches. Ces femmes sont aussi engagées grâce à leurs contacts.

«Le Rolodex d’une super nanny est inestimable. Elles connaissent les meilleures salles d’urgence au Tibet, les parcs à Cannes, quelles plages ont les meilleurs sauveteurs à Dakar», dit Cliff Greenhouse, le président de l’agence Pavillion.

Elles sont indispensables pour ces familles. «Nos revenus ont diminué de moitié en 2008-2009. À cause de la crise économique, les familles ont laissé tomber leurs chefs et chauffeurs. Ce sont les nounous qui nous ont gardé à flot», dit Keith Greenhouse.

Une nounou augmente sa valeur sur le marché si elle a fait des études universitaires, si elle parle couramment le français (ou, de plus en plus, le mandarin), si elle peut cuisiner un repas de quatre services, toiletter un cheval et même, dans certains cas, conduire une zamboni pour la patinoire privée de la famille ou un yacht de 32 pieds.

«Avec les années, les demandes des familles sont devenues de plus en plus spécifiques. Elles veulent qu’on apprenne plusieurs langues à leurs enfants et qu’on prépare des repas végétaliens ou sans gluten», confie Zenaide, qui fait ce travail depuis 22 ans.

Elle dit avoir élevé près de 20 enfants avec qui elle a parcouru le monde en jet privé ou en yacht, passant ses étés dans les Hamptons et ses hivers à Aspen. Elle a même déjà reçu un bonus de 100 000 $ après avoir quitté une famille.

Souplesse obligatoire

En revanche, elle a accepté de consacrer sa vie à ces familles. «Il faut être très souple et être prête à travailler tout le temps.» Elle travaille en moyenne 60 heures en cinq jours.

«Ces gens changent toujours de plans, de routes, d’avions. On ne donne son opinion que quand on nous la demande. Mon boulot est de m’assurer qu’ils soient satisfaits», explique Zenaide, qui est originaire du Brésil.

La confidentialité est cruciale, Zenaide ne peut révéler le nom de ses clients. Certaines nounous doivent même signer un contrat de confidentialité. «La publication de photos sur les réseaux sociaux est interdite», précise Cliff Greenhouse.

 

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