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Hydro-Québec | Panne majeure

Hydro n’a pas tout dit sur la panne durant les feux de forêt

Une opération de maintenance au mauvais moment a empêché un disjoncteur de fonctionner normalement

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Photo d'archives Le président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal n’a jamais évoqué le disjoncteur défectueux et sa relève qui n’était pas opérationnelle, lors qu’il a expliqué les pannes de cet été.

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Le grand patron d’Hydro-Québec n’a pas dit toute la vérité aux Québécois cet été sur la cause des pannes de réseau survenues durant les feux de forêt, a découvert notre Bureau d’enquête.

Le grand patron d’Hydro-Québec n’a pas dit toute la vérité aux Québécois cet été sur la cause des pannes de réseau survenues durant les feux de forêt, a découvert notre Bureau d’enquête.

Contrairement aux affirmations de Thierry Vandal, ce ne sont pas uniquement les feux de forêt qui ont été la cause directe de la panne d’électricité du 3 juillet, mais plutôt un disjoncteur qui a mal fonctionné, tout comme son système de relève. En pleine période de feux de forêt, ce dernier avait été déconnecté «administrativement» pour des raisons d’entretien.

Si le système de relève était resté en place, selon nos sources, la pire panne d’électricité à survenir sur l’ensemble du réseau depuis 1989 – le verglas était un événement localisé et n’affectait pas l’ensemble du réseau – aurait été évitée.

Ces nouvelles informations sont contenues dans une «confession» d’Hydro-Québec aux autorités américaines chargées d’établir des normes pour des échanges d’électricité, un document écrit en anglais seulement et dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie.

Pendant ce temps au Québec, «les rapports ont été faits aux autorités compétentes», a déclaré Lise Morin, porte-parole de la société d’État, lorsqu’interrogée sur les personnes informées de ce problème de disjoncteur.

Selon elle, la seule cause demeure strictement les feux.

«Il ne devrait y avoir aucun sous-entendu, a-t-elle dit. Je vous réitère que ce sont les feux de forêt qui ont causé les perturbations du 3 juillet, tout comme les autres perturbations survenues ­pendant la même période de temps. Ce n’est pas l’activité de maintenance. »

DANS UN RAPPORT D’INCIDENT

Depuis la grande panne du nord-est des États-Unis de 1965, Hydro-Québec et les compagnies des États de la Nouvelle-Angleterre, de New York et de l’Ontario sont regroupées dans un organisme de coordination appelé la North American Electric Reliability Corporation.

C’est dans son rapport d’incident à cet organisme qu’Hydro-Québec explique qu’elle faisait de la maintenance sur son réseau à un fort mauvais moment.

«Nous sommes passés à un cheveu d’assister à un blackout sur l’ensemble du réseau. Les dirigeants d’Hydro-Québec ont mis en péril toute l’alimentation électrique de la province. Il est ­inimaginable que le système de relève ait été débranché en pleine période de feux de forêt», affirme un ingénieur ­spécialisé sous le couvert de l’anonymat.

On se souviendra que:

► le métro de Montréal avait cessé de fonctionner;

► les blocs opératoires dans les hôpitaux avaient été forcés de recourir à leurs systèmes d’urgence;

► des industries, dont la raffinerie ­Valero, de Saint-Romuald, avaient dû se débrancher du réseau d’Hydro-Québec afin de protéger leurs équipements, à la suite des fluctuations de fréquences et de voltage sur l’ensemble réseau.

PAS UN MOT LÀ-DESSUS

Dans ce rapport confidentiel, Hydro-Québec évoque que les feux de forêt ont été un élément déclencheur, mais que la panne aurait été instantanément maîtrisée si le disjoncteur défectueux avait fonctionné et si le système de relève avait pu être actionné en une fraction de ­seconde, ce qu’il n’a pu faire parce qu’il avait été débranché du réseau.

Jusqu’ici, le service des communications d’Hydro-Québec et son président ont prétendu sur toutes les tribunes que seuls les feux de forêt avaient constitué l’élément déclencheur de cette panne qui a privé le réseau québécois de 1800 MW pendant plus d’une heure et les marchés d’exportation de 3300MW.

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