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Santé | CHSLD

Une femme de 92 ans se retrouve placée contre sa volonté dans un CHSLD

Un homme se bat en cour pour sortir sa mère de 92 ans d’un CHSLD où le Curateur public l’a mise

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Un homme dont la mère de 92 ans a été placée contre son gré dans un CHSLD par le Curateur public devra aller en cour d’appel pour tenter de la ramener à la maison.

Un homme dont la mère de 92 ans a été placée contre son gré dans un CHSLD par le Curateur public devra aller en cour d’appel pour tenter de la ramener à la maison.

«C’est un film d’horreur, lance Pierre Chénier. C’est inhumain ce qu’ils nous font vivre.»

Voilà plus de deux ans que cet homme se bat pour ramener sa mère de 92 ans (le curateur refuse qu’on la nomme) à la maison familiale de Sorel-Tracy, où ils vivaient ensemble depuis toujours.

Le cauchemar a commencé en février 2011, après qu’un employé du CSSS Pierre-de-Saurel eut fait un rapport indiquant que M. Chénier aurait, entre autres, «serré le poignet» de sa mère et lui aurait lancé une assiette.

À l’époque, les policiers avaient emmené la dame à l’hôpital, où elle a vécu pendant des mois en attendant d’être placée dans un Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

«Les policiers ont débarqué, mais je n’avais rien fait! jure M. Chénier. Je n’ai jamais fait mal à ma mère. À l’hôpital, elle n’était pas bien du tout.»

En juillet 2011, le CSSS a reçu une ordonnance du tribunal pour héberger la dame pour deux ans, «même contre son gré», indique le jugement. Ainsi, elle a été placée au Centre Élisabeth-Lafrance.

Puis, en novembre 2012, le Curateur public a obtenu d’un juge une «curatelle à la personne» de la dame et est devenu responsable de son hébergement.

« DANS UNE PRISON »

Depuis deux ans, M. Chénier a suivi divers cours (premiers soins, aidants naturels, etc.) pour prouver son dévouement envers sa mère. Il a aussi ­dépensé des milliers de dollars pour adapter la maison (rampe d’accès extérieure, salle de bains, climatiseur).

D’ailleurs, M. Chénier se rend auprès de sa mère deux fois par jour pour l’aider à manger. Lorsqu’il n’est pas là, il dit que sa mère l’appelle une vingtaine de fois par jour et veut rentrer à la maison.

Lors du passage du Journal, la dame disait être «dans une prison» et souhaitait quitter la résidence. Le 6 septembre, elle a déménagé au centre d’hébergement de Tracy, un endroit ­inapproprié, selon M. Chénier.

MUR BUREAUCRATIQUE

Grâce à ses démarches, l’homme avait bon ­espoir de ramener sa mère à la maison. Or, il dit se buter à un mur bureaucratique auprès du ­Curateur public.

«Ils se renvoient la balle en attendant des rapports, déplore-t-il. Mais ils n’ont aucune raison de refuser à ma mère de revenir à la maison.»

De son côté, le Curateur public dit prendre les décisions dans l’intérêt de la personne.

«On doit s’assurer que la personne vit dans un habitat qui correspond à son état de santé et faire les bons choix pour elle», indique François ­Loiselle, directeur des communications.

«On cherche toujours à travailler de concert avec la famille», ajoute-t-il.

Ainsi, M. Chénier ira en cour d’appel le 22 octobre pour ravoir la curatelle de sa mère et la ramener à la maison.

«Je fais tout pour ma mère, je ne peux pas croire ce qui m’arrive. C’est épouvantable.»

Extraits d’une lettre du Curateur public datant du 15 août 2013
«
L’humeur de madame [...] durant la semaine où la visite a eu lieu était très bonne.»
«
La dermatite eczémateuse dont elle est atteinte ne serait pas douloureuse [...] Le personnel du centre  appliquerait une crème sur sa peau, tel que demandé par le médecin  traitant.»
«
[Madame] bénéficie d’un encadrement constant et satisfaisant. Le Centre, en somme, voit adéquatement à la sécurité de [...] et lui prodigue tous les soins requis par son état de santé.»
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