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Enquête | Poissons

Les commerçants veulent changer leurs façons de faire

Les commerçants veulent changer leurs façons de faire
Photo montage ben pelosse Plusieurs fournisseurs et restaurateurs vont dorénavant préciser le type de poisson ­offert sur leur facture ou leur menu afin de clarifier la situation actuelle, pour le moins confuse.

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L’enquête menée par le Journal sur la mauvaise identification des poissons a réveillé plusieurs restaurateurs, qui ont porté plainte au MAPAQ. Et le plus important distributeur de poissons de l’Est du Québec compte revoir ses façons de faire.

L'enquête menée par le Journal sur la mauvaise identification des poissons a réveillé plusieurs acteurs de l'industrie. Un a porté plainte au MAPAQ, et le plus important distributeur de poissons de l’Est du Québec compte revoir ses façons de faire.

Le proprio du distributeur Viandex a reçu ces derniers jours plusieurs appels téléphoniques de ses clients à qui le Journal avait appris que le poisson vendu n’était pas le bon.

Après avoir mis en doute la méthodologie de l’enquête – le proprio Pierre Gagné disait préférer qu’une organisation indépendante se charge d’effectuer les prélèvements plutôt que des journalistes –, il a concédé que des vérifications plus serrées devaient être effectuées auprès des fournisseurs et que la facturation devait être modifiée.

«C’est vrai qu’on ne précise pas, par exemple, l’espèce du thon sur nos factures. Mais c’est une situation qui changera dès les prochains jours. On n’a aucun intérêt à prétendre de vendre du thon rouge quand ça n’en est pas», dit-il.

Propriétaire du Café Sirocco à Québec, Ianny Xenopoulos, qui a constaté que son fournisseur lui aurait refilé du physis blanc plutôt que de la morue, n’a pas tardé à agir.

«J’ai porté plainte au MAPAQ. Comme on n’est pas en tort, le Ministère va aller voir mon fournisseur. Ça me rassure», a dit le restaurateur, qui croit qu’il s’agit là d’une erreur de son fournisseur et non d’une fraude.

À l’Association des restaurateurs QSP, les 65 restaurants membres comptent se réunir afin de déterminer comment resserrer l’identification des produits.

«On va voir ce que nous pouvons faire auprès de nos distributeurs pour avoir un meilleur contrôle», a commenté la directrice, Francine Brousseau, qui est «tombée de sa chaise» à la lecture du reportage du Journal.

Précision

Tous s’entendent pour que le MAPAQ et l’ACIA précisent rapidement les détails de la nomenclature des poissons. Le cas de la plie, qui s’est souvent fait passer pour de la sole lors de notre enquête, est au cœur du débat. «L’ACIA accepte les deux. Ça fait 70 ans, au Québec, que l’on appelle ça de la sole. Si on marque “filet de plie canadienne”, les gens ne reconnaîtront pas ça, avance M. Gagné. Mais pour montrer patte blanche et pour bien informer nos clients, on inscrira les deux appellations.»

«Mais, quand on vend du tilapia pour du vivaneau, ça me dérange plus. Là, il y a une vraie intention de tromper», dit François Meunier, de l’Association des restaurateurs du Québec

notre enquête


Nous avons rassemblé 167 échantillons d’une vingtaine de variétés de poissons provenant de 111 restaurants et poissonneries au Québec.
Nous avons ­ensuite fait analyser leur ADN.
Résultat : 47 % des poissons vendus n’étaient pas ceux que le client avait achetés.
Un seul des 41 échantillons de thon rouge en était vraiment.
Pas moins de 12 des 15 filets de sole commandés se sont avérés être de la plie.
Dans la région montréalaise, 33 des 50 échantillons se sont avérés fautifs, soit un mauvais étiquetage dans deux cas sur trois.
Les commerces de la région de Québec ont mieux fait. Dix-huit des 45 échantillons prélevés à Québec et à Lévis étaient faux, soit 40 % d’erreurs.

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