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Projet SAGIR

Ça va nous coûter une fortune

Surnommé « ça chire », le projet SAGIR se dirige vers le milliard de dollars

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Le projet d’informatisation des vieux systèmes de gestion du gouvernement provincial pourrait coûter près d’un milliard de dollars aux contribuables québécois, a appris notre Bureau d’enquête.

Le projet d’informatisation des vieux systèmes de gestion du gouvernement provincial pourrait coûter près d’un milliard de dollars aux contribuables québécois, a appris notre Bureau d’enquête.

La facture est déjà neuf fois plus salée que ce qui avait été prévu par le gouvernement au lancement du projet d’origine, en 1998.

Des sources crédibles et proches du dossier estiment maintenant que le projet atteindra même la barre du milliard de dollars.

À l’origine, le projet était baptisé GIRES. Il n’a jamais été achevé. Il a été relancé différemment sous le nom de SAGIR, en visant les mêmes besoins de gestion.

SAGIR vise l’informatisation et le remplacement des systèmes de gestion (paie, achat, ressources humaines, facture) pour plus de 100 ministères et organismes du gouvernement québécois.

De 83 à 709 M$

Le projet initial GIRES devait finir en 2007 et coûter 83 M$. Il a été abandonné et s’est soldé par un échec retentissant en 2003. Les coûts estimés avaient quadruplé et le projet était loin d’être terminé. 

C’est en 2005 que SAGIR a été lancé pour remédier au fiasco GIRES. Aujourd’hui, il est impossible de savoir quand le projet sera terminé et la facture est estimée à au moins 709 M$ en incluant les montants dilapidés dans GIRES, a-t-on découvert.

Le cap du milliard devient inévitable, selon nos sources.

«La facture va grimper jusque-là, c’est sûr (...), soutient l’une d’elles. Il y a trop de retards. Tout est trop long et il faut payer pour ça.»

Pire encore, nos sources estiment que certaines parties du projet seront pratiquement désuètes lorsqu’elles verront le jour.

D’ailleurs, plusieurs fonctionnaires ont baptisé le projet par un jeu de mots révélateur: «ça chire» au lieu de SAGIR.

Fin inconnue

SAGIR a été divisé en sept phases. La première a été livrée dans les temps à un coût légèrement inférieur que celui qui était prévu.

Les ratés sont toutefois apparus dès la réalisation la phase 2. Prévue pour 2010 au coût de 112 M$, cette partie ne se terminera pas avant août 2014 en raison d’une «mise à jour des besoins», selon Alexandra Reny, porte-parole au Centre de services partagés du Québec (CSPQ), l’organisme relevant du Conseil du Trésor qui est responsable du projet.

Les budgets pour les dernières phases de SAGIR (4 à 7) ne sont même pas encore autorisés et le projet n’a donc pas d’échéancier fixé.

Rappelant qu’il s’agit d’un projet «d’envergure», la porte-parole n’est pas d’accord avec notre calcul pour démontrer que la facture sera neuf fois plus élevée que prévu. Le calcul ne peut se faire ainsi, selon elle, étant donné que SAGIR et GIRES sont deux projets distincts, même si l’un a remplacé l’autre.

En même temps, Mme Reny admet toutefois que les deux projets visaient à répondre aux mêmes besoins. Sans dire si le gouvernement a constaté des déboires dans le projet, Mme Reny ajoute que le CSPQ est «toujours en mode amélioration constante». Par rapport aux possibles dépassements de coûts, le CSPQ martèle qu’un «suivi serré est effectué» pour respecter les budgets.

 

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