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Police | Affaire Benoît Roberge

La police a entrepris des tests de détecteur de mensonges en série auprès de plusieurs ­policiers

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Souhaitant éviter de se retrouver avec une nouvelle taupe dans ses rangs ou simplement dissiper des doutes, la police a entrepris des tests de détecteur de mensonges en série auprès de plusieurs ­policiers, ces derniers jours.

L’opération hors du commun fait suite à l’arrestation du policier spécialisé dans la lutte anti-motards Benoit Roberge, le week-end dernier. Ce dernier a été accusé de gangstérisme, après avoir présumément vendu des informations cruciales au crime ­organisé.

L’onde de choc a été très forte dans les milieux policiers. L’information selon laquelle d’autres policiers seraient dans l’œil des enquêteurs et pourraient être arrêtés laisse place à la spéculation.

Ainsi, plusieurs policiers ont pris place sur la chaise d’un polygraphiste pour subir le détecteur de mensonges, depuis lundi.

Particulièrement des gens de la garde rapprochée de Roberge, des collègues ou ex-collègues de travail et des amis ont subi le test.

Certains d’entre eux auraient offert de leur propre chef de se prêter au polygraphe pour dissiper tout éventuel doute à leur sujet.

AFFAIRE DÉLICATE

À la Sûreté du Québec, on a aussi demandé à des gradés qui ont un jour travaillé aux côtés ou dirigé Benoit Roberge de subir le polygraphe, selon nos ­informations.

La plupart auraient accepté. D’autres seraient «en réflexion».

Ce sont des cadres à qui on aurait d’abord fait la demande, puisqu’il est plus complexe de faire subir un tel test à un policier syndiqué.

L’affaire est si délicate qu’on aurait confié cette tâche aux polygraphistes les plus expérimentés, dit-on, qu’on a ­affecté à cette mission particulière.

À GRANDE ÉCHELLE

L’idée d’utiliser la polygraphie est d’ailleurs en ligne avec les visées du chef de police de Montréal, Marc Parent, qui souhaitait que la polygraphie soit ­davantage utilisée.

«Les tests de polygraphie, on les utilise déjà dans certaines de nos escouades [...], a dit M. Parent mercredi. Maintenant, il faut voir comment on peut les étendre à plus grande échelle.»

VÉRIFICATIONS INTERNES

Par ailleurs, la découverte d’une taupe de ce niveau a engendré de nombreuses vérifications à l’interne.

Selon nos informations, plusieurs paiements effectués par Benoit Roberge à des sources policières sont actuellement examinés, afin de vérifier que les sommes inscrites dans les registres de la police concordent avec les sommes ­réellement payées.

Aussi, on est à réévaluer la sécurité autour de l’identité des sources pour savoir si certaines auraient pu être révélées, mettant ainsi en danger leur sécurité. Des mesures de protection pourraient ainsi être mises de l’avant pour certaines d’entre elles.

– Avec la collaboration d’Éric Thibault.


Les résultats d’un test polygraphique ne sont pas admissibles en cour, mais les déclarations faites au cours de cet ­exercice peuvent l’être. Le détecteur de ­mensonges est un outil utilisé par les ­policiers pour orienter une enquête ou éliminer des suspects potentiels.

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