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Le bordel informatique

SAGIR est devenu « trop compliqué »

Le ministre Stéphane Bédard se désole de l’incurie du pouvoir politique au fil des années

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Le pouvoir politique s’est défilé du projet informatique SAGIR au cours des dernières années parce qu’il est devenu «trop compliqué», dénonce le ministre et président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

Le pouvoir politique s’est défilé du projet informatique SAGIR au cours des dernières années parce qu’il est devenu «trop compliqué», dénonce le ministre et président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard.

Le ministre péquiste a réagi à notre reportage d’hier matin sur la déroute de ce projet informatique lancé il y a 15 ans et qui coûtera au moins neuf fois plus cher que prévu.

Les coûts sont passés de 83 millions $ à 1 milliard $, selon nos sources.

«Le choix en informatique dans les dernières années, ç’a été souvent de reporter à plus tard. C’est ce qui a causé la dérive, les pertes de ressource interne et une dépendance plus grande dans des postes stratégiques à des consultants externes», a pesté M. Bédard, ciblant la mauvaise définition des besoins comme principale défaillance dans le projet.

«Quand je fais mon marché, si je ne sais pas ce que je veux acheter, mon panier sera plein en sortant. Ç’a été surtout ça le problème (...) Maintenant, le projet est bien contrôlé car on essaie de ne pas faire les erreurs du passé.»

Payer plus pour en finir

Le ministre admet que certains coûts importants sont encore à prévoir pour la suite de SAGIR.

«Si on peut améliorer les choses, il ne faut pas se gêner pour le faire, même si les coûts sont plus grands.

«Les dérapages du passé ont fait en sorte que la capacité d’adaptation au projet était très diminuée. Les politiciens ne voulaient plus entendre que ça allait coûter plus cher pour que ce soit meilleur.»

M. Bédard croit que la fonction publique s’est placée pour devenir «complètement dépendante» des sous-

traitants. «Il n’y a pas d’entreprise qui fait ça. C’est étonnant que la fonction publique en soit rendue là», commente-t-il.

« Buffet » aux consultants

Soutenant que les libéraux ont dressé un «buffet» pour les consultants externes, le PQ compte attirer l’expertise dans la fonction publique.

«Quand tu ramènes à l’interne, il y a des mesures d’économie et on est en train de se donner un mécanisme pour les évaluer et pour faire en sorte que l’État québécois soit en mesure de contrôler ses projets informatiques», a lancé M. Bédard.

Un avis que partage en partie ­Christian Dubé, député de la CAQ.

«Il faut avoir le bon gestionnaire de projet, dit-il. Nous n’avons pas assez de gestionnaires expérimentés. On doit aller en chercher et mieux les payer», poursuit-il, jugeant inacceptable que des sous-ministres soient restés en place avec une dérive de l’ampleur de SAGIR. «Des gens doivent être imputables.»

– Avec la collaboration de Régys ­Caron, du Bureau parlementaire

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