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Santé

Riche et en santé ou pauvre et malade...

Riche et en santé ou pauvre et malade...
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Avez-vous déjà remarqué que la santé de tout le monde est considérée comme une affaire publique ? Que n’importe qui peut avoir une opinion sur la santé de son voisin?

Avez-vous déjà remarqué que la santé de tout le monde est considérée comme une affaire publique ? Que n’importe qui peut avoir une opinion sur la santé de son voisin?

«Elle ne devrait pas fumer, c’est mauvais pour ses enfants». Ou encore «Il est gros parce qu’il boit trop de soda».

Tout le monde a son opinion car la santé coûte cher. Nous sommes arrivés au point où on refuse d’opérer des fumeurs d’un cancer du poumon.

L’universalité des soins a atteint sa limite.

Modes de vie

Dans cette logique, on a tendance à associer les personnes en mauvaise santé à des pratiques liées à leurs modes de vie que l’on juge.

On ne cherche pas à comprendre pourquoi ces modes de vie affectent davantage les personnes vulnérables. Or, la santé est aussi liée à l’environnement social. Cela fait bientôt cinquante ans que bien des études prouvent les liens entre la santé et les déterminants sociaux.

À Montréal, l’espérance de vie montre toujours un écart de dix ans entre des personnes qui vivent dans un quartier défavorisé et celles qui habitent en milieu favorisé.

Il existe deux types de déterminants sociaux.

Premièrement, certains groupes sociaux placent les personnes qui en font partie dans une situation de plus grande vulnérabilité par rapport à des problèmes de santé.

Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les utilisateurs de drogue par injection, les jeunes de la rue sont plus à risque face au VIH et aux infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS).

Deuxièmement, des facteurs sociaux et économiques influencent l’état de santé. Un niveau d’éducation et de revenus faibles, un statut social instable, la violence conjugale et l’isolement affectent la qualité de vie des personnes concernées.

Ces deux types de déterminants se cumulent et rendent les personnes d’autant plus vulnérables.

Par exemple, un homme gay ayant un niveau d’éducation peu élevé et de faibles revenus est beaucoup plus vulnérable qu’un homme gay professionnel ayant une position sociale importante. La santé du premier peut être beaucoup plus fragile et il risque davantage d’être marginalisé et confronté à des actes de discrimination.

Cercle vicieux

Non seulement la santé des personnes défavorisées est plus fragile (par exemple l’obésité, le tabagisme, la détresse psychologique) mais il est aussi plus difficile d’améliorer leurs conditions de vie et leur bien-être.

C’est un cercle vicieux car les personnes vulnérables ont peu accès aux moyens de prévention. Ce n’est pas une priorité quand le loyer représente un tiers d’un revenu faible. Elles utiliseront les services de santé lorsqu’elles n’ont plus le choix et, souvent, à l’hôpital.

Il existe plusieurs mécanismes pour réduire ces écarts.

La lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité en matière de santé n’est pas uniquement une question économique.

Valoriser l’éducation dans tous les milieux permet de réduire le décrochage scolaire et le nombre de jeunes qui deviennent vulnérables.

Développer des moyens de prévention simples et accessibles conduit les personnes vulnérables à prendre progressivement en charge leur santé. Il est essentiel que l’État renforce ses investissements dans ces deux mesures.

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