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Moi, fière anguille

Bloc Maltais

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Mon retour d’un camp d’entraînement en Argentine coïncidait avec le 40e Festival de l’anguille, chez moi. C’est l’un des plus vieux festivals dans Charlevoix et je suis contente d’en avoir profité.

Mon retour d’un camp d’entraînement en Argentine coïncidait avec le 40e Festival de l’anguille, chez moi. C’est l’un des plus vieux festivals dans Charlevoix et je suis contente d’en avoir profité.

Il y a des traditions qui se perdent, comme celle de la pêche à l’anguille, qui a longtemps marqué l’activité économique de Petite-Rivière-Saint-François. L’époque de pêcher l’anguille est aujourd’hui révolue, mais cette industrie fait partie de notre histoire.

J’en ai peu de souvenirs parce que ma famille ne se prêtait pas à ce type de pêche, sauf que je sais qu’il fut une époque où, toutes les quatre ou cinq maisons, on pêchait l’anguille. Le droit de pêche se transmettait de génération en génération jusqu’à ce que les dernières familles cessent de perpétuer la tradition.

Chaque fois, c’est impressionnant d’écouter les histoires qui nous sont racontées. C’est même émouvant d’entendre les hommages rendus à nos ancêtres du village.

L’anguille est tellement associée à Petite-Rivière que c’est le nom qui, avec le temps, a été donné aux résidents. Si Baie-Saint-Paul a ses loups et L’Isle-aux-Coudres ses marsouins, je peux fièrement me proclamer l’anguille de Petite-Rivière.

Non merci

Je dois avouer, par contre, que je ne suis pas friande pour la déguster. Chaque fois, je me dis que, comme pour les sushis, je devrais m’habituer à en manger. Encore cette année, j’ai essayé, mais disons que ça n’a pas trop fonctionné. Je ne sais pas, on dirait que j’ai seulement son image en tête. En partant, l’anguille a deux prises contre elle.

Ma grand-mère en cuisinait et, toute jeune, on avait du plaisir à les mettre dans le gros sel pour les faire mourir avant la cuisson. Ça gigotait là-dedans! Pour vérifier si le gros sel avait fait ses effets, suffisait de donner un coup de pied sur la chaudière en plastique.

Guylaine Tremblay, anguille aussi

Le Festival de l’anguille est organisé avec de petits budgets et il est rassurant de voir que les gens y participent. C’est signe qu’ils accordent de l’importance à nos racines. Juste au spectacle de l’humoriste Philippe Bond du vendredi soir, il y avait plus de 350 personnes, ce qui représente la moitié du village.

J’ai eu la chance de rencontrer la comédienne Guylaine Tremblay, qui agissait comme présidente d’honneur de la soirée de samedi et qui est née à Petite-Rivière-Saint-François. Ses parents y habitent encore, d’ailleurs. La population lui a rendu un bel hommage et elle en était vraiment émue. Les personnages qu’on voit d’elle à la télé correspondent à la réalité. Elle est vraiment une bonne personne, avec une belle personnalité et surtout très généreuse.

Elle avait apporté les Gémeaux, Olivier et autres trophées qu’elle a déjà remportés. «Prenez le temps de les peser pour comprendre pourquoi on capote quand on les gagne», disait-elle.

Fière d’être une anguille, elle aussi.

 

— Propos recueillis par Alain Bergeron

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