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États-Unis

CGI dans la tourmente d'Obamacare

Obama
Photo Archives / AFP Le président des États-unis, Barack Obama.

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WASHINGTON – Les coûts du site healthcare.gov, mis sur pied par le Groupe CGI, ont explosé cette année et l'administration Obama le contourne en pleine tourmente pour offrir l'assurance maladie à davantage d'Américains.

Selon des informations publiées par l'agence Reuters, la valeur du contrat a gonflé en avril, passant de 93,7 millions $ à près de 292 millions $ US.

L'entente raflée en décembre 2011 porte sur la mise en place de «Federal Exchange». Elle fait partie d'une réforme de la santé qui doit permettre à 48 millions de personnes de bénéficier d'une couverture dès l'an prochain.

Si près d'un demi-million de personnes ont réussi l'inscription sur healthcare.gov, le site web a reçu 19 millions de visites et beaucoup n'ont pas pu remplir leur formulaire.

Washington a admis être aux prises avec des problèmes de logiciels et avec des éléments dans la conception du système. Au moment de publier ces lignes, le Groupe CGI n'a pas encore répondu à nos questions.

«Personne n'est aussi fâché que moi de voir que ça ne fonctionne pas, a assuré Barack Obama lors d'un point de presse lundi. Ça veut dire que ce sera réparé.»

Le président suggère pour l'instant de contourner le site grâce à une ligne téléphonique et à une procédure en personne.

Une tâche complexe

La situation est embarrassante, mais desservir chacun des États américains avec un site web à gros volume est une tâche complexe, a indiqué Philippe Bertrand, vice-président à l'agence média Équation humaine. Livrer la marchandise nécessite l'embauche de multiples sous-traitants, comme lors de la construction d'une maison.

«C'est une chaîne, a-t-il expliqué. Si le plombier ne vient pas le lundi, on ne peut pas brancher l'eau le mardi matin. Le problème avec les gros contrats, c'est que la chaîne n'est pas toujours respectée. Une erreur a un effet domino.»

Un site web robuste ne plante pas pour rien, a ajouté M. Bertrand. «On s'attendait à avoir sept millions de personnes inscrites en six mois, a-t-il précisé. En trois semaines, il y a eu 14 millions de visites. Il y a peut-être quelqu'un qui a sous-évalué l'engouement pour cette plateforme. Je ne veux surtout pas jouer au gérant d'estrade, mais à quelque part, quelqu'un n'a pas fait son travail d'évaluation.»

Les investisseurs ne semblaient pas paniquer devant les mauvaises nouvelles lundi. L'action de CGI perdait 2,5% à 36,17$ à 14h35. La Caisse de dépôt et placement est actionnaire à hauteur de 25%.

Par contre, croit Philippe Bertrand, le maintien de sa réputation demeure important, car la compagnie est fortement présente dans le secteur de la santé aux États-Unis.

«Quand on a le gouvernement fédéral américain comme client, on peut penser que ça va laisser quelques nuages, a-t-il dit. Mais je crois que l'entreprise a la capacité de corriger le problème.»

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