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Le retrait des poêles à bois à Montréal est excessif, disent des experts

Ce serait la seule ville d’Amérique du Nord à vouloir interdire même les poêles EPA

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Une étude d’un ingénieur de l’École Polytechnique de Montréal vient de démolir le projet de la Ville de retirer tous les poêles au bois d’ici six ans.

Une étude d’un ingénieur de l’École Polytechnique de Montréal vient de démolir le projet de la Ville de retirer tous les poêles au bois d’ici six ans.

«C’est excessif. Aucune ville en Amérique du Nord n’interdit un produit écologique comme le foyer au bois certifié EPA. Le Canada en fait même la promotion!» s’insurge Marc-Antoine Cantin, président de l'Association des professionnels du chauffage.

L’APC a commandité une étude d’un ingénieur de l’École Polytechnique pour vérifier ses prétentions.

«On jette le bébé avec l’eau du bain», vient de conclure son auteur, l’ingénieur en chimie Jamal Chaouki.

Selon lui, la Ville démonise la combustion du bois de chauffage. Le professeur trouve «difficilement défendable» la prétention d’Environnement Canada, reprise par Montréal, disant qu’un poêle utilisé pendant 9 heures a le même impact sur l’environnement que rouler 18 000 km en auto.

Sa solution? Retirer uniquement les poêles et foyers non certifiés EPA, véritablement nocifs pour la santé humaine.

« Injuste et excessif »

«Obliger tous les Montréalais à remplacer leur appareil au bois me donnerait beaucoup de travail, mais je suis quand même contre ce projet, qui est injuste et excessif», lance Normand Hamel.

Le propriétaire de Poêles et foyers Rosemont vend surtout des poêles au gaz. Rien de surprenant puisqu’il est interdit depuis 2009 d’installer un appareil au bois à Montréal à part les poêles aux granules. Les seuls modèles qu’il possède en magasin, il les vend à Laval ou à Longueuil.

En août dernier, Montréal en a rajouté une couche en proposant de retirer tous les foyers et les poêles au bois d’ici 2020.

«C’est aux citoyens de Longueuil et de Laval que les Montréalais vont vendre leur poêle en 2020. D’un point de vue environnemental, ça va changer quoi?» demande Normand Hamel.

Peu importe pour Alan DeSousa. Le responsable du développement durable milite contre le bois de chauffage.

«Retirer les foyers EPA est injuste pour les consommateurs, qui ont payé plus cher pour faire leur part pour l’environnement», ajoute M. Hamel.

«Le bois est une matière renouvelable. Le foyer au bois efficace demeure un excellent choix écologique. Mais en milieu urbain, la somme fait quand même beaucoup de particules fines», dit Emmanuel Cosgrove, dirigeant d’Écohabitation.

«Au lieu de tout retirer, pourquoi ne pas simplement interdire l’utilisation des foyers EPA les jours où la qualité de l’air est mauvaise?» demande Marc-Antoine Cantin.

«Ça pourrait être une solution», répond Dominic Perri, conseiller de Saint-Léonard avec l’équipe de Denis Coderre.

Les trois autres principales équipes à la course à la mairie n’ont pas retourné les appels du Journal hier.

50 000
Nombre approximatif d’appareils de chauffage au bois à Montréal
Guerre de chiffres
Pourcentage de particules fines que les poêles et foyers au bois génèrent
62 %
selon Montréal
10 %
selon Environnement Canada
8 %
selon Jamal Chaouki
90 %
Proportion de smog hivernal qui provient des transports. Le reste, soit 10 %, provient du chauffage au bois.
source: Environnement Canada
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