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Contrats sous enquête

Fausse adresse inacceptable

Le CUSM promet de faire le suivi avec l’UPAC au sujet du mystérieux appartement no 8

Fausse adresse inacceptable
Photo d’archives Derrière l’édifice à logements situé au 2150, Saint-Joseph Est se cache un passé méconnu. Le logement nº 8 a servi d’adresse à deux entrepri­ses qui ont fait affaire avec le CUSM, mais dans les faits, l’appartement nº 8 n’a jamais existé, il n’y a qu’une boîte postale à ce numéro.

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Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) juge inacceptable que des fournisseurs aient utilisé une adresse fictive, le fameux apparte­ment no 8. On promet de donner les résultats de l’enquête interne concernant ces contrats à l’UPAC.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) juge inacceptable que des fournisseurs aient utilisé une adresse fictive, le fameux apparte­ment nº 8. On promet de donner les résultats de l’enquête interne concernant ces contrats à l’UPAC.

 

«Un fournisseur ne peut pas être une boîte postale. Ça prend une adresse civique», indique le directeur des affaires publiques et de la planification stratégique, Richard Fahey.

Il réagissait aux révélations de notre Bureau d’enquête au sujet de l’appartement nº 8 situé au 2150, Saint-Joseph Est à Montréal. Si l’immeuble existe vraiment, il n’a que sept logements. L’appartement nº 8 n’a jamais existé, même si cette adresse a été donnée par deux entreprises, Vogue Développement et JS Développement, qui ont eu des dizaines de contrats du CUSM.

Encore plus troublant, les deux copropriétaires de l’immeuble étaient pendant plusieurs années un ancien haut dirigeant du CUSM, Yanai Elbaz, et un fournisseur de l’établissement, Jean-Loup Mouret.

L’hôpital ignorait tout de ces liens étroits entre les entreprises et l’hôpital. Dès hier, ils ont remis une copie du reportage au consultant embauché au printemps dernier pour revoir les contrats octroyés à certaines compagnies qui ont obtenu des dizaines de contrats de construction.

Pas de vérification systématique

Ce consultant devra remettre un rapport à savoir s’il a détecté des irrégularités dans les contrats. Il doit aussi faire des recommandations pour améliorer le processus d’octroi des contrats.

Pour le moment, l’hôpital ne vérifie pas systématiquement qui se cache derrière les adresses données par les fournisseurs. Depuis 2008, on vérifie toutefois s’ils ne sont pas sur la liste du Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics (RENA) publiée par le Conseil du Trésor.

On s’assure aussi qu’ils disposent d’un numéro de TPS/TVQ et qu’ils ne doivent pas de sommes importantes au ministère du Revenu.

Ces vérifications n’ont toutefois pas empêché des entreprises de se glisser parmi les fournisseurs en donnant l’adresse de l’appartement fictif nº 8. Nous tentons depuis plusieurs semaines d’entrer en contact avec Jean-Loup Mouret. L’homme d’affaires a cédé plusieurs de ses entreprises et propriétés à des proches, mais demeure administrateur dans plusieurs compagnies à numéro.

Associés introuvables

Notre bureau d’enquête a tenté de parler à un de ses associés, Steve Gagné, qui a vidé sa maison de Beaconsfield au cours des dernières semaines.

Nous avons également tenté de nous entretenir avec Roger Lavallée, un autre partenaire d’affaires de Mouret, en nous rendant à sa maison de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Une dame nous a demandé de laisser notre carte de visite sur le seuil de la porte sans jamais redonner de nouvelles.

Yanai Elbaz, lui, doit demeurer dans sa luxueuse résidence de Saint-Laurent et ne pas quitter le pays depuis son arrestation par l’UPAC en février. Il est soupçonné, avec l’ancien directeur général du CUSM, Arthur Porter, d’avoir touché des commissions secrètes dans l’octroi du contrat de construction du nouvel hôpital à SNC-Lavalin.

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