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Alexandre Poulin

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L’inspiration arrive souvent sans crier gare. N’importe où. N’importe quand. Pour Alexandre Poulin, elle peut surgir au septième palier d’un immeuble comportant un foyer pour personnes âgées.

L’inspiration arrive souvent sans crier gare. N’importe où. N’importe quand. Pour Alexandre Poulin, elle peut surgir au septième palier d’un immeuble comportant un foyer pour personnes âgées.

«J’allais voir mon acupunctrice, mais l’ascenseur s’est arrêté au mauvais étage, raconte le chanteur. Un vieux monsieur était assis devant moi. Il regardait la porte de l’ascenseur comme on regarde la télé­vision. C’était d’une tristesse à mourir. En me voyant, il m’a dit: “Demain matin, quand tu vas te réveiller, tu vas avoir mon âge.” Pour une raison ou pour une autre, cette phrase-là est restée avec moi...»

Au cours des jours suivants, Alexandre Poulin a réalisé que son interlocuteur impromptu avait raison: le temps passe vite. Trop même. «J’espère qu’à 80 ans, je ne vais pas me dire: “Je donnerais tout pour avoir 30 ans.” J’aimerais mieux partir à rire en pensant à tout ce que j’ai fait dans ma jeunesse. La pire des erreurs, c’est de penser qu’il est trop tard. Il n’est jamais trop tard. Vas-y! Lâche ta job, pis pars en voyage! Quitte ta femme et demande à ta voisine de t’épouser! Ce qui te fait sentir vivant, t’as pas le droit de mettre ça de côté.»

Cette réflexion a donné naissance à Souffler sur les braises, une des 12 nouvelles chansons du Mouvement des marées, son troisième album. L’opus de style folk aérien marque les débuts d’Alexan­dre Poulin comme réalisateur. «J’arrive toujours avec un paquet d’idées, mais cette fois-ci, j’avais confiance en mes moyens.»

Poulin a néanmoins retenu les services de Ghyslain Luc Lavigne et Mathieu Perreault, qui l’ont épaulé durant toute l’aventure. «Je voulais pouvoir confronter mes idées avec les leurs.»

L’enregistrement du disque s’est étiré sur trois mois dans différents studios de Montréal. Les nombreux spectacles qu’Alexandre Poulin a donnés en Europe depuis la sortie d’Une lumière allumée en 2010 ont teinté quelques chansons du disque, dont Diamant noir, inspirée d’une conversation avec Raoul, un voisin congolais à Paris. «Un après-midi, il m’a raconté tout ce qu’il avait vécu dans son pays d’origine. Son histoire m’a bouleversé. J’ai pleuré devant lui. C’était trop.»

EXOTISME QUÉBÉCOIS

Alexandre Poulin a donné une soixantaine de spectacles en Europe depuis l’automne 2012. Au moment de notre entrevue, le chanteur à textes revenait d’une nouvelle série de concerts outre-Atlantique. «J’aime monter sur une scène dans une ville inconnue et entendre les gens chanter des tounes que j’ai peaufinées et sablées chez moi, en pleine nuit. C’est infiniment touchant.»

«Pour les Français, le Québec, ça reste exotique. L’accent, les grands espaces, la chemise carreautée... On est encore dans les clichés, mais ils trouvent ça tripant.»

Les textes d’Alexandre Poulin font aussi du chemin au Québec. En 2013, plusieurs artistes ont réclamé sa plume, comme Hugo Lapointe et France D’Amour. «Avant, je faisais mes petites affaires dans mon coin. Mais le téléphone s’est mis à sonner. Écrire des chansons que d’autres artistes sont prêts à défendre, c’est un privilège, mais c’est aussi un défi de tous les instants.»


Le mouvement des marées sera en maga­sin mardi.

Découvrez, dès le 29 octobre, «Le mouvement des marées», le nouvel album d’Alexandre Poulin
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