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Intimidé à l’école

Un jeune gai veut redonner espoir

Un jeune gai veut redonner espoir
Photo Agence QMI, Anne-Sophie Bois Brayan Houle-Guertin a mis dix ans pour reprendre sa vie en main.

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Brayan Houle-Guertin sait ce que c’est que d’être intimidé. En raison de son homo­sexualité, il a vécu l’enfer toute sa jeunesse parce qu’on se moquait de ses «petites manières».

Brayan Houle-Guertin sait ce que c’est que d’être intimidé. En raison de son homo­sexualité, il a vécu l’enfer toute sa jeunesse parce qu’on se moquait de ses «petites manières».

À 19 ans, le Drummondvillois recommence à peine à mener une «vie normale».

Il veut lancer un message d’espoir aux victimes d’intimidation. Selon lui, si son calvaire a pris fin, c’est la preuve que «tout peut cesser un jour».

«Je veux partager mon histoire, car quand on parle d’intimidation, c’est souvent parce qu’il y a eu un suicide, affirme-t-il. Oui, l’intimidation peut aller jusqu’à la tentative de suicide, au désir de mourir, au manque d’estime de soi, à la mutilation, à la dépression, mais on peut aussi s’en sortir.»

MOQUERIES ET MENACES DE MORT 

Il souhaite sensibiliser les intimidateurs et les jeunes qui subissent le même sort que lui.

«Les victimes ne doivent pas hésiter à demander de l’aide. Il ne faut pas avoir peur d’aller en chercher pour se libérer», con­seille-t-il.

Brayan Houle-Guertin a été la risée de son école durant toute son enfance et son adolescence. Presque tous les jours, il était la cible d’attaques.

Le cauchemar a commencé en troisième année, alors qu’il avait 10 ans, et s’est poursuivi jusqu’en secondaire 3.

«Je me faisais traiter d’ostie de fif, de criss de pédé», se souvient celui qui assume désormais pleinement son homosexualité.

Au secondaire, il tournait le coin des corridors et se faisait tabasser par d’autres garçons.

Il se rappelle avoir reçu un coup de planche à roulettes dans les testicules, avant que tout le monde se mette à rire.

Une fausse rumeur circulait aussi dans l’école voulant que «je fasse des pipes à 5 $», explique-t-il.

Persécuté dans les classes, à la cafétéria et à la bibliothèque, il avoue avoir reçu plusieurs menaces de mort.

«Une fois, dans le bus, deux gars sont descendus à un arrêt en me disant qu’ils allaient me retrouver un jour et me tuer.»

«Pendant ce temps, tout le monde faisait semblant de ne rien voir», poursuit-il.

Brayan Houle-Guertin a souffert d’une sévère dépression dès l’âge de 12 ans, et ce, durant six ans. Il n’arrivait plus à dormir ni à manger.

«J’étais tellement fatigué que je manquais souvent l’école», avoue celui qui n’a pas encore terminé ses études secondaires, même après avoir changé d’école à deux reprises.

Démoli psychologiquement, il a tenté de se suicider il y a deux ans en ingérant une centaine de comprimés.

«Dans ma tête, c’était fini. Mais j’ai eu droit à une deuxième chance», laisse-t-il tomber avec émotion.

Selon les médecins, il avait 5 % de chances de s’en sortir sans séquelles.

«Les conseils que je donnerais aux personnes qui vivent de l’intimidation, c’est d’en parler. C’est la clé. Avant, j’accumulais et je me disais que je n’avais pas besoin d’aide. Mais quand j’ai décidé d’en demander, ça m’a sauvé la vie», assure-t-il.

Pour faire profiter les autres de son expérience, Brayan Houle-Guertin s’apprête à faire bientôt partie de l’équipe de SOS Suicide.

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