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Nationaliser le mouvement!

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Nous avons quitté Montréal il y a un an, avec nos deux enfants, pour une série de raisons dont la plus importante est le développement particulier de notre petite Alphée. Nous nous sommes momentanément installés dans un village sur les frontières, près d’une école primaire réputée et lumineuse.

Nous avons quitté Montréal il y a un an, avec nos deux enfants, pour une série de raisons dont la plus importante est le développement particulier de notre petite Alphée. Nous nous sommes momentanément installés dans un village sur les frontières, près d’une école primaire réputée et lumineuse. Pour le moment, notre pari fonctionne.

Nous avons bien choisi; le coin est à peu près desservi (sic!) par une sorte d’autobus (re-sic!) qui mène à Bonaventure-la-gare. Je vais en ville deux jours par semaine. La compagnie de film que je dirige y a son QG.

Ça s’est fait rapidement. Ce n’était pas prévu. Peut-être que c’est temporaire. On ne dramatise pas trop. Mais une chose jouera très fort dans la balance si un jour on pense à rentrer en ville: les chars! Il y a désormais beaucoup trop d’automobiles dans les quartiers centraux de Montréal. Pour nous, c’est une plaie, une peste. Comme si le 450 n’avait pas de fond... Qu’il n’allait plus jamais cesser de déverser ses millions de moteurs à explosion dans la vie des Montréalais.

CAISSES DE TÔLES

Avec les maires des années 40 qui se succèdent à la barre de Montréal depuis mille ans, il me semble qu’on ne voit pas le bout de cette catastrophe urbanistique et de santé publique que devient Montréal. À quel moment les Montréalais commenceront-ils à parler «d’auto-destruction»?

Je voyage beaucoup. J’ai vu plusieurs grandes villes de 2 et de 3 millions d’habitants desquelles on pourrait s’inspirer. J’en suis certain; l’automobile, sa culture, sa sociologie, son économie, son écologie, détruit les villes et diminue la qualité de vie des humains à court, moyen et long terme. Si on persiste à ne pas basculer notre métropole dans la prochaine époque, l’automobile va tuer Montréal, sa beauté, sa sensualité et son bonheur national brut.

Il faut fermer des dizaines de rues à la circulation dans nos quartiers centraux. Il faut boiser des ruelles. Il faut planifier des parcours piétonniers, des pistes cyclables. Plus! Il faut aussi de nouvelles rames de métro sous nos rues et des voies réservées aux autobus et aux tramways sur nos rues.

Après, il faut de toute urgence commander des trains à Bombardier pour nous emmener à Laval en 10 minutes, à Saint-Bruno en 20 minutes et à Québec en une heure. On le sait (quel paradoxe!) ce fleuron du génie québécois trimballe tous les jours des millions d’Allemands, de Suédois, de Brésiliens, de Suisses, de Français et de Japonais vers le cœur de leurs pieuvres à eux, alors que nous continuons de converger dans nos caisses de tôles, improductifs et inutiles deux heures par jour.

Obstinément seuls.

Comme un phénomène inexplicable.

EMBARRAS DU CHOIX

Il nous faut développer une vision nationale du mouvement dans ce pays. Peut-être faudrait-il nationaliser le déplacement? D’ici 10 ans, en tout cas, Montréal doit être le cœur de la pieuvre de transport public à déployer sur le territoire du Québec.

Mélanie Joly? Richard Bergeron? On a l’embarras du choix à la mairie, mais Projet Montréal est à mon avis le seul parti qui puisse faire de Montréal la grande ville moderne qu’on se souhaite.

La Portland du Canada.

La Stockholm de l’Amérique.

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