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Catastrophe appréhendée

Bloc Hebert

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Espérons qu’Alcoa ne passera pas aux actes. Espérons qu’il ne s’agisse que d’un bluff de la multinationale américaine. ­Fermer trois alumineries au Québec, ce ­serait littéralement catastrophique.

Espérons qu’Alcoa ne passera pas aux actes. Espérons qu’il ne s’agisse que d’un bluff de la multinationale américaine. ­Fermer trois alumineries au Québec, ce ­serait littéralement catastrophique.

Pour les milliers de travailleurs concernés évidemment. Ceux de Béancour, de Deschambault et de Baie-Comeau. Et pour les milliers de sous-traitants qui ne pourraient éviter de faire des mises à pied.

Ce serait aussi catastrophique pour le gouvernement qui, en déficit chronique ­depuis des années, perdrait de précieux ­revenus de taxation. La situation est d’ailleurs déjà si difficile que le ministère des Finances ne veut pas que le Vérificateur général jette un coup d’œil sur les finances publiques; c'est tout dire de l'état des lieux.

Alcoa, Aluminium Company of America, est une entreprise de taille mondiale, une caractéristique qui lui permet de repérer les meilleures conditions d’affaires n’importe où sur la planète.

Pas une aubaine

On croit que le Québec est le plus généreux au monde en regard des tarifs industriels d’électricité, en particulier ceux payés par les alumineries. Ce n’est pas le cas. Le fameux tarif L n’est plus une ­aubaine. Juste à côté, chez nos voisins américains, c’est déjà moins cher que ça. Ailleurs dans le monde, ça l’est encore moins. Mais le gouvernement Marois prévoit une augmentation du tarif L, ce qui déclassera le Québec sur le marché mondial.

Les relations entre le gouvernement ­Marois et les alumineries n’étaient pas des meilleures et se dégraderont inexorablement. Les entreprises avaient prévu une conférence internationale à Montréal cet automne, mais l’événement a été annulé.

Un scénario inquiétant

La première à vouloir passer de la parole aux actes semble être Alcoa. Fermer ses trois alumineries au Québec est un scénario sérieux et ne saurait être envisagé qu'avec un sérieux équivalent. C'est ce qu'il y a de plus inquiétant. Parce que c'est tellement gros, que ça ne peut être que crédible. Les députés péquistes des régions ­visées vont se faire chauffer les oreilles par leurs électeurs. Les salaires payés dans les alumineries sont parmi les plus élevés du secteur industriel. Détruire 3300 emplois ne serait pas sans des conséquences politiques dramatiques pour le PQ.

Est-ce qu’Alcoa bluffe? Peut-être. Mais elle a sans aucun doute la capacité de passer aux actes. La fermeture de ses alumineries n’est prévue que dans un an, cela lui donne le temps de préparer une solution de rechange. Mais peut-on prendre le risque de tester ce bluff? Le gouvernement, déjà aux abois, se retrouve le dos au mur. Traditionnellement incapable de faire le ménage dans ses dépenses, il devra bien trouver un moyen de préserver ses revenus...

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