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Québec n’a pas de marge de manœuvre, selon des économistes

Québec n’a pas de marge de manœuvre, selon des économistes
Photo COURTOISIE PIerre-O. Pineau, Professeur Marché des énergies

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Le gouvernement devrait prendre le préavis d’Alcoa au sérieux, en ces temps difficiles pour le secteur de l’aluminerie, estiment des experts.

Le gouvernement devrait prendre le préavis d’Alcoa au sérieux, en ces temps difficiles pour le secteur de l’aluminerie, estiment des experts.

C’est que les alumineries ont la vie dure en ce moment. Et le prix plutôt élevé de l’électricité au Québec n’est pas un bon incitatif pour les entreprises.

Compétition féroce

«Le prix de l’aluminium est bas, et les alumineries ont peine à rentabiliser leurs exploitations, explique Pierre-Olivier Pineau, professeur aux HEC, spécialisé dans le domaine de l’énergie. De manière générale, on cherche à fermer les installations.»

Et si les installations les plus coûteuses sont au Québec, pas de doute qu’Alcoa envisage sérieusement de fermer boutique dans la province, ajoute Germain Belzile, professeur en économie appliquée aux HEC.

Plusieurs régions du monde – comme l’Arabie saoudite et les États-Unis – où le gaz naturel coûte très peu cher rendent la compétitivité ardue pour le Québec, note M. Pineau.

Résultat: la menace d’Alcoa est très crédible, concluent les deux experts.

«Un préavis, c’est une intention ferme, ce n’est plus seulement une menace. Cela veut dire qu’ils vont tout de suite commencer des démarches pour fermer les usines», croit M. Belzile.

Des surplus à rabais

Évidemment, les 3300 mises à pied auraient des impacts économiques considérables dans les trois régions touchées – Baie-Comeau, Bécancour et Deschambault. Mais que va-t-on faire des surplus impressionnants d’électricité? Il sera très difficile de les vendre à court terme, étant donné la concurrence féroce dans le domaine, s’entendent pour dire les deux experts.

«Paradoxalement, dans des cas de surplus d’énergie, la stratégie du gouvernement est de vendre les surplus à rabais à de nouveaux investisseurs, soulève M. Pineau. Alors que si on faisait le rabais avant, on garderait nos investisseurs.»

En ce sens, Alcoa a certainement le gros bout du bâton, estime Germain Belzile.

«Le gouvernement devrait protéger ses acquis, ajoute M. Pineau. Sans faire de cadeaux démesurés, il devrait au moins garantir la compétitivité à court terme.»

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