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1-877-ETHIQUE

Ordre des ingénieurs du Québec : hausse de 25 % des dénonciations

Commission Charbonneau
© Photo Agence QMI «Les révélations de la commission Charbonneau ont fait très mal au public, aux ingénieurs et à la profession», a dit le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Daniel Lebel.

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Les appels à la ligne de dénonciations et de questions sur l’éthique de l’Ordre des ingénieurs du Québec ont augmenté de 25 % au cours des cinq derniers mois.

Pour le président de l’Ordre, Daniel Lebel, cette hausse peut être associée aux révélations faites dans le cadre de la commission Charbonneau qui ont éclaboussé la profession.

«C’est une bonne nouvelle, car ça prouve que c’est un outil adéquat, autant pour le public que pour les ingénieurs. Les gens l’utilisent et c’est ce qu’on veut», soutient M. Lebel.

Il souligne que cette ligne, le 1-877-ETHIQUE, est bien plus qu’une ligne de délation, mais avant tout un outil de prévention.

M. Lebel soutient que dès 2009, l’Ordre des ingénieurs a changé son plan stratégique afin d’y inclure des actions concrètes pour rétablir la confiance des gens envers les ingénieurs.

«Il y avait une augmentation du nombre de demandes d’enquête en matière de collusion et de corruption», a expliqué le président.

Selon les derniers chiffres, en date du 4 septembre, ce sont plus de 577 appels qui ont été effectués, alors que pour l’année 2012 complète, la ligne avait cumulé un peu plus de 800 appels.

Actuellement, 120 ingénieurs membres de l’Ordre font l’objet d’une enquête et 20 plaintes officielles ont été déposées contre cinq membres qui devront s’expliquer devant le conseil de discipline.

À Montréal, plusieurs des universités offrant des programmes en génie obligent désormais les étudiants à suivre un cours d’éthique pour l’obtention du baccalauréat.

À l’École de technologie supérieure (ÉTS), Pierre Rivet, le directeur du service de l’enseignement coopératif, fait savoir que depuis plus d’un an, l’éthique et l’équité ont été ajoutées aux critères d’évaluation sur lesquels sont notés les étudiants lors de leur stage.

«Souvent les étudiants trouvent difficile d’évaluer l’entreprise dans laquelle ils ont fait leur stage selon ces critères. Mais c’est un moyen d’amener une réflexion sur les gestes et décisions que l’on prend», soutient M. Rivet.

Rétablir la confiance

L’Ordre des ingénieurs souhaite plus que jamais mettre en place des outils pour rétablir la confiance du public.

D’abord, l’ordre professionnel souhaite voir adopter le projet de loi 49, qui consiste en une modernisation de la Loi sur les ingénieurs afin de l’adapter aux réalités d’aujourd’hui.

«On est déterminés à aller jusqu’au bout. Les révélations de la commission Charbonneau ont fait très mal au public, aux ingénieurs et à la profession», a dit le président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Daniel Lebel.

Il y a quelques semaines, l’Ordre annonçait avoir établi une entente avec le bureau de normalisation du Québec afin d’établir un programme de certification auquel pourront se soumettre les firmes de génie-conseil pour prouver qu’elles adoptent des pratiques éthiques.

«Au printemps 2014, nous allons dévoiler un cahier des balises qui deviendra une référence pour l’industrie. On aura un comité d’expert qui établira des critères qu’une firme devra respecter pour être certifiée», a indiqué M. Lebel.

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