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Dépression saisonnière

Moins de lumière, gare à la déprime

Avec le changement d’heure, les journées se font plus courtes, ce qui plombe le moral d’un Canadien sur cinq

Moins de lumière, gare à la déprime
Photo courtoisie Michèle Larose souffre d’un trouble affectif saisonnier, une dépression qui frappe en hiver, quand les journées raccourcissent. Elle tente de combattre son mal par le plein air avec sa chienne Caly.

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Chaque année, à l’arrivée de l’hiver, vous avez le moral à plat et l’énergie en berne. Vous êtes irritable. Vous avez des rages de sucre. Comme près d’un Canadien sur cinq, vous souffrez peut-être d’un trouble affectif saisonnier (TAS), ou du «blues de l’hiver».

Chaque année, à l’arrivée de l’hiver, vous avez le moral à plat et l’énergie en berne. Vous êtes irritable. Vous avez des rages de sucre. Comme près d’un Canadien sur cinq, vous souffrez peut-être d’un trouble affectif saisonnier (TAS), ou du «blues de l’hiver».

«C’est vraiment physique. Je deviens une tout autre personne, explique Michèle Larose. Je me sens oppressée. Ma perception de la réalité devient tout embrouillée. Des fois, je me mets à pleurer juste en anticipant la noirceur.»

TRÈS HANDICAPANT

Mme Larose a été diagnostiquée d’un TAS il y a 15 ans, après des années de lutte contre la dépression. «Avec le temps, on s’est rendu compte que c’était cyclique, que c’était toujours à la même période de l’année, surtout en novembre, décembre. L’été, ça va très bien», explique-t-elle.

Son trouble est si grave que cette traductrice de 36 ans a plus d’une fois envisagé l’exil en Australie. Elle a même renoncé à fonder une famille. «Un enfant a besoin d’un environnement stable, pas d’une maman dysfonctionnelle la moitié de l’année», confie-t-elle.

Dans les pires moments, Mme Larose s’isole. «Je deviens extrêmement irritable, je ne supporte rien, confie-t-elle. L’hiver dernier, je rentrais du bureau, je mangeais et j’allais me coucher, c’était l’enfer.»

18 % DE CANADIENS ATTEINTS

Entre 2 % et 3 % des Canadiens seraient atteints d’un trouble affectif saisonnier (TAS) et 15 % éprouvent des symptômes moins sévères, décrits comme les «blues de l’hiver», selon l’Association canadienne pour la santé mentale. Chez les personnes souffrant de dépression majeure, 11 % auraient en fait un TAS.

Pour la Dre Élyse St-André, psychiatre au CHUM, un trouble aussi répandu a inévitablement un coût social. Il est certainement à l’origine d’une baisse de productivité et de conflits interpersonnels.

Les scientifiques sont encore à la recherche de la source exacte du TAS (voir autre texte). Ils savent pour le moment que cette dépression cyclique serait due à une diminution de la durée quotidienne d’ensoleillement qui réduit la production d’un produit chimique dans le cerveau appelé sérotonine.

PAS DE REMÈDE INFAILLIBLE

Pour vaincre son TAS, Mme Larose a tout essayé, avec plus ou moins de succès. En plus des antidépresseurs, elle prend quotidiennement des suppléments de vitamine D et s’est équipée de trois lampes de luminothérapie chez elle et au bureau. Mais ça ne suffit pas.

Chaque année, quand les feuilles rougissent, elle élabore une nouvelle stratégie pour les mois d’hiver. «L’année dernière, on a voyagé, mon mari et moi. On est allé trois fois dans le sud. Mais c’était pire au retour. Alors, on ne le refera pas», souffle-t-elle.

Cette année, elle s’est arrangée avec son employeur pour modifier son horaire en fonction du soleil. Elle prendra une plus longue pause à l’heure du dîner pour aller marcher au grand air avec sa chienne Caly, adoptée au printemps. «Elle m’oblige à prendre l’air, à bouger, à socialiser avec les autres propriétaires de chiens. On va voir si elle me soigne», conclut-elle.


Le retour à l’heure normale aura lieu dans la nuit du 2 au 3 novembre. À 3 h du matin dimanche, il faudra reculer les horloges d’une heure.

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