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Châteauguay | Arrestation

Il piège un fugitif américain accusé du viol d’une enfant

Jim Blevings
Photo Agence QMI, Cynthia Laflame Jim Blevings a aidé les services frontaliers du Canada à capturer un fugitif entré illégalement au Canada aussi accusé du viol d’une fillette de quatre ans.

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Jim Blevings ne s’attendait pas à aider les services frontaliers du Canada à capturer un homme accusé du viol d’une enfant de quatre ans, la semaine dernière, lorsqu’il a abordé un jeune Américain dans un resto-bar de Châteauguay.

Assis au comptoir du resto-bar Amici avec la conjointe de son ami Scott Murray, Carlie, il entend un homme de 28 ans parler de son aventure pour passer les lignes frontalières illégalement. Il raconte qu’il fuit des revendeurs de drogue à qui il doit de l’argent.

Curieux, Jim Blevings s’approche et entame une conversation avec celui qui dit s’appeler Michael. Il vient de Syracuse, dans l’État de New York, et a franchi la frontière en vélo en traversant une forêt.

Quand il lui demande s’il a de la famille, Michael lui dit qu’il n’a que ses parents, ce qui soulève des doutes chez le Châteauguois. Plus tôt, l’Américain avait confié à Carlie avoir une sœur.

M. Blevings lui offre son aide pour se trouver un cellulaire le lendemain, le 23 octobre. Mais, avant d’aider un inconnu, il lui demande à voir une carte d’identité.

«Il a sorti sa carte d’identité, mais il était réticent, raconte M. Blevings. Il faisait noir dans le bar et je demande à Carlie si elle peut voir le nom.» Michael est en réalité le deuxième prénom de l’Américain. Son nom réel est Joseph M. Elioff.

Carlie recherche aussitôt ce nom sur Internet. Quelques instants plus tard, Jim se retourne vers elle et réalise qu’elle est blême.

Elle lui explique plus tard qu’elle a trouvé un document de la Cour suprême de l’État de New York. Avec la description que Jim fera le lendemain à la procureure au dossier, par téléphone, il est clair qu’il s’agit de la même personne. Il est accusé d’avoir violé une fillette de quatre ans.

JOUER LE JEU

Le but de Jim Blevings devient à ce moment de garder Joseph Elioff dans les environs jusqu’au lendemain. «Je lui ai fait savoir qu’on l’aiderait du mieux qu’on peut. Je lui ai dit que j’avais un ami qui pourrait lui offrir un travail au noir.»

Il lui donne rendez-vous le lendemain à midi pour magasiner un téléphone.

M. Blevings lui offre de garder son immense sac à dos, qui pesait environ 60 livres, dans son camion. En échange, il lui prête des vêtements plus chauds.

Le 23 octobre, il contacte la procureure de l’État de New York pour lui raconter ce qui se passe. Elle lui indique qu’il devait être à la Cour deux jours plus tôt, mais qu’il ne s’y était pas présenté. «Elle me demande d’essayer de le garder proche pour qu’il ne se sauve pas.»

ARRESTATION HOLLYWOODIENNE

Le mandat d’arrestation a été lancé aux États-Unis le jeudi 24 octobre. Comme les procédures étaient longues avant qu’un service de police local puisse agir, il a été décidé, avec un détective de Châteauguay, de faire affaire avec Immigration Canada puisqu’il était au pays illégalement.

Plus tard dans la journée, stressé et rendu malade par toute cette histoire, M. Blevings surveille le motel où Elioff loge. En lui promettant un emploi, Jim lui avait dit de prendre une chambre. Ainsi, il avait une adresse à surveiller.

Lorsque le détective le rappelle, l’après-midi du 24 octobre, «il m’explique qu’il y a une voiture fantôme dans le stationnement du motel. Je devais le prendre et l’amener au Tim Hortons.»

Jim Blevings a suivi le plan à la lettre. Son camion a été subitement encerclé par plusieurs voitures de la police de Châteauguay et des services frontaliers.

AU-DELÀ DE SES FORCES

Jim Blevings a réussi à jouer le jeu, promettant à Joseph Elioff de l’aider à trouver un emploi et un logis.

Il a d’ailleurs toutefois craint de le voir s’enfuir à nouveau. Le mercredi soir, il l’attendait au resto-bar et son retard l’avait inquiété. Il voulait absolument qu’il soit renvoyé dans son pays pour faire face à la justice.

Lorsque les policiers ont sorti le suspect de son camion, il a été incapable de regarder celui qui a passé une partie des 48 dernières heures avec lui. «Je sentais que j’allais m’évanouir.»

Il a reçu mercredi un appel de la procureure, qui l’a informé qu’Elioff était détenu. Elle l’a ensuite remercié chaleureusement.

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