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Pas si simple de concevoir des enfants

« L’horloge biologique des femmes n’est pas un concept abstrait et tourne beaucoup plus vite qu’on peut le penser »

Pas si simple de concevoir des enfants
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Se reproduire n’est plus aussi simple qu’on se l’imagine. Au Canada, un couple sur six doit désormais composer avec des problèmes de fertilité.

Se reproduire n’est plus aussi simple qu’on se l’imagine. Au Canada, un couple sur six doit désormais composer avec des problèmes de fertilité.

Faut-il montrer du doigt les comportements individuels ou la détérioration de l’environnement pour expliquer le phénomène? La réponse n’est pas aussi tranchée. Une multitude de facteurs peuvent expliquer cette diminution de la fertilité humaine tant chez l’homme que chez la femme.

Selon Statistiques Canada, le taux d’infertilité des adultes en âge de procréer aurait doublé au cours des 20 dernières années.

Le contact avec de nombreux produits chimiques présents dans l’environnement et dans notre nourriture, nos habitudes de vie et choix personnels y sont tous pour quelque chose, mais en sommes-nous vraiment conscients?

«L’horloge biologique des femmes n’est pas un concept abstrait et tourne beaucoup plus vite qu’on peut le penser», rappellent les docteurs Pierre Miron et Mathieu Provençal dans leur livre, Concevoir, prévenir et traiter l’infertilité, qui vient de paraître aux éditions Trécarré.

Redonner espoir

Fondateur du centre de procréation Fertylis et instigateur de trois programmes de fécondation in vitro au Québec, le Dr Miron a écrit ce livre avec son collègue pour redonner espoir aux couples infertiles, mais aussi pour faire de la prévention et aider les couples à mettre toutes les chances de leur côté lorsqu’ils sont prêts à fonder une famille.

«Beaucoup de femmes de plus de trente ans qui viennent me consulter n’avaient pas vu venir leur problème de fertilité. Elles font le choix de retarder le moment d’avoir des enfants pour toutes sortes de bonnes raisons, mais elles doivent aussi savoir que leur réserve ovarienne diminue avec l’âge.»

Phénomène nouveau, le Dr Miron croise de plus en plus de jeunes hommes aux prises avec une chute importante de spermatozoïdes causée par la consommation de stéroïdes anabolisants, un marché noir qui se développe désormais dans les gyms ordinaires.

«L’image corporelle devient plus importante pour ces hommes. Ils sont prêts à tout pour augmenter leur masse musculaire et s’imaginent à tort que ce n’est pas dangereux pour leur santé», déplore-t-il.

Outre les aspects préventifs, le livre permet aux couples infertiles de se familiariser avec l’ensemble des connaissances et approches médicales désormais disponibles pour les aider à réaliser leur rêve de fonder une famille.

Vaincre les tabous

Les tabous entourant la fécondation in vitro sont tenaces, déplore le Dr Miron. «Les nouvelles technologies permettent des milliers de miracles qui sont souvent occultés par des cas d’exception», se désole-t-il.

Selon lui, contrairement à ce qui a été écrit récemment dans certains grands médias, le programme gouvernemental de fécondation in vitro instauré en 2010, grâce entre autres aux efforts qu’il a déployés pour faire reconnaître l’infertilité comme une maladie, a réellement permis de réduire le nombre de grossesses multiples. «Il faut regarder les données de façon globale», dit-il.

Le programme qui permet aux couples québécois infertiles d’avoir accès gratuitement à des traitements de fécondation in vitro doit à son avis être perçu comme un investissement qui, à long terme, ne peut qu’être bénéfique pour l’ensemble de la société.

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