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Voter ou ne pas voter?

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Voter ou ne pas voter? Vaste question...

Du moins, c’est la question que plusieurs ont soulevée au lendemain de l’élection du 3 novembre à Montréal. À vrai dire, on la soulève à chaque élection, municipale ou provinciale, dès que le taux de participation est décevant. Avec un taux de participation à l’élection montréalaise dépassant à peine les 40% - il était de 39% en 2009 -, d’autres posent une question aux ramifications nettement plus large encore : devrait-on obliger les électeurs à voter comme on le fait, par exemple, en Belgique? Après tout, ne parle-t-on pas du vote comme étant un «devoir» du citoyen?

Or, justement, le vote n’est pas un «devoir». C’est un «droit». Et un «droit», par définition, n'est pas une «obligation». Au Québec et au Canada, plus précisément encore, voter est un droit pour toute personne âgée de 18 ans ou plus et détenant la citoyenneté canadienne.

Faire du vote une «obligation» serait même une erreur. Primo : on ne verrait plus le niveau réel d’intérêt d’un électorat pour une élection donnée, ses enjeux et ses protagonistes. Secundo : ce faisant, on ne s’interrogerait plus sur les causes réelles de ce désengagement. Tertio : en refusant de se questionner, on déresponsabiliserait les politiciens eux-mêmes lorsque les taux de participation chutent. Et lorsqu’ils chutent, c'est aux politiciens qu’il faut demander en tout premier lieu ce qu’ils n’ont pas fait pour mieux inspirer les électeurs et soulever leur intérêt.

Si, de toute manière, les taux de participation aux élections municipales sont habituellement moins élevés qu'aux élections provinciales – comme si on se sentait aussi, à tort, moins «concernés» par la gouvernance municipale -, il reste que lorsque les enjeux et/ou les acteurs politiques sont plus enlevants, les taux grimpent. Du moins, au palier provincial.

On connait les taux de participation particulièrement élevés au référendum de 1980 (85,6%) et à celui de 1995 (93,5%). Autant les enjeux que les leaders politiques étaient incontournables pour la plupart des Québécois. Aux élections, même phénomène. Quelques exemples :

- En 1976, c’est la première victoire électorale du Parti québécois. Taux de participation : 85%.

- En 1994, le PQ remporte l’élection avec la promesse de tenir un référendum rapidement dans son mandat. Taux de participation : 82%.

- En 2008, Jean Charest déclenche une élection dont l’unique motivation était de passer d’un gouvernement minoritaire à majoritaire. Taux de participation : 57% à peine.

 ***

De retour à Montréal, force est de constater que Denis Coderre – le «gagnant» prévu dès avant le début même de la campagne électorale -, n’aura pas réussi à inspirer suffisamment d’électeurs pour dépasser la barre des 50% de taux de participation. Loin s'en faut, même. Idem, par définition, pour ses adversaires.

Avec seulement 32% de suffrages sur les plus de 40% d’électeurs qui ont voté, le nouveau maire n’a vraiment pas de quoi pavoiser. Il est là, le vrai message de cette élection...

***

Cachez cette abstention que je ne saurais voir...

Qui plus est, le taux d’abstention, ça veut dire quelque chose. Au lieu de le dénoncer, il faut réfléchir à ses causes autant profondes que circonstancielles.  Bref, il faut voir pourquoi 40%, 50% ou même parfois 60% des électeurs inscrits refusent de voter.

À cette question, il existe une brochette de motivations allant d’un désintérêt pour la chose politique en soi jusqu’à l'incapacité de s’identifier aux «offres» politiques qu’on leur présente ou encore, aux enjeux ou aux chefs de partis eux-mêmes.

Obliger à voter, c’est se cacher de cette réalité. C’est faire semblant que tout va bien lorsque ce n'est pas le cas. C’est donc refuser d’agir...

À Montréal, par exemple, il s’agirait de savoir si la mer d’allégations de corruption et de collusion qui aura englouti l’administration Tremblay-Zampino-Applebaum avant et pendant la commission Charbonneau, n’aura pas aussi contribué à lever le cœur de nombreux Montréalais. Quand la politique devient scandale, le résultat est souvent d’alimenter la désaffectation des citoyens au lieu de les amener à voter en masse contre les filous. On souhaiterait bien évidemment l’inverse...

Mais les scandales provoquent souvent un profond sentiment de répulsion. Mais parfois, un leader politique, un parti, un programme réussit à incarner le «changement», un vrai. Exemple: en 1960, c'est plus de 80% des électeurs qui se rendent aux urnes pour la première élection post-Duplessis. C'est l'arrivée au pouvoir de Jean Lesage et du Parti libéral. Surtout, c'est le début de la Révolution tranquille...

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Vous avez dit «cynisme»?

Si le sujet vous intéresse, cette étude fouillée réalisée pour le Directeur général des élections sur les motifs de participation électorale et d’abstention à l’élection québécoise de 2008, est un «must».

Parmi les raisons citées par les «non votants» pour ne pas voter, on trouve celles-ci : il y a trop d’élections; trop occupé par son travail; n’aime aucun des partis et des candidats; pense que son vote n’a aucune importance; ne se sent pas concerné par les enjeux de la campagne; pas suffisamment informé sur les programmes, les candidats et les partis; circonstances personnelles; nom n’est pas inscrit sur la liste électorale; météo; ne sait pas où aller voter; etc..

Or, au-delà de toutes ces raisons possibles, les auteurs de l’étude concluent que

« le cynisme est le facteur attitudinal qui joue le plus grand rôle dans le processus décisionnel menant à la participation électorale (...) Parce que l’éducation des électeurs (à travers la scolarisation) façonne leur perception des institutions et des acteurs politiques ainsi que l’intérêt qu’ils portent à la politique, toute mesure devrait être orientée vers le développement de compétences civiques, et ce, à travers des campagne d’information et de sensibilisation. Il semble primordial que les acteurs politiques et les représentants des institutions démocratiques entrent en dialogue avec les citoyens. Enfin, étant donné l’ampleur de l’abstention chez les jeunes électeurs, il est nécessaire que toute mesure cible ce groupe tout particulièrement
Et, surtout, ceci :
«L’analyse (...) a permis de confirmer que l’intérêt augmente la propension des électeurs à voter et que le cynisme la réduit (...) Le cynisme reflète donc l’appréciation qu’ont les électeurs du contexte institutionnel et de ses acteurs.»
En d’autres termes, plus la politique et les politiciens sont intéressants et plus les électeurs s’y intéressent. Et moins ils le sont, moins les électeurs votent.

D'autant que la politique avec un P majuscule, ce n’est pas qu’aux  élections que ça se passe. Entre les élections, aussi... La démocratie ne se vit pas qu'une seule fois à tous les quatre ans.

C’est d’ailleurs ce qu’on a vu au printemps 2012. Tout au long de la grève étudiante, des centaines de milliers de Québécois, toutes générations confondues, se sont intéressés à la politique. Grandement, même. Y compris pour les nombreux citoyens qui, pour la première fois de leur vie, le disaient en manifestant pacifiquement. Or, le gouvernement du jour, il n’a pas aimé cette forme de participation citoyenne tout à fait exceptionnelle. Vraiment pas...

Au point où il s'est doté d'une «loi spéciale» pour tenter de les limiter le plus possible. Ce que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, faisait en même temps en amendant le fameux règlement municipal P-6 qui, comme la «loi spéciale» du gouvernement Charest, visait surtout à limiter, sinon parfois même empêcher, des manifestations pacifiques. Et ce règlement, le gouvernement actuel semble aussi s'en accommoder fort aisément.

***

Vous avez des pistes de réflexion sur la question du taux de participation ou sur l'obligation ou non de voter? N'hésitez pas à les partager ici.

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Vous pouvez aussi lire ici ma chronique de ce lundi sur l’élection de Montréal: «Le fardeau de la preuve».

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15 commentaire(s)

pierre Tremblay dit :
5 novembre 2013 à 8 h 56 min

Nous à St-Charles Borromée, on est différent. On a voté ( pas beaucoup: 39 %) pour l'équipe en place depuis trente ans. Il n'y a jamais eu d'élections en 30 ans pour un maire et seulement 3900 électeurs se sont déplacer pour voter en 2013.

On aura bien beau mettre la faute sur le politicien, il faut parfois regarder du côté de l'électeur. Il faut arrêter de tirer le messager. je vais vous conter 2 anecdotes, si vous le permettez.

1- Je travaillait dans le milieu du transport au niveau gouvernemental, je devais visiter les compagnies. On informait le principal intéressé qu'il recevait un pamphlet aux 4 mois de la SAAQ qui informait les transporteurs des nouvelles lois. C'est alors que le propriétaire nous jurait ne l'avoir jamais reçu. Parfois, on lui montrait sur son propre bureau en dessous d'une pile de papiers. Sa réponse: " je n'ai pas le temps de tout lire". Donc, il n'était jamais coupable

2- Il y a de cela très longtemps, j'ai dû assister à des réunions du curé car on voulait que notre enfant fasse sa première comunion. Cha

pierre Tremblay dit :
5 novembre 2013 à 9 h 04 min

(suite) 2- Il y a de cela très longtemps ( j'ai changé), j’ai dû assister à des réunions du curé car on voulait que notre enfant fasse sa première communion. Chaque lundi soir, on devait se rendre à l'église et là , les enfants dans un groupe et les parents de l'autre pour 7 semaines. Première réunion , plusieurs intervenants ont commencé à chiâler, qu'ils ne devraient ,eux ,pas être obligé de suivre une formation. Le curé lui a alors dit qu'ils n'étaient pas obligé. Si vous auriez entendu les arguments des participants. Je me suis tanné et j'ai dit " Cliss, si vous n'êtes pas content, clissez moi votre camp chez vous". Ils se sont fermez la trappe.

Juste pour vous dire: ils venaient participer à une formation de l'église et pas encore arrivé, ils montraient au curé comment faire.

Désolé Mme Legault, pas toujours la faute du politicien. Le monde aimerait avoir un bureau de vote dans leur domicile et encore, il ne pourrait pas ouvrir l'ordinateur pour deux minutes.

Louis Francoeur dit :
5 novembre 2013 à 9 h 41 min

Le vote est un droit, certes, dans notre pays. Mais la démocratie est un système qui, pour bien fonctionner, exige la participation active des citoyens. Si les citoyens veulent ne pas avoir à "travailler" pour la démocratie, et bien qu'ils essaient la dictature, ils n'auront rien à faire.

Je suis donc beaucoup moins indulgent que vous envers le citoyen montréalais qui n'a pas su s'occuper de ses affaires dans une élection cruciale où des choix de qualité lui étaient proposés. N'allez pas dire que Marcel Côté n'était pas un homme d'envergure, peut-être pas un politicien, mais un homme de qualité. Richard Bergeron est aussi un homme de qualité avec une vision claire, qu'on peut ne pas partager, mais une vision certaine pour sa ville. Bref, après les scandales à Montréal, la moindre des choses auraient été que les Montréalais démontrent qu'ils s'occupaient de leur démocratie.

Les Montréalais méritent la corruption, voilà ce qu'il faut dire, et non pas qu'ils ont des excuses pour ne pas s'occuper de leurs affaires.

Je vous inviterais à suivre la piste de Robert Putnam, professeur de Harvard, sur l'effet de la diversité culturelle et du déclin du vote et de l'engagement envers sa ville. Je pense qu'il y a là une explication certaine entre le taux de 40% à Montréal et celui de 55% à Québec (Québec ne présentait qu'un adversaire peu expérimenté et inspirant à Labeaume et tout le monde savait que ce dernier allait gagner... donc une élection sans grand enjeu).

Nelson dit :
5 novembre 2013 à 10 h 00 min

Hypothèses pourquoi les gens ne votent pas :

Ca ne les intéresse pas, dans un société hédoniste, individualiste, no problemo et beaucoup du fun....

Avec 3 candidats proches des milieux d'affaires...un candidat de passé troublant.....POURQUOI SE FAIRE COMPLICE D'EUX, EN VOTANT ?

Cynisme de la population ou saine distance avec les abus et des candidats qui semblent plus proches à s'en servir que servir ?

Si les politiciens sont juste des marionnettes du 1% que possède tout ou presque, donc, en votant rien ne changera vraiment, parce que les politiciens=affairistes sont loin des préoccupations des gens ordinaires.

Les commissions Gomery, Bastarache, Charbonneau nous disent qu'il y a rien a faire ....rien a faire et attendre des politiciens....sauf des mauvaises nouvelles....pcq publique-privé semble incestueux à l'os et impossible de les séparer.

123allo dit :
5 novembre 2013 à 10 h 06 min

Mme Legault. Il n’est pas inquiétant de voir le peu d’intérêt pour les élections municipales. Je me souviens que plus jeune mes amis et moi n’étions aucunement intéressé aux municipal. La cause étant le peu d’impact sur notre vie de tous les jours. N’ayant pas de bien taxable par les municipalités et les municipalités n’ayant pas d’impact direct sur notre paie, on ne s’en occupait tout simplement pas. Aujourd’hui nous avons des maisons et des voitures et nous nous sentons un peu plus impliqué. De là l’implication des votants. Il faut regarder sur le pourcentage de ceux qui ne vont pas voter. L’âge (jeune, pas assez de bien impliqué), être locataire (sentant moins le besoin de cette implication puisqu’on ne reçoit pas de compte de taxe même si on n’en paie). Quant à la façon de voter, elle est correcte comme ça. Si on met une pression pour aller chercher plus de vote (exemple par internet) on aura ce que l’on sème. Avec les réseaux sociaux on aurait droit à des mouvements chez les mordus de ces réseaux. On s’aperçoit que ces réseaux vont chercher des mouvements souvent sans objectif, juste un jeu, amusement. On pourrait voir un candidat qui ne représente aucunement les intérêts de la masse se ramasser à la mairie dans un mouvement de contestation. Alors il faudrait vivre pendant 4 ans avec un candidat sans objectif populaire. Alors que si on doit tout au moins se lever pour aller voter, c’est qu’on y croit, même si ce n’est que pour annuler notre vote. Ce n’est pas le système, c’est peut-être les choix des candidats, les programmes, le fait qu’on devient tanné de payer sans vraiment sentir que notre message passe. Quand on vote pour une personne et son programme, cette personne ne devrait pas avoir le droit de modifier ou de présenter autre chose que le mandat qu’on lui a donné. Aussi ne devrait –on pas pour attirer les électeurs songer à y inclure des référendums sur des propositions. Je donne comme exemple. Lors du prochain mandat souhaitez-vous le...

jnboisvert dit :
5 novembre 2013 à 10 h 21 min

Le "droit" de vote est une composante de la démocratie, il appartient à chacun de s'en servir ou non. En faire un "devoir" serait tyrannique, comme expérimenté chez ces dictateurs de républiques de banane qui se font élire quasiment à l'unanimité.

Le droit de vote, c'est aussi un exercice de supercherie. On le consent à la population pour lui faire accroire que ses choix seront valides et importants. En fait, la population a été désarmée depuis longtemps de tout son pouvoir décisionnel: ce sont les bureaucraties sans âme et les privilégiés du système de copinage qui contrôlent tout, de la manipulation éhontée des citoyens au partage du bien public anonyme.

Dans ces conditions, ne pas voter, c'est refuser de cautionner cette débandade (d'usurpateurs en file indienne). C'est aussi souligner notre dégoût devant cette farce d'usurpation de pouvoir. Tant qu'à se faire insidieusement considérer comme des idiots par nos "élites" qui veulent mon bien (et qui vont l'avoir! n'ayez crainte), plutôt se retirer, hors d'atteinte pour sa dignité, dans ses terres et se "réaliser" personnellement. Question de survie, et notre société narcissique est bâtie là-dessus pour en profiter.

Plus le "produit" politique devient moche (intentionnellement), plus il désole, décourage et désolidarise la population vers des projets de société rassembleurs, et plus (par hasard?) son pouvoir devient total-iltaire. Un joli petit coup d'État: contrairement aux goulags meurtriers de Staline, par ici il suffit de désarmer et corrompre les esprits pour compléter son Pouvoir Total.

123allo dit :
5 novembre 2013 à 10 h 27 min

Suite.

Aussi ne devrait –on pas pour attirer les électeurs songer à y inclure des référendums sur des propositions. Je donne comme exemple. Lors du prochain mandat souhaitez-vous le prolongement du métro ou un tramway ? Mettre des choix inciterait le monde à se lever pour aller voter. On se sentirait plus impliqué.

Charles B. dit :
5 novembre 2013 à 10 h 27 min

Bonjour Mme Legault,

À mon sens, tout ce que vous dites est fort juste, exception faite de ce passage : «Or, justement, le vote n’est pas un ''devoir''. C’est un ''droit''. Et un ''droit'', par définition, n’est pas une ''obligation''».

Certes, par définition, un droit n'est pas une obligation légale. Serait-il cependant possible qu'un acte relève à la fois d'un droit et d'une obligation morale, donc d'un devoir? Je pense que oui! Il existe vraisemblablement de très bons arguments qui viennent appuyer la thèse suivant laquelle voter est un devoir. (Je vous en présenterais bien quelques-uns, mais je suis plutôt ignorant sur la question.) Je ne dis pas que voter est effectivement un devoir, mais chose certaine, ce n'est pas une impossibilité logique tel que vous le suggérez. (À vrai dire, j'ai bien peur que votre raisonnement ne confonde obligation légale et obligation morale, ce qui serait une erreur ; on n'a qu'à penser aux lois qui sévissaient sous le régime de l'apartheid pour s'en convaincre.)

Cela dit, que voter soit une obligation morale ou non, je demeure d'accord avec vous, c'est-à-dire que je pense moi aussi que rendre le vote obligatoire serait une erreur.

Au plaisir,

C.B.

Drako dit :
5 novembre 2013 à 10 h 49 min

Quand tu as des chroniqueurs comme Richard Martineau qui invite ses lecteurs à ne pas voter ou d'annuler leur vote en disant à ceux-ci qu'il annulerait son vote pour la simple raison que les candidats n'appuient pas la charte de la bébelle des valeurs québécoises tel que proposé par le PQ n'aide en rien à encourager les gens d'aller voter. Eh oui, plusieurs de ses lecteurs lui ont répondu sur son blogue qu'ils feraient comme lui. Je trouve cela pas mal enfantin pour ne pas dire niaiseux.

oiseaumoqueur dit :
5 novembre 2013 à 11 h 47 min

Je fais mes emplettes sur le net,,mes transactions bancaires et meme mes rapports d'impots Alors a quand la possibilité de voter sur le web plutot que dans un gymnase d'école a un demi kilometre de chez moi ?

Vinlander dit :
5 novembre 2013 à 12 h 25 min

La démocracie est un mythe, on vit dans une oligarchie dont on peut élire la ou les marionnettes. Le politicien est la main droite du prestidigitateur qui capte l'attention de l'audience alors que tout se passe dans la gauche. Pourquoi ? parcequ'elle est contre nature. La nature n'est pas "juste", elle est impitoyable et surtout survivaliste. Les intérets personnels viendront toujours à bout des idéaux collectifs d'équité... On a qu'a voir l'hypocrisie de ce monde dans lequel on vit. La démocracie est l'art de donner l'impression aux citoyens qu'ils décident quelque-chose en choisissant la marionnette de l'heure alors que les nons élus en place continuent de manigancer selon leurs intérets. Si personne n'est prêt à prendre les armes et déclencher une véritable révolution rien ne changera vraiment. Les vrais dirigeants continueront de diriger pendant que les citoyens serons diverti par leurs pantins... Ceci dit le cynisme ne fait pas non plus changer les choses. Donc si vous ne votez pas, vous endosser ce qui se passe et vous la fermer...

Drako dit :
5 novembre 2013 à 12 h 40 min

De plus notre mairesse sortante Mme St-Hilaire (une ex-bloquiste) est entrée à 87% avec un taux de participation de 26% sans faire de campagne électorale (ce n'est pas une petite ville perdue en plus) et je n'ai même pas voté pour elle. Faque mon déplacement et mon vote n'était que perte de temps et de niaisage. À moins d'un phénomène ou d'un élément exceptionnel à la prochaine élection municipale je n'irais pas perdre mon temps pour rien surtout pas avec un taux de participation de 26% et aucune campagne électorale avec des idées et des projets. Quelle belle perte de temps et d'argent que cette élection fut! Le seul conseillé qui a fait une campagne, qui m'a approché et parler de ses idées se présentait comme conseillé indépendant et il n'a même pas réussi malgré tout son travail et effort de se faire élire. Ça veut tout dire. Ça sent une élection clé en main et la corruption.

Andre B. dit :
5 novembre 2013 à 12 h 40 min

Ce qui est ironique dans tout ça, c'est que le droit à la liberté d'expression inclut le droit de ne pas s'exprimer donc, il serait anti-constitutionnel de forcer le monde à voter. Peut-être pourrait-on plutôt "encourager" le monde à voter en leur donnant un petit crédit d'impôt municipal, provincial ou fédéral, selon les élections. Le taux de participation serait peut-être un peu plus élevé. Et voter par internet est, je pense, une mauvaise idée, car il y aura toujours des hackers qui trouveront le moyen de voter 5000 fois pour le même parti et mettre le Parti Marxiste-Léniniste, par exemple, au pouvoir. Si on permet le vote par internet, il n'est pas loin le temps où le prochain premier ministre sera élu à la manière d'American Idol.

L.St-Laurent dit :
5 novembre 2013 à 12 h 45 min

D'accord avec vous que voter est un droit de citoyens. Depuis quelques décennies, voire 2 générations à qui nous n'avons pas inculqué une once de nos droits. Je veux et j'exige est le leitmotiv, de plus, si ces générations n'ont jamais entendu leurs parents en parler voire même se déplacer pour aller voter le jour du scrutin, on a du travail à faire. Nous ne sommes plus à l'époque où sortir pour aller voter était presqu'une sortie officielle, mais plutôt face à une autre réalité et on devra dépoussiérer la manière d'aller voter. Force est de constater que le vote par anticipation offre une possibilité croissante alors profitons-en pour améliorer en offrant à la population plus de plages horaires comme le w/e du 2-3 nov au lieu du 3 nov seulement. Richard Bergeron soulignait avec raison que la campagne électorale est trop longue, en effet ils ne doivent pas parcourir le Québec ou le Canada tout entier, seulement leur coin.

belgix dit :
5 novembre 2013 à 16 h 03 min

Tiens, tiens ... un sujet qui revient de temps en temps dans la politique australienne ou le vote est obligatoire. Saviez vous qu'il y a 23 pays dans le monde ou c'est comme ça dont une dizaine ou la loi est appliquée. En Australie, une personne qui ne vote pas peut recevoir une amende de $20 et si on refuse de payer la justice s'en mêle.

En passant, l`obligation de voter n`amène pas automatiquement un engagement des citoyens envers la politique. Si un pas surprenant 94% des gens ont été voté lors de l`élection fédérale de 2010, le taux de participation est en fait beacoup moins élevé que cela. Il y a 10% des australiens qui ne sont pas enregistrés dont le tiers des jeunes de 18-24 ans. Autre phénomène qui augmente avec le temps ... oui les gens vont voter mais le nombre de bulletins rejetés est en constante hausse ... 6% lors des dernières elections.