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Montréal | Police

Gadget blindé de 12 tonnes

Le SPVM s’équipe d’un outil unique pour assurer la protection de ses agents lors de fusillades

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Les policiers de Montréal ont dévoilé hier le nouvel engin de guerre qu’ils se sont offert au coût de 364 606 $.

Les agents du groupe tactique d’intervention (GTI) n’auront peut-être pas à patienter bien longtemps avant d’étrenner leur nouveau gadget de 12 tonnes sur le terrain.

Chaque année, le SPVM utilise des ­véhicules blindés de 10 à 15 fois pour ­déloger un tireur barricadé, protéger les négociateurs lors de prise d’otage ou évacuer les blessés d’une fusillade.

Avant l’achat de son propre véhicule, le SPVM empruntait ceux de la Sûreté du Québec, ce qui entraînait des retards.

«Le véhicule sera prêt à intervenir en tout temps et pourra être au bout de l’île en 14 minutes», assure François Houle, le commandant du GTI.

BARRICADE BALISTIQUE

Le camion ne sera pas équipé de canons à eau et ne sera pas utilisé pour maîtriser les foules lors d’émeutes, selon M. Houle, qui ne croit pas que le contexte montréalais se prête à ce genre de pratique.

«C’est une barrière balistique qui permet au groupe d’intervention de s’approcher sans déployer de force. Il ne sera utilisé que lorsqu’il y aura risque d’utilisation d’armes à feu», explique-t-il.

Les meurtrières permettront aux policiers de faire feu ou de tendre des objets aux personnes situées dans une zone à risque.

«Par exemple, les négociateurs pourraient tendre une perche avec un téléphone cellulaire pour parler avec quelqu’un qui est barricadé», explique le commandant Houle. Pour des raisons de sécurité, les policiers ont refusé de révéler quels équipements se trouvent à l’intérieur du véhicule conçu par le Groupe Cambli, de Saint-Jean-Sur-Richelieu.

On confirme toutefois qu’il est muni d’appareils facilitant le travail des négociateurs, dont des haut-parleurs et des microphones permettant d’avoir une conversation avec des personnes armées sans mettre la vie des agents en danger. Les couleurs unies du véhicule ont d’ailleurs été choisies pour éviter de choquer les opposants aux policiers.

CONDUITE

D’ici 2014, un bélier hydraulique sera ajouté à l’avant du camion pour permettre aux agents de défoncer une porte ou une fenêtre située au premier ou au deuxième étage d’un immeuble.

Malgré sa taille imposante, le véhicule peut tourner abruptement et se faufiler dans les rues étroites du Vieux-Montréal. Seules certaines ruelles pourraient poser problème, selon l’agent Éric Côté, qui a conduit le camion lors de son lancement.

Même si le véhicule peut atteindre plus de 120 km/h, il ne s’agit pas d’un ­véhicule d’urgence. M. Côté estime qu’il serait périlleux de le conduire à haute ­vitesse dans les rues de la métropole.

«La conduite est semblable à celle d’un semi-remorque, mais avec moins de visibilité», précise l’agent du GTI.

 

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