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Je m’inquiète

Bloc Maltais

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Dans un élan de restructuration financière, le Massif de Charlevoix a décidé notamment de fermer son chalet à la base de la montagne pour les trois prochaines années et cette annonce a semé une inquiétude parmi les résidents de Petite-Rivière-Saint-François. Dont moi.

Dans un élan de restructuration financière, le Massif de Charlevoix a décidé notamment de fermer son chalet à la base de la montagne pour les trois prochaines années et cette annonce a semé une inquiétude parmi les résidents de Petite-Rivière-Saint-François. Dont moi.

Je tiens d’abord à préciser que ce n’est ni l’athlète internationale souhaitant user de sa visibilité − et encore moins la fille du maire −qui s’exprime ici. Je ne suis qu’une citoyenne parmi les autres qui verse des taxes foncières et qui craint pour l’avenir de sa municipalité.

Comme mes concitoyens, j’ai vu grandir cette montagne. Ce sont des gens de chez moi qui l’ont développée durant 20, 30 ans et qui l’ont défrichée. On y est attachés.

POURQUOI PAS LA SOUS-TRAITANCE?

Les enjeux économiques derrière cette décision sont sans doute justifiés de la part du Massif. Cependant, on ne peut pas ignorer que des conséquences malheureuses guettent les commerces du village, qui dépendent des activités du Massif en hiver. Il y a déjà eu deux stations d’essence, deux dépanneurs, un resto-bar et des auberges qui fonctionnaient bien, dont une où j’ai longtemps travaillé quand j’étais étudiante. C’était un succès et il y avait partout une belle qualité de services.

En concentrant toutes ses activités au chalet principal situé au sommet de la montagne, le Massif retire à ses utilisateurs toutes les raisons pour arrêter de circuler «en bas» et faire rouler l’activité économique. D’ailleurs, l’ouverture de ce chalet principal, il y a quelques années, avait entraîné l’arrêt de quelques activités commerciales au village.

Avec cette annonce de fermeture du chalet à la base, je ne suis pas convaincue, dorénavant, qu’il y aura autant d’achalandage «en bas». À tout le moins, pourquoi le Massif ne céderait-il pas en sous-traitance les opérations de ce chalet? Ça continuerait d’amener de la vie à Petite-Rivière.

REMISE EN QUESTION

C’est dommage. Une pétition qui circule ne semble pas pouvoir changer les choses. Ni même des explications réclamées par la première ministre Pauline Marois, qui est aussi députée du coin.

Le Massif, c’est pratiquement la raison d’exister du village. J’ai plein d’amis de mon âge qui se sont aussi acheté une maison à Petite-Rivière-Saint-François. Moi-même, je mijote différents projets pour mon après-carrière, dont l’idée de partir une entreprise quelconque chez moi.

J’aime l’Autriche pour ses villages de ski développés avec soin. Chaque fois que j’y vais, j’observe comment ils s’y prennent pour opérer leurs activités. J’aime imaginer les possibilités qu’il y aurait avec le Massif. J’avoue maintenant que je me pose des questions. Savoir que ce chalet sera fermé ne m’inspire pas confiance.

Mes priorités sont tournées vers ma préparation olympique, cette saison. Mais si j’avais plus de disponibilité, j’aimerais pouvoir proposer des choses à Daniel Gauthier, échanger des idées avec lui.

Depuis plusieurs années, je jongle avec des idées en pensant au Massif. Mais les récentes décisions m’enlèvent quelques-uns de mes rêves...

— Propos recueillis par Alain Bergeron

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