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Le Dr Jean Guimond: le nouveau Morgentaler ?

Le Dr Jean Guimond défend les droits des femmes depuis 40 ans

Le nouveau Morgentaler ?
Photo le journal de montréal, chantal poirier «La question de l’avortement ne sera jamais réglée, il faut demeurer alerte», croit le Dr Jean Guimond, qui ne craint pas d’aborder cette question dans les médias.

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Voilà 40 ans que le Dr Jean Guimond défend les droits des femmes d’obtenir un avortement. Un combat qu’il mène avec une grande humilité.

Voilà 40 ans que le Dr Jean Guimond défend les droits des femmes d’obtenir un avortement. Un combat qu’il mène avec une grande humilité.

«Personne n’est pour l’avortement. Je suis pour les droits de la femme, point», confie le Dr Guimond, qui coordonne les avortements de troisième trimestre au CSSS Jeanne-Mance.

Rester alerte

À sa mort, en mai dernier, le Dr Henry Morgentaler a reçu de grands éloges pour son combat pour l’accès à l’avortement. Mais son décès a aussi fait réagir des militants pro-vie, qui ont dénoncé son œuvre.

Quand on lui demande s’il a l’impression d’être le «nouveau Morgentaler», le Dr Guimond affiche un sourire.

«Je poursuis le combat qu’il a entrepris pour les femmes, dit-il. La question ne sera jamais réglée, il faut demeurer alerte.»

«Certains croient qu’il faut que le fœtus ait une reconnaissance. Je leur dis bonne chance. Pourquoi les femmes ont-elles toujours remporté la décision? Parce qu’il est impossible de donner un statut au fœtus sans réduire celui des femmes. C’est aussi clair que ça.»

« Pour moi, c’est différent »

Voilà 40 ans que le Dr Guimond pratique des avortements dans plusieurs régions du Québec.

La phrase la plus fréquente de ses patien­tes est: «J’ai toujours été contre [l’avortement], mais pour moi, c’est différent aujourd’hui.»

Cette fois encore, il accueillait avec une certaine nervosité la publication d’un dossier sur ce sujet encore tabou. Si ici l’opposition à l’avortement s’exprime moins radicalement qu’aux États-Unis, les menaces et possibles appels à la bombe sont réels.

«Il y a assez de gens qui m’ont vu, s’ils veulent me chercher, ils vont me trouver, pense le Dr Guimond. J’ai passé ce stade-là de la crainte.»

D’ailleurs, beaucoup d’établissements de santé dirigent les médias vers le Dr Guimond, et refusent d’aborder eux-mêmes la question.

«Ils ne veulent pas en parler, alors ils t’envoient à moi, dit-il.

«Moi, je ne me sens pas hypocrite parce que j’en parle», ajoute-t-il.

Malgré tout, il a l’espoir de voir de jeunes médecins prendre la relève.

«Ça prend des gens obstinés, certains disent que j’ai une tête de cochon, avoue-t-il. Je suis ouvert aux discussions, mais on ne m’a jamais convaincu que je ne faisais pas la bonne chose.»

 

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