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Énergie hydrolienne

Québec s'engage pour 85 millions$

Pauline Marois
Photo Archives / Agence QMI Pauline Marois.

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Le gouvernement du Québec investit 85 millions$ dans une filière hydrolienne qui produirait de l'électricité avec le courant dans les fleuves, sans barrage.

Québec participe à projet de 130 millions$ en accordant 85 millions$ de prêts et d'équité à RER Hydro, une petite entreprise qui a déjà appartenu au Groupe AECOM.

Le projet s'est amorcé en 2010, lorsqu'un prototype d'hydrolienne a été installé dans le fleuve Saint-Laurent, proche du pont de la Concorde. Il s'agissait de la première phase, qui est complétée.

À terme, il doit mener à l'implantation d'une usine de fabrication à Bécancour ainsi que contribuer à 600 emplois directs et indirects.

La deuxième phase porte sur l'installation dans l'eau de six hydroliennes de deuxième génération, dont la capacité totale sera de 0,75 mégawatt. Cette étape permettra au partenaire industriel Boeing d'administrer des tests techniques.

La troisième phase devrait s'amorcer en 2016. Le but recherché est de mettre en place un parc de démonstration de 40 hydroliennes avec une capacité totale de 9 MW.

Boeing prévoit de faciliter la fabrication du produit (500 unités par année) et son exportation dans le monde, a expliqué Imad Hamad, PDG de RER Hydro. «Elle va fournir des parcs d'hydroliennes à brancher aux réseaux de transport d'énergie, ainsi que garantir le rendement. Ces gens-là vont pouvoir remplir notre carnet de commandes.»

Hydro-Québec s'engage pour sa part à acheter l'électricité produite. Au moment de publier ces lignes, ni Hydro-Québec ni le ministère des Ressources naturelles n'ont précisé le prix qui sera payé.

Imad Hamad a assuré qu'il sera plus concurrentiel que celui de l'éolien, qui a été plafonné à 9,5 cents lorsque Québec a annoncé les modalités du prochain appel d'offres.

M. Hamad a indiqué aussi que sa technologie est développée au Québec avec la complicité de TM4, une division de moteur électrique d'Hydro-Québec. «Comme 85% du contenu de notre hydrolienne est fait ici, les retombées restent chez nous», a-t-il dit.

Hydroliennes plus fiables

Le dirigeant croit aussi que les hydroliennes sont plus fiables que les éoliennes ou le solaire. «Elles ont un facteur d'utilisation qui se rapproche de 95%, a-t-il dit. La majorité des fleuves et rivières coulent 24 heures par jour, 365 jours par année, ce qui fait qu'elles sont fiables et prévisibles.»

Qu'en est-il de l'impact sur l'environnement? «Après cinq ans de surveillance, a dit M. Hamad, nous n'avons identifié aucun danger ou impact pour les espèces dans nos rivières. Les rapports ont été effectués avec une tierce partie et remis directement au ministère [des Ressources naturelles] qui s'est déclaré satisfait.»

Pierre-Olivier Pineau, un spécialiste des politiques énergétiques qui enseigne à HEC Montréal, doute cependant du choix effectué par la province.

«C'est une technologie intéressante, mais je suis défavorable à toute nouvelle source de production d'énergie pour le Québec, dans la mesure où nous avons besoin d'utiliser moins d'énergie et où nous avons des surplus», a-t-il précisé.

Le Québec chef de file

En conférence de presse lundi, la première ministre Pauline Marois a annoncé son intention de faire du Québec un chef de file dans cette filière énergétique. «Il s’agit d’une technologie d’avenir qui se démarque par sa performance et son efficacité, a-t-elle indiqué. D’ici quelques années, le Québec deviendra le leader mondial de cette filière, j’en suis convaincue.»

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a pour sa part souligné la fiabilité et le peu d’impacts sur l’environnement des hydroliennes conçues par RER Hydro. «Le prototype n’a subi aucune défaillance depuis trois ans, c’est exceptionnel, a-t-elle soutenu. Cette hydrolienne est fiable, n’a presque aucun impact sur l’environnement et se vend à un prix extrêmement compétitif.»

Mme Ouellet a également souligné que «85 % de cette technologie est fabriquée au Québec».

Une technologie à exporter

Les turbines produites à Bécancour ont toutefois peu de chance de se retrouver en eaux québécoises, à part dans le nord de la province. Elles seront pour la plupart exportées ailleurs dans le monde, où la demande ne devrait pas manquer, selon la ministre Martine Ouellet.

«Différentes compagnies d’énergie à travers le monde ont déjà beaucoup d’intérêt pour nos hydroliennes», a-t-elle ajouté.

 

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