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Crimes sexuels

L’ex-député Camirand écope de 30 mois d’emprisonnement

Martin Camirand
Photo Claude Cormier / Agence QMI Martin Camirand

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SAINT-JÉRÔME – L’ancien député adéquiste de Prévost, Martin Camirand, a été condamné mardi à une peine de 30 mois de prison, en lien avec les accusations d’agression et de contacts sexuels qui avaient mené à sa surprenante arrestation en décembre 2009.

Il aura donc fallu près de quatre ans pour voir l’aboutissement de cette triste affaire qui avait secoué la communauté de Saint-Jérôme, où M. Camirand s’est fait connaître non seulement comme député de 2007 à 2008, mais aussi comme conseiller municipal durant plusieurs années.

Le printemps dernier, l’homme de 48 ans avait reconnu sa culpabilité concernant trois jeunes victimes, pour des événements remontant à 2006, 1990 et 1984.

Dans les deux premiers cas visés par des chefs d’accusation de contacts sexuels, les adolescentes étaient des élèves de la polyvalente Saint-Jérôme, où il travaillait comme appariteur, jusqu’à son arrestation. Lors du plus ancien événement, pour lequel il s’est reconnu coupable d’agression sexuelle, il n’avait lui-même que 19 ans.

Suggestion commune des avocats

Après de longues réflexions, Me Marie-Nathalie Tremblay pour la Couronne et Me Pierre Poupart pour la défense ont conjointement suggéré la sentence de 30 mois à purger dans une prison fédérale. La juge Marie-Suzanne Lauzon l’a entérinée, la qualifiant de «juste et raisonnable».

Cette peine est assortie de plusieurs autres conditions dont l’inscription à vie au registre des délinquants sexuels, l’obligation de fournir un échantillon d’ADN, l’interdiction pour 10 ans de se trouver en situation d’autorité auprès des jeunes et l’obligation de poursuivre sa thérapie en délinquance sexuelle.

Une victime témoigne

Avant de soumettre cette proposition à la juge, Me Tremblay a fait entendre une des trois victimes, qui a expliqué ses séquelles de l’agression subie en 1984.

Elle a évoqué sa difficulté à faire confiance aux autres et se faire confiance elle-même, ainsi que tous les impacts qui en ont découlé sur sa vie professionnelle, sociale et personnelle. Elle a aussi raconté avoir développé une attitude surprotectrice envers sa fille, au point où celle-ci s’est révoltée.

Le témoin a d’autre part déploré le peu d’empathie manifestée, à son avis, par Martin Camirand dans une «lettre d’excuses» déposée au tribunal. Selon elle, celui-ci y parle d’abord des conséquences de cette affaire sur sa vie et sur sa famille, mais «ne semble pas conscient de ce qu’il a atteint chez les autres».

À la demande d’une autre victime, Me Tremblay a aussi lu une lettre relatant ses problèmes de «honte, de culpabilité, de boulimie, d’anorexie et d’orientation professionnelle» qui auraient découlé des gestes posés par l’ancien employé de la commission scolaire.

«Qu’est-ce qu’il peut dire de plus?»

Me Poupart a pour sa part rappelé que Martin Camirand a reconnu sa culpabilité, ce qui a évité aux victimes de devoir témoigner lors d’un procès. «Qu’est-ce qu’il peut dire de plus que ce qu’il a exprimé maladroitement dans sa lettre?», s’est demandé l’avocat.

Tout en signalant que son client a «cheminé» depuis quatre ans, Me Poupart s’est dit d’avis qu’il ne présente pas de risque de récidive, ce que tendent d’ailleurs à démontrer les rapports d’experts à son sujet.

La sentence a visiblement été bien accueillie par les deux victimes qui se trouvaient dans la salle d’audience et qui ont exprimé leur soulagement en s’étreignant.

Quant à Martin Camirand, de toute évidence au courant du sort qui l’attendait, il est demeuré impassible lorsqu’un gardien l’a conduit dans le box des accusés puis aux cellules du palais de justice. Ses parents et son épouse, aussi présents dans la salle, semblaient tout aussi résignés.

 

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