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Blessée à la garderie

« Une suite de petits miracles »

Une demi-douzaine d’enfants ont été épargnés de justesse par la voiture qui a foncé dans leur classe

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Le drame de la garderie emboutie par une voiture aurait pu être bien plus tragique pour deux jeunes garçons. Trop turbulents près de la grande fenêtre qui a éclaté, ils avaient été séparés et placés dans un autre local tout juste avant les événements.

Au lendemain de l’accident inusité, la scène était pratiquement intacte dans la garderie désertée. L’énorme trou dans le mur mitoyen, les marques de freins, les morceaux de verre et de plâtre ainsi que les traces de sang qui jonchaient le plancher laissaient deviner l’endroit exact où la voiture s’est arrêtée, au milieu de 27 enfants qui faisaient la sieste, mardi après-midi.

Encore sous le choc, Christina Strigas, parle d’une véritable suite de petits miracles qui a épargné ses protégés. La directrice de la garderie Face à Face raconte que peu avant que l’auto fasse irruption, deux enfants qui se chamaillaient près du mur avaient été conduits à son bureau par une éducatrice.

«Normalement, il y a des enfants partout, mais parce que ces deux-là étaient en punition, la plupart des enfants étaient dans l’autre partie de la pièce, explique Mme Strigas, en regardant les dégâts l’air incrédule. Si on les avait laissés là, je ne pense pas qu’ils auraient survécu.»

La directrice s’étonne aussi de la chance d’une fillette de trois ans qui a été retrouvée étendue sur le divan d’un commerce voisin. «Elle a été frappée par la voiture et a traversé le mur, mais elle ne saignait même pas, précise Mme Strigas. Elle n’a pas parlé pendant 15 minutes et a seulement commencé à pleurer quand les ambulanciers lui ont mis un masque à oxygène.»

Trois fillettes se sont retrouvées sous la Ford Focus grise. Conduites à l’Hôpital Sainte-Justine, une seule n’avait pas encore reçu son congé hier.

Scène d’horreur

L’enfant de trois ans qui a subi des coupures au visage et des fractures internes autour des yeux a tout de même eu de la chance. Elle s’est retrouvée la tête coincée entre le sol, la carrosserie et le pneu avant de la voiture. Si le véhicule était retombé quelques millimètres plus loin, son crâne aurait été littéralement broyé par la roue.

«Je suis entré dans la garderie et c’était une vraie scène d’horreur, explique Danny Vu, l’un des premiers à accourir. Les éducatrices criaient. J’ai vu la fille sous la voiture. Je l’ai touchée. Elle était très chaude. J’ai pensé qu’elle était morte alors j’ai voulu fuir, mais je me suis ressaisi.»

Pendant que M. Vu faisait appel aux témoins paralysés à l’extérieur pour soulever la voiture, Mme Strigas tentait de sortir la fillette. «J’étais persuadée qu’elle était vraiment blessée, explique la directrice. Elle était semi-consciente, la bouche pleine de sang, les yeux gonflés et les lèvres bleues. J’ai soufflé dans sa bouche parce qu’elle ne respirait plus.»

Jennifer Subaihi, la présidente du comité de parents a tenu à souligner le travail des éducatrices et des policiers qui a permis de sauver la fillette.

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