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Le PLQ veut-il le pouvoir ?

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Le Parti libéral du Québec fut, dans notre histoire politique, un formidable instrument de changement social et ses dirigeants au cours du siècle dernier surent être attentifs aux besoins de leur électorat francophone. Or, depuis de nombreuses années, le vote des francophones s’érode au point où le parti représente avant tout et de façon très majoritaire les anglophones et les allophones. Ce qui explique, en partie, son incapacité actuelle à accéder au pouvoir.

Le Parti libéral du Québec fut, dans notre histoire politique, un formidable instrument de changement social et ses dirigeants au cours du siècle dernier surent être attentifs aux besoins de leur électorat francophone. Or, depuis de nombreuses années, le vote des francophones s’érode au point où le parti représente avant tout et de façon très majoritaire les anglophones et les allophones. Ce qui explique, en partie, son incapacité actuelle à accéder au pouvoir.

Les positions intraitables de son chef, Philippe Couillard, à propos de la charte sur la laïcité n’annoncent guère d’embellie. Curieux tout de même, ce ton tranchant que prend le chef du PLQ pour dénoncer la dérive à ses yeux que constituerait l’adoption d’une loi d’encadrement des signes religieux dans l’espace public. Monsieur Couillard lui-même ne semble ouvert à aucun accommodement, ce qui porte à penser qu’il ferme la porte à ceux, nombreux à l’intérieur de son parti, qui souhaiteraient plus de souplesse.

Le deuil

Car il est évident que, sans la capacité du parti à convaincre une légère proportion de francophones à retourner dans le giron libéral, le PLQ doit faire le deuil du pouvoir à la prochaine élection. Dans le meilleur des cas, il devra se contenter d’un gouvernement minoritaire grâce au seul vote non francophone massif. Il sera obligé de marchander avec l’opposition, avec en prime un Québec divisé plus dramatiquement que jamais entre sa métropole multiethnique et métissée et le reste du Québec appuyant la charte malgré ses failles.

Si monsieur Couillard comprenait que la politique est l’art du possible et que la stratégie n’est pas obligatoirement la compromission, il s’empresserait de modifier sa position radicale, s’appuyant sur l’ouverture que les anciens premiers ministres Parizeau, Bouchard et Landry lui offrent gratuitement. Les réserves sérieuses et raisonnables de ces trois acteurs majeurs de notre vie politique seraient considérées comme un cadeau du ciel par un politicien plus sensible et, dirions-nous, plus alerté par le danger de se couper de l’électorat francophone.

Devoir d’ouverture

La direction du PLQ devrait aussi s’interroger sur le malaise réel du Québec profond exprimé dans les débats. Oui, les xénophobes et les intolérants existent, mais les institutions québécoises ont su en entrant dans la modernité élargir l’espace de liberté individuelle dans le respect de tous. En voulant diaboliser les tenants de la charte en les accusant de liberticide, l’on fait preuve d’irresponsabilité.

Le PLQ ne peut réagir comme une minorité culturelle. S’appuyant sur son passé progressiste, il a un devoir d’ouverture. La commission Bouchard-Taylor lui en offre une avec l’interdiction des signes religieux pour les représentants de l’ordre et de la justice. Et l’interdiction de la burqa sur la place publique, car en démocratie, l’on ne vit pas masqué dans la rue.

Le chef du PLQ ne cesse de mettre en lumière les idées libérales au sens philosophique du terme. Soit. Mais il ne peut se faire l’artisan du divorce entre Montréal et le reste du Québec, se transformant par la force des choses en un parti déserté par les francophones.

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