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Un extraordinaire ballet de jiujitsu

Un extraordinaire ballet de jiujitsu
Photo d’archives Royce Gracie (en blanc) est l’idole et grand maître de Georges St-Pierre.

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Dieu que c’était beau ! Un extraordinaire ballet. Deux hommes se roulant sur un tapis dans une démonstration amicale de jiujitsu brésilien, le bruit de leurs pieds ou de leurs mains s’appuyant sur le sol pour équilibrer un mouvement, le souffle parfois un peu plus rapide, c’est tout.

LAS VEGAS | Dieu que c’était beau ! Un extraordinaire ballet. Deux hommes se roulant sur un tapis dans une démonstration amicale de jiujitsu brésilien, le bruit de leurs pieds ou de leurs mains s’appuyant sur le sol pour équilibrer un mouvement, le souffle parfois un peu plus rapide, c’est tout.

Même que pendant de longues minutes, Georges St-Pierre a enchaîné les mouvements et les prises avec les yeux bandés. Se fiant au poids et aux mouvements de son adversaire pour avoir une idée de sa position dans l’espace. Une formidable démonstration qui m’a laissé le souffle court.

Beau et en même temps dangereux. Pas hier bien sûr, sur la scène du Hollywood Theater du MGM Casino parce que c’était une démonstration pour la promotion de UFC 167. Mais en tout temps, St-Pierre et son idole et grand maître Royce Gracie pourraient tuer quelqu’un en l’entraînant au sol dans un combat.

Après la vingtaine de minutes de démonstration, St-Pierre était radieux. Il a passé de longues minutes à répondre à des questions en anglais et en français avec un sourire franc et heureux.

Lui qui avait toujours refusé ce genre de démonstration à quelques jours d’un combat, il avait accepté et semblait avoir apprécié l’exercice : « Quelqu’un à l’UFC a été très intelligent. En m’offrant de m’entraîner avec mon idole absolue Royce Gracie, on savait que je ne pourrais refuser. C’était un privilège et un grand honneur de travailler avec celui qui m’a inspiré au tout début quand je l’ai vu au tout premier gala de l’UFC », d’expliquer St-Pierre.

PAS DE RETRAITE

J’ai longuement discuté avec Christophe Midoux, le mentor, ami et presque gourou de Georges St-Pierre. C’est lui qui a parti la controverse à propos de la retraite de GSP. Je vous livre son point de vue dans un autre texte. Mais du côté de St-Pierre, il est loin de penser ou parler retraite. De toute façon, ça ne se fera pas en fin de semaine, gagne ou perd : « Ça ne sera pas sur un coup de tête, c’est certain. J’y penserai pendant des semaines quand je vais sentir que le temps est venu. Pour l’instant, je me sens bien et j’ai encore le goût. C’est évident qu’on désire tous partir au sommet de sa carrière. Ma mère aimerait que je prenne ma retraite, c’est normal. Christophe Midoux, mon mentor peut croire que le temps est venu mais je suis celui qui va prendre la décision. Personne d’autre. Pour l’instant, j’ai le goût de continuer. Et puis, on ne vit qu’une fois », a-t-il dit quand on a eu l’occasion de discuter avec lui après le point de presse officiel.

Je ne me rappelle pas avoir vu Georges St-Pierre aussi détendu, aussi zen, d’aussi bonne humeur à trois jours d’un combat. Jamais. Il est d’accord : « L’entrainement s’est bien passé. J’ai atteint mes objectifs, je suis prêt à 100 p. cent et je ne souffre d’aucune blessure. Le fait que le combat ait lieu à Las Vegas m’enlève de la pression. Je ne sens pas le même poids sur les épaules. Je suis bien dans ma tête et je vais passer en mode d’agressivité le jour du combat. En fait, ça va commencer quand je vais entreprendre ma marche vers l’octogone, pas avant. D’ici là, je vais rester calme», a-t-il répondu quand je lui ai fait la remarque.

UN GAMIN CHEZ LES GRANDS

Georges était vraiment dans un mood différent. Il a fait rire tout le monde, tant en français qu’en anglais en racontant des anecdotes savoureuses sur ses débuts.

Comme son premier combat dans l’UFC. C’était contre Karo Parisyan : « J’étais dans un petit local qui servait de vestiaire et de pièce de réchauffement. C’était vraiment étroit et j’étais stressé et nerveux. Quatre ou cinq énormes vedettes de l’UFC, des géants sont entrés et se sont mis à gueuler et à discuter. J’étais effrayé. Je ne parlais pas anglais ou presque. Je leur ai dit que c’était mon premier combat. En un instant, ils m’ont adopté et se sont mis à m’encourager avec des grands cris. C’était débile », de raconter GSP.

Il a rappelé qu’avant même de devenir un combattant de l’UFC, comme simple fan des arts martiaux mixtes, il avait réussi à s’introduire dans l’aréna du MGM et à grimper dans l’octogone la veille d’un grand gala : « J’avais mimé avec mon ami un combat. Deux jeunes complètement partis tellement c’était excitant », pourrais-je résumer la longue anecdote.

Georges St-Pierre rencontre le meilleur de sa division dans l’UFC...après lui, le champion. Il n’a pas peur de Johny Hendricks : « Mais j’ai peur d’échouer. J’ai peur que tout ce qui a été investi pour me préparer ne suffise pas », a-t-il dit.

LA PEUR D’ÉCHOUER

Il a beaucoup travaillé la boxe avec Renan St-Juste : « Et Adonis Stevenson qui est mon ami, m’a donné des conseils », a-t-il noté. Évidemment, comme Johny Hendricks, Adonis cogne plus dur de la gauche. Et vous ne serez pas surpris d’apprendre que St-Juste est gaucher lui aussi. Georges St-Pierre ne laisse jamais rien au hasard quand il se prépare pour un match.

Hier, j’ai perçu la force tranquille. Tout est possible, c’est évident. Mais j’ai quitté le MGM en me disant que Johnny Hendricks en aurait pour son argent. Incluant le petit change.

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