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La position libérale sur la laïcité évolue

Philippe Couillard a demandé au député Gilles Ouimet d’élaborer un projet de loi

Philippe Couillard
Photo les archives, Jean-François Desgagnés Philippe Couillard.

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La position du Parti libéral sur la laïcité de l’État évolue. Les libéraux mijotent un projet de loi qui pourrait interdire aux policiers et aux agents de prison de porter des signes religieux apparents, a appris le Journal.

Il s’agit là d’un important changement dans la position défendue par Philippe Couillard, qui refusait jusqu’ici d’envisager qu’on limite le droit de qui que ce soit de porter un voile islamique, une kippa, un turban ou une croix ostensible.

En entrevue avec le Journal vendredi, le chef libéral a reconnu qu’il avait mandaté son député Gilles Ouimet, ancien bâtonnier du Québec, pour «réévaluer» la position de son parti. «Mais l’instruction qu’il a, c’est que ça doit rester totalement compatible avec les chartes (des droits et libertés)», a-t-il insisté. Selon nos informations, les députés libéraux qui proviennent des régions seraient davantage favorables à ce que les personnes ayant un pouvoir coercitif, comme les policiers et les agents de prison, affichent la neutralité religieuse. La question d’imposer cette restriction aux juges semble toutefois poser problème aux yeux de plusieurs membres du caucus.

Fatima Houda-Pépin

C’est lors des discussions entourant cette transformation de la position libérale sur la laïcité de l’État que le ton a monté au caucus plus tôt cette semaine.

Initiatrice du texte de loi qui traite également d’intégrisme, la députée de confession musulmane Fatima Houda-Pepin trouvait que les choses n’allaient pas assez vite à son goût, selon nos sources. La libérale d’origine marocaine aurait signifié son désir d’être l’unique «porteuse de ballon» du dossier, ce que le chef libéral n’aurait pas accepté, nous dit-on. La députée Houda-Pepin a finalement claqué la porte du caucus mercredi.

Priée de rentrer dans le rang

Dans une lettre rendue publique jeudi soir, l’élue libérale fustige son parti et questionne le modèle d’égalité prôné par Philippe Couillard. «Est-ce que les Québécoises ont fait tout ce chemin pour en arriver à prendre comme modèle de l’égalité homme-femme celui de l’Arabie saoudite ou de l’Iran des ayatollahs?»

«Un geste de rupture», aux yeux de son chef, qui demande à sa députée de La Pinière de rentrer dans le rang, à défaut de quoi elle devra quitter le caucus du PLQ. «Un geste sérieux a été fait dont les conséquences pourraient également être sérieuses s’il n’est pas corrigé rapidement», insiste le commandant des troupes libérales. M. Couillard exige que Mme Houda-Pepin cesse de faire cavalier seul.

 

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