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De la célébrité à la pauvreté

Des artistes du troisième âge ont vu leurs revenus baisser de moitié depuis dix ans

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Des artistes québécois qui ont connu la gloire dans leur jeune temps sont obligés de quémander ou de travailler pendant les dernières années de leur vie, s'ils veulent être en mesure de payer leur loyer à la fin du mois.

 

Sans fonds de pension d’employeur ni économies suffisantes, des artistes québécois qui ont connu la gloire sont obligés ,s'ils veulent être en mesure de payer leur loyer à la fin du mois, de quémander ou de travailler pendant les dernières années de leur vie.

De nouvelles statistiques troublantes révèlent que les artistes de 55 ans et plus en arrachent plus qu’on pense: ils n’ont touché que 4,6 % des revenus globaux des 8000 membres de l’Union des artistes (UDA), en 2011, comparativement à 10,5 % en 2002.

«Les cheveux gris sont mis de côté», lance Jack Robitaille, vice-président de l’UDA.

Selon lui, le travail devient tellement rare que plusieurs ont hâte d’avoir 65 ans pour toucher les rentes des régime de pension du Québec et du Canada.

«Plusieurs me disent que l’attente (d’avoir 65 ans) est insoutenable après avoir épuisé leurs minces économies. Tout ce qui reste souvent à l’artiste, c’est sa fierté.

«Ils vivent alors le cercle vicieux de la pauvreté: sans emploi, ils s’isolent, évitent les grandes premières, pour ne plus se faire demander: qu’est-ce que tu fais de bon ou comment se fait-il qu’on ne te voit plus à la télé ou sur scène?

«Les artistes en manque de boulot frapperont à toutes les portes, ajoute-t-il. Mais toujours se faire dire non à cause de son âge, ça use son artiste. Le malaise physique s’accompagne souvent d’une détresse psychologique.»

René Caron

René Caron, le fameux Todore Bouchonneau des Belles histoire des pays d’En Haut, est l’un des rares artistes prêts à parler de sa situation.

«Je n’ai pas le choix si je veux payer mon loyer», dit ce comédien qu’on a vu dans une publicité de céréales. À 88 ans, il court les auditions pour d’autres publicités.

«Les vieux n’ont plus la cote, dit-il avec émotion. Pourtant, observez le succès de la série Les Belles histoires des pays d’En-Haut, qui revient année après année: il y a plusieurs vieux et les gens aiment ça, parce que les vieux jouent vrai.»

André Montmorency

André Montmorency a déjà parlé de ses problèmes après s’être résigné à frapper à la porte de la Fondation des artistes pour obtenir une aide d’urgence.

«Ces gens-là ont été merveilleux pour moi, dit-il. Ils ont payé mon déménagement et le nettoyage de mes vêtements. La secrétaire m’avait même avancé 20 $ pour pouvoir nourrir mon chat. »

Il a connu ses heures de gloire grâce à des téléséries comme Chez Denise ou La Ribouldingue, en plus de ses multiples rôles au théâtre.

Dans sa jeunesse florissante, André Montmorency était loin de se douter que, la soixantaine venue, il en viendrait à devoir quémander pour nourrir son chat...

C’était en 2005. Depuis lors, les choses se sont améliorées pour André Montmorency, qui a surtout gagné sa croûte en faisant du doublage. On l’a aussi vu dans la dernière saison de La galère.

«Ce qui est encourageant, dit-il, c’est que la télé rediffuse les anciennes téléséries; ça nous fait un revenu d’appoint», nous dit le comédien de 74 ans qui habite avec d’autres artistes l’édifice Le Rigaud, à Montréal.

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