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Signes religieux

Les États-Unis aux antipodes du Québec

Les États-Unis aux antipodes du Québec
photo Marie-Joëlle parent David Weprin, député démocrate à l’Assemblée de l’État de New York a déposé l’an dernier un projet de loi pour le droit aux policiers et pompiers de porter des signes religieux.

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NEW YORK | L’État de New York veut passer une loi qui permettrait à tous les New-Yorkais le port de signes religieux au travail. La ville de Washington autorise maintenant ses policiers à porter le turban et la Californie vient d’adopter une loi très stricte qui interdit la discrimination religieuse au travail.

NEW YORK | L’État de New York veut passer une loi qui permettrait à tous les New-Yorkais le port de signes religieux au travail. La ville de Washington autorise maintenant ses policiers à porter le turban et la Californie vient d’adopter une loi très stricte qui interdit la discrimination religieuse au travail.

Règle générale, au rayon des accommodements religieux, les États-Unis se situent à l’opposé du projet de charte des valeurs québécoises.

Au Québec, le projet du gouvernement Marois vise à d’interdire le port des signes religieux apparents dans les institutions publiques, comme le foulard islamique, la croix chrétienne, le turban sikh et la kippa juive. Le gouvernement a aussi l’intention, entre autres, de mettre un terme aux congés pour des motifs religieux payés par l’État.

David Weprin, député démocrate à l’Assemblée de l’État de New York, a déposé l’an dernier un projet de loi qui garantirait à tous les New-Yorkais, incluant les policiers et les pompiers, le droit de porter des signes religieux ostentatoires comme la kippa, le voile ou le turban.

«C’est un réel problème à New York, nous avons de larges communautés musulmane et sikhe, et ils sont écartés de certains emplois à cause des uniformes», dit M. Weprin, qui est représentant du district 24 dans le Queens, un des quartiers les plus diversifiés au pays – plus de 200 nationalités sont représentées.

Le projet de loi sera voté par le Sénat de New York en janvier prochain. Comme il a été adopté à quas iunanimité par l’Assemblée, M. Weprin a bon espoir que la loi entre en vigueur.

«Il n’y a aucun règlement aux États-Unis qui empêche le port de signes religieux, le seul moment où l’on voit des problèmes, c’est dans les emplois où il faut porter un uniforme et où la sécurité est en jeu», explique Dan Barker coprésident de l’organisme laïque Freedom from Religion.

«Pour les professeurs, les employés de la poste, les employés des réseaux de transport, il n’y a aucun problème», poursuit-il.

Aux États-Unis, en vertu de l’article VII de la loi de 1964 sur les droits civiques, un employeur du secteur public ou privé doit permettre le port de signes religieux à moins que ça crée un problème de sécurité ou interfère avec le travail.

Certains employeurs se servent de cette condition pour refuser d’accommoder leurs employés. Par exemple, en 2002, un policier sikh a été renvoyé du NYPD (service de police de la ville de New York) parce qu’il refusait de couper sa barbe et enlever son turban.

Il a intenté une poursuite et a finalement été réengagé. Le NYPD permet maintenant les barbes de 1 mm de long et le port du turban.

«C’est une accommodation, mais ce sont la plupart du temps des exceptions. Nous voulons garantir que tous soient traités également avec une loi», dit David Weprin.

Les policiers juifs new-yorkais peuvent porter la kippa sous leur casquette et n’ont pas à travailler après le coucher du soleil vendredi et samedi durant le sabbat, ainsi que durant les différentes fêtes juives.

Le NYPD a engagé son premier policier juif hassidique en 2006, et ils sont aujourd’hui près de 25.

WASHINGTON

La ville de Washington D.C. va encore plus loin. Depuis mai 2012, le service de police (MPD) permet à ses policiers de porter le turban. Washington est devenue la première grande ville au pays à permettre explicitement aux Sikhs américains de porter l’uniforme avec leurs signes religieux.

«Il n’y a pas encore de policier en patrouille, mais un cadet sikh est en entraînement. C’est un progrès énorme», précise Jasjit Singh, directeur exécutif de SALDEF, organisme de défense des droits des Sikhs. Environ 700 000 Sikhs vivent aux États-Unis.

L’organisme a milité après le 11 septembre 2001 pour que les Sikhs n’aient pas à enlever leur turban lors du contrôle de sécurité à l’aéroport. «Maintenant, ils ont l’option de faire eux-mêmes la fouille par palpation de leur turban et on teste ensuite la présence d’explosifs sur leurs mains», explique M. Singh.

CALIFORNIE

En septembre 2012, le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a signé la loi la plus stricte au pays empêchant la discrimination religieuse en milieu de travail.

La nouvelle loi interdit aux employeurs d’isoler les employés en raison de leurs pratiques religieuses et de les faire travailler en arrière-boutique, par exemple.

Certains États qui avaient réglementé le port de signes religieux chez les professeurs font maintenant marche arrière. C’est le cas de l’Oregon, qui a aboli une telle loi en 2011.

«Ce qui se passe en France et au Québec m’inquiète. Aux États-Unis, les cas d’accommodements religieux ne sont pas vus comme des affronts à la culture. C’est une terre d’accueil ici, et la liberté de religion est une pierre d’assise de ce pays», conclut Jasjit Singh.

 

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