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L’islamophobie, concept frauduleux

L’accusation d’islamophobie entend poser un verrou sur le débat public

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C’est une accusation de plus en plus courante: «islamophobe.» Il s’agit d’un concept frauduleux qui pollue le débat public. Officiellement, il désigne les comportements haineux envers l’islam ou ceux qui s’en réclament.

C’est une accusation de plus en plus courante: «islamophobe.» Il s’agit d’un concept frauduleux qui pollue le débat public. Officiellement, il désigne les comportements haineux envers l’islam ou ceux qui s’en réclament. Mais, pratiquement, il permet de stigmatiser ceux qui critiquent l’islam ou qui s’inquiètent de sa plus que difficile adaptation aux sociétés occidentales.

On répondra: ce n’est pas l’islam qu’il faut critiquer, mais ses dérives extrémistes. Le premier serait admirable, les secondes seraient condamnables. Nuançons. Évidemment, l’islam ne conduit pas nécessairement à l’islamisme. Mais, cela dit, a-t-on le droit de critiquer une religion en soi et la religion en soi? A-t-on le droit de critiquer l’islam en soi, comme n’importe quel système de pensée?

Un peu d’histoire

Un peu d’histoire ne fera pas de mal. La modernité ne s’est-elle pas construite en bonne partie sur le procès très sévère du christianisme en soi et de la croyance religieuse? N’a-t-elle pas débouté chaque dogme, pour le meilleur et pour le pire? Plus près de nous, avec la Révolution tranquille, on a critiqué le catholicisme en lui-même, et pas seulement ses excès.

Pourquoi alors la critique de l’islam devrait-elle être présentée comme une manifestation d’intolérance? Est-ce parce qu’il s’agit d’une religion «minoritaire» et que, pour le multiculturalisme, les minorités ont toujours raison? Est-ce parce que le relativisme culturel nous interdit de juger les croyances? Cela ne veut pas dire que toutes les critiques qui lui sont destinées sont fondées.

Chaque citoyen n’a pas à respecter les dogmes ou les valeurs que nous proposent les religions. C’est justement parce qu’une religion tolère qu’on la critique dans ses fondements les plus sacrés qu’elle passe le test de la démocratie. Plus encore: c’est parce qu’une religion accepte qu’on s’en moque qu’elle témoigne de son respect de la liberté d’expression.

Est-ce islamophobe de réfléchir au rapport trouble entre la religion et la politique dans l’islam? Ou de soutenir que le voile, et pas seulement le niqab ou le tchador, incarne une ségrégation sexuelle désolante? Ou de rappeler que les fêtes musulmanes n’ont pas à se substituer aux fêtes chrétiennes dans le calendrier scolaire?

Verrou sur le débat public

L’accusation d’islamophobie entend poser un verrou sur le débat public. Elle représente une arme idéologique pour marquer au fer rouge de l’intolérance ceux qui critiquent à tort ou à raison l’islam. Faut-il rappeler qu’elle est souvent utilisée par les islamistes qui l’emploient contre ceux qui entendent freiner leur avancée?

Évidemment, on trouve des gestes authentiquement haineux envers des musulmans. Il faut les condamner vigoureusement. Mais ces gestes sont marginaux et ne représentent rien d’autre que la bêtise de ceux qui les commettent. Et ils sont montés en épingle médiatiquement pour laisser croire que toute critique de l’islam mène inévitablement au racisme.

L’enjeu fondamental, c’est la liberté d’expression. Jusqu’où s’étend-elle? Doit-on protéger d’une armure légale certaines croyances parce qu’elles ont un statut religieux? Est-il encore permis de réfléchir sans se faire coller une étiquette infamante?

 

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