/opinion/columnists
Navigation
opinion

Parler peu, parler vrai

Le déficit budgétaire est passé de 222 M$ en juillet 2012 à 508 M$ en juillet 2013

Coup d'oeil sur cet article

Lors du récent congrès du Parti québécois, Pauline Marois a dressé un bilan positif de sa première année de gouvernance et a déclaré: «Avec le Parti québécois, le Québec, il va mieux». Dans la même veine, Jean-François Lisée affirmait récemment: «Le Québec est économiquement plus solide que jamais».

Lors du récent congrès du Parti québécois, Pauline Marois a dressé un bilan positif de sa première année de gouvernance et a déclaré: «Avec le Parti québécois, le Québec, il va mieux». Dans la même veine, Jean-François Lisée affirmait récemment: «Le Québec est économiquement plus solide que jamais».

Et si on vérifiait? En matière de gouvernance, le rapport des opérations financières, publié par le ministère des Finances du Québec, est une mine d’informations.

On y apprend que, en juillet 2013, les dépenses de programmes s’élevaient à 5,1 G$, soit 416 M$ ou 8,9% de plus qu’en juillet 2012. À titre comparatif, cette hausse serait suffisante pour créer un deuxième ministère des Ressources naturelles.

Entre juillet 2012 et juillet 2013, le service de la dette a augmenté de 9,8%. Pour l’instant, les taux d’intérêt sont exceptionnellement bas. Imaginez quand ils augmenteront!

Quant au déficit budgétaire, il est passé de 222 M$ pour juillet 2012 à 508 M$ pour juillet 2013. C’est une hausse faramineuse de 128,8%. Entre avril et juillet 2013, le déficit a atteint 2,3 G$, soit autant que le total des budgets alloués aux ministères de la Justice, de la Sécurité publique et du Développement durable.

Dette du secteur public

Quant à la dette du secteur public, elle atteignait 258,6 G$ en mars 2013 et devrait grimper à plus de 270 G$ d’ici mars 2014. Le temps de lire cette chronique, elle aura augmenté d’environ 60 000 $, soit environ autant que le coût annuel du système d’éducation pour six enfants.

En ce qui concerne le marché du travail, Québec se gargarise avec la création de 31 000 emplois le mois dernier. Ce chiffre mérite d’être souligné. Notons cependant qu’entre octobre 2012 et 2013, le nombre de chômeurs a diminué de 0,2% au Québec comparativement à 5,1% au Canada.

En toute analyse, peut-on réellement prétendre que le Québec est économiquement plus solide que jamais ou qu’il va mieux?

Un discours qui n’emballe plus

Depuis son élection, le Parti québécois s’évertue à rallumer la flamme de l’indépendance. Toutefois, le discours souverainiste n’emballe plus. Beaucoup de Québécois semblent même y être indifférents. Mais n’allez surtout pas croire que c’est l’idée de liberté qui les rebute. C’est plutôt qu’ils voient les porteurs de flambeaux travestir régulièrement la réalité pour faire croire que tout va bien, et ils se méfient.

Abraham Lincoln disait: «On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps». À force de déformer le contexte économique, à force de sous-estimer l’intelligence des Québécois, certains souverainistes ternissent l’image de leur parti et lui font perdre toute crédibilité. À cet égard, ils sont les pires ennemis de l’indépendance. Ils devraient parler peu, mais parler vrai. Ils seraient surpris des résultats!

 

Commentaires