/news/health
Navigation
Santé

Retour en force de la gonorrhée

Un rapport confirme le plus grand nombre de diagnostics de cette ITSS en 2012 depuis 1988

Coup d'oeil sur cet article

Pas moins de 2520 cas de gonorrhée ont été rapportés au Québec en 2012; il s’agit du plus grand nombre de diagnostics enregistré depuis que les statistiques sont compilées.

Pas moins de 2520 cas de gonorrhée ont été rapportés au Québec en 2012; il s’agit du plus grand nombre de diagnostics enregistré depuis que les statistiques sont compilées.

Depuis 2006, le nombre de cas de gonorrhée a presque doublé, constate le dernier rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui suit la progression de la maladie depuis 1988.

Hausse depuis 1996

Voilà maintenant 15 ans que la gonorrhée, cette infection transmise sexuellement et par le sang (ITSS), fait un retour en force au Québec (voir tableau).

En 1996, seulement 423 cas avaient été rapportés. Entre 1988 et 1996, le nombre de cas déclarés avait diminué de 82 %. Mais en 10 ans, les cas se sont multipliés par plus de 300 %.

Selon Brigitte Lefebvre, microbiologiste et auteure de l’étude de l’INSPQ, cette augmentation n’est pas surprenante puisque la plupart des ITSS sont en progression au Québec.

«On peut penser que les gens se protègent moins parce qu’ils ont moins peur d’attraper le sida et d’en mourir, avec les nouveaux traitements», croit-elle.

Et pourtant, insiste-t-elle, la gonorrhée peut avoir des impacts dramatiques sur la santé (grossesse ectopique, infertilité, douleurs chroniques au ventre).

«Le message-clé passe par la prévention pour que les gens se protègent. Les conséquences sont importantes pour la santé publique.»

Pire à Montréal

Selon le rapport, le taux d’infection est passé de moins de 10 à 32,9 cas pour 100 000 habitants depuis 1998 au Québec.

Autre fait marquant: 71 % des patients infectés l’année dernière étaient des Montréalais (1781).

En 2012, le taux d’incidence dans la population était de 94,2 cas par 100 000 habitants.

Les autres régions les plus touchées sont la Capitale-Nationale (191 cas), la Montérégie (150) et Laval (75).

Selon le rapport, le contrôle de ces infections représente une «priorité et un défi majeur» pour les autorités de santé publique.

Par ailleurs, les scientifiques de l’INSPQ s’attendent à ce que l’antibiotique céphalosporine, largement utilisé dans le traitement depuis près de 30 ans, devienne bientôt moins performant. Depuis quelques années, des cas de souches résistantes au médicament ont été rapportés au Japon, en France et en Espagne.

«On s’approche du seuil de résistance. On sait que ça va arriver, on ne sait juste pas quand. Ça peut être la semaine prochaine ou dans un an ou deux ans, indique Mme Lefebvre. Mais les traitements fonctionnent bien pour l’instant.»

Plus de voyages

Lorsque le seuil de résistance atteint 5 %, un nouvel antibiotique doit être utilisé.

Selon Mme Lefebvre, le fait que les gens voyagent de plus en plus peut jouer un rôle sur le déplacement des souches résistantes dans le monde.

En ce sens, le rapport recommande la mise en place d’un système de surveillance des échecs au traitement.

L’an dernier, le ministère de la Santé a créé un groupe de travail pour surveiller la résistance de la bactérie et émettre des recommandations.


Au Canada, le nombre de cas de gonorrhée a augmenté de 80 % entre 2000 et 2009 (de 6189 à 11 178 cas).

Conséquences à long terme sur la santé
Douleurs dans le bas du ventre
Difficultés à devenir enceinte
Difficultés durant la grossesse
Risque accru de contracter ou de transmettre le VIH
Les jeunes de 15-24 ans représentent la majorité des cas
Les hommes représentent 70 % des cas
Source: Ministère de la
santé et INSPQ
Commentaires