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Baignades pour femmes seulement

« C’est le bain le plus populaire », selon la responsable des relations avec les citoyens de Parc-Extension

Bains pour femmes seulement
Photo isabelle maher Deux fois par semaine, les hommes n’ont pas accès à la piscine publique du quartier Parc-Extension, ce qui irrite certains citoyens.

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Deux fois par semaine, l’accès aux bains de la piscine publique du quartier Parc-Extension est interdit aux hommes. Cette mesure que l’on retrouve ailleurs au Québec, au Canada et en Europe, irrite des citoyens, dont certains qui ont porté plainte.

Deux fois par semaine, l’accès aux bains de la piscine publique du quartier Parc-Extension est interdit aux hommes. Cette mesure que l’on retrouve ailleurs au Québec, au Canada et en Europe, irrite des citoyens, dont certains qui ont porté plainte.

Mercredi dernier, Gabriel Brongo voulait se rendre à la piscine St-Roch située dans l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension.

En consultant l’horaire sur le site internet de la ville de Montréal, l’homme a eu la surprise de constater que l’accès aux bains, au moment où son horaire lui permettait d’aller nager, était uniquement réservé aux femmes.

«J’ai téléphoné pour être bien certain et l’employé un peu gêné m’a confirmé que je ne pouvais aller me baigner. Je trouve ça ridicule que l’on sépare les hommes et les femmes. Il n’y a aucune raison valable à ça», croit Gabriel Brongo qui a décidé de déposer une plainte au bureau de l’arrondissement, responsable de la gestion des piscines.

Deux heures

Depuis l’ouverture de la piscine St-Roch en 2005, deux heures par semaine, le mercredi et le samedi, les femmes et les filles ont l’usage exclusif de la piscine.

Cette décision a été prise à la demande des groupes communautaires consultés à l’époque, explique-t-on. C’était le souhait de plusieurs femmes, dont certaines de confession juive. Mais leurs motifs n’étaient pas exclusivement religieux, affirme la responsable des relations avec les citoyens.

«C’est seulement deux heures par semaine, ça permet à beaucoup de femmes de se retrouver entre elles et de se sentir plus à l’aise», explique Danielle Lamarre qui précise qu’il ne s’agit pas ici d’un cas d’accommodement raisonnable.

Jusqu’ici, seulement deux ou trois personnes se seraient plaintes des horaires non mixtes à la piscine St-Roch. Les responsables de la piscine n’ont aucune intention de modifier les périodes d’accès exclusif aux femmes. «C’est le bain le plus populaire, il est beaucoup plus fréquenté que ceux des autres plages horaires», rapporte Mme Lamarre.

Taxes

Pour Gabriel Brongo qui travaille souvent de soir, cette mesure est contraignante.

«Je sais que certains gyms sont réservés uniquement aux femmes, mais ce sont des lieux privés. Là on parle d’une piscine publique payée avec nos taxes», dénonce-t-il.

La question des horaires de baignades non mixtes fait froncer les sourcils ailleurs qu’à Parc-Extesion.

Au début de 2013, le Journal de Montréal a rapporté des situations similaires à Laval, Côte-des-Neiges et Toronto ­où la direction d’un centre sportif va même jusqu’à couvrir les fenêtres et les portes de sa piscine.

En Europe, la question a soulevé la polémique notamment en France et en ­Belgique. Là-bas comme ici, au-delà du rapport à la religion, les bains non mixtes témoignent aussi du rapport au corps.

 

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