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Informatique | Fédéral

Une «sérieuse réflexion» s'impose en informatique

Corinne Charette
©  Photos Jean-Nicolas Blanchet Corinne Charette, la plus haute fonctionnaire du gouvernement fédéral travaillant dans le milieu de l’informatique.

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La fonction publique et le secteur privé doivent revoir leurs façons de faire «dépassées» qui ont cours dans le secteur des technologies de l’information (TI), estime Corinne Charette, la plus haute fonctionnaire du gouvernement fédéral travaillant dans le milieu de l’informatique.

Dirigeante principale de l’information au Secrétariat du Conseil du Trésor fédéral depuis 2009, Mme Charette a lancé ces propos devant 1700 leaders et professionnels du milieu des TI réunis à Québec mardi, à l’occasion de la 35e édition de la Journée de l’informatique du Québec (JIQ).

Selon elle, les façons de faire doivent être revues dans un contexte où les contribuables et les politiciens souhaitent des résultats plus rapides et moins coûteux.

«Aujourd’hui, on est vraiment à un tournant critique (...) Le désir du citoyen pour de meilleurs services nous oblige à faire une sérieuse réflexion sur la façon de faire notre travail et nous oblige à vraiment mettre de côté les modes de livraison sur lesquels nous nous sommes basés avec grand succès depuis plus de 35 ans», a-t-elle déclaré.

Mode «dépassé»

Au lieu de lancer des projets informatiques d’envergure échelonnés sur plusieurs années ayant une seule livraison finale, Mme Charette est d’avis que le processus de conception des projets informatiques est devenu «dépassé, un peu désuet et il doit être remplacé par un mode de livraison plus rapide, à un coût inférieur», suggère-t-elle.

Le chantier traditionnel de conception en TI est en voie de disparition, selon elle. «Il est trop lent, trop dépendant d’investissements initiaux d’envergure et trop sujet aux contraintes des besoins de groupes restreints», avance-t-elle, ajoutant que cette façon de faire ne répond plus aux attentes des contribuables. «C’est le temps de changer.»

Appel au privé

Au moment où Québec tente de réduire sa dépendance aux firmes privées spécialisées en informatique, le gouvernement fédéral s’oriente dans la direction inverse. «Nous avions une tendance à faire beaucoup de travaux à l’interne. Mais nous avons une capacité limitée», explique-t-elle.

Si Québec croit qu’attribuer plus de travaux à l’interne réduirait les dépenses en informatique, Mme Charette croit pour sa part qu’assurer un plus grand partenariat avec le privé permet de «revitaliser le secteur privé» et de «créer de l’emploi». «C’est toujours une question de croissance économique», à son avis.

Elle juge également que le privé doit mieux accompagner le gouvernement dans la préparation des projets en TI, ce qui aiderait, selon elle, les fonctionnaires à mieux établir les besoins en ce qui a trait aux systèmes informatiques. Au Québec, plusieurs projets ont dérivé alors que les besoins fixés initialement pour ces projets ont changé en cours de route, à la suite de demandes du gouvernement.

Mme Charette planche aussi sur une meilleure collaboration au sein de l’administration gouvernementale pour l’harmonisation de solutions standard en informatique dans différents ministères ou organismes. «Est-ce que c’est normal que, pour un gouvernement qui a les mêmes politiques et les mêmes conventions collectives, il y ait plus de 20 systèmes informatiques de ressources humaines différents?» se questionne-t-elle.

Un ordre professionnel en TI?

Organisé par le Réseau Action TI Québec, la JIQ est le plus grand rassemblement du secteur des TI dans l’est du Canada. Le président du conseil d’administration du Réseau Action TI, Jacques Topping, en a profité pour lancer l’idée de créer un ordre professionnel des décideurs en TI.

«Un grand défi à régler est celui de la valorisation de la profession en TI. Est-ce que ça vous dérange quand c’est toujours de la faute des gens en TI quand un projet ne va pas bien?» a-t-il demandé. «Il est de notre devoir de défendre notre compétence (...), d’expliquer l’ampleur et la complexité des projets sur lesquels on travaille», a-t-il ajouté.

 

 

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