/finance/opinion/columnists
Navigation

L’emploi public, la béquille de Marois

Coup d'oeil sur cet article

Après un an de pouvoir, comment qualifier le bilan du gouvernement de Pauline Marois en matière de création d’emplois ? On pourrait parler d’un bilan mitigé.

Après un an de pouvoir, comment qualifier le bilan du gouvernement de Pauline Marois en matière de création d’emplois ? On pourrait parler d’un bilan mitigé.

Les chiffres. L’équipe de Mme Marois a réussi à créer 24 500 nouveaux emplois au cours de la période allant d’octobre 2012 à octobre 2013.

Ce n’est rien d’époustouflant, mais ça mérite d’être souligné.

Quand nous décortiquons le bilan de la création d’emplois sous Mme Marois, la situation devient moins rose.

PUBLIC C. PRIVÉ

Sur l’ensemble des 24 500 nouveaux emplois créés depuis une année au Québec, on note la création de 22 400 emplois dans le secteur public. C’est donc dire que le secteur privé n’a ajouté que 2100 emplois en un an.

Il ne faut pas se leurrer. Créer des emplois dans le secteur public n’est certes pas aussi «économiquement» rentable que la création d’emploi dans le secteur privé. Qui dit «secteur public» dit forcément «dépense publique» à défrayer par les contribuables.

Autrement dit, le gouvernement crée des emplois en en faisant assumer les coûts par l’ensemble des travailleurs et autres contribuables québécois.

Je ne dis pas que cet ajout d’emplois dans le secteur public est futile. Là n’est pas la question.

Le réel problème avec les nouveaux emplois du secteur public? Il s’agit généralement d’emplois relativement bien rémunérés. Ce qui fait automatiquement monter la facture de l’État québécois.

À CONTRE-COURANT

Avec ses 24 500 emplois de plus dans le secteur public, le gouvernement Marois va par ailleurs à contre-courant de la tendance pancanadienne. En Ontario, par exemple, le secteur public a subi depuis un an une méchante cure d’amaigrissement, alors qu’il a perdu 29 400 emplois.

N’ayez crainte pour nos cousins ontariens. Au chapitre de l’emploi, ils s’en sortent nettement mieux que nous. Au cours des 12 derniers mois, l’Ontario a créé 134 900 nouveaux emplois dans le secteur privé, y compris les travailleurs indépendants. Cela représente 60% de tous les emplois créés dans l’ensemble du pays. Bravo!

Après avoir affiché un bilan négatif au cours des neuf premiers mois de l’année, le gouvernement péquiste a réussi en octobre à renverser la tendance. Il présente maintenant un gain de 3700 emplois pour les dix premiers mois de l’année.

Grâce à quoi? À la création, lors des trois derniers mois, de 36 600 emplois dans notre secteur public. C’est donc que Québec a recréé des milliers d’emplois qu’il avait abolis durant les précédents mois...

Statistiquement parlant, ça fait bien paraître le gouvernement Marois. Mais budgétairement, ça l’éloigne de son déficit zéro.

Commentaires