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La cyberintimidation : grande incomprise

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On dit souvent que les jeunes sont nés avec des ordinateurs dans les mains. Qu’ils sont incroyables avec ces gadgets électroniques. Ils arrivent même à dépasser les capacités de leurs aînés en la matière. Mais les jeunes comprennent-ils vraiment les limites de leur utilisation?

On dit souvent que les jeunes sont nés avec des ordinateurs dans les mains. Qu’ils sont incroyables avec ces gadgets électroniques. Ils arrivent même à dépasser les capacités de leurs aînés en la matière. Mais les jeunes comprennent-ils vraiment les limites de leur utilisation?

Avec la multiplication des plateformes et la venue des médias sociaux, les cartes se brouillent. Bien que ces nouveaux médias représentent un intérêt certain pour faire passer un message peu véhiculé dans les médias traditionnels, pour rencontrer des gens ou pour découvrir de nouvelles informations, il y a plusieurs problématiques à leur utilisation.

Avant l’arrivée des médias sociaux, un jeune qui vivait de l’intimidation ou de la violence à l’école pouvait renter chez lui et ne pas être constamment confronté à cette réalité. Aujourd’hui, les choses sont bien différentes. Il y a des photos, des vidéos qui circulent, des messages qui sont relayés par dizaines ou par centaines. La victime ne peut pas échapper à ses agresseurs.

Nombreux débordements

En effet, les utilisateurs profitent de l’anonymat des plateformes pour faire de l’intimidation, aussi appelée de la cyberintimidation. Ces plateformes mènent souvent à de nombreux débordements.

Hier dans le Journal, l’ex-premier ministre Lucien Bouchard avouait avoir été victime d’intimidation. Il racontait à quel point cela avait été difficile. Qu’il était ciblé parce qu’il était studieux, que cela l’a marqué. Il faut souligner que ce geste courageux aidera probablement plusieurs jeunes à dénoncer l’intimidation dont ils sont victimes.

Cependant, les commentaires qui ont suivi la déclaration de M. Bouchard étaient pour le moins douteux, pour ne pas dire mesquins. Plusieurs l’accusaient de s’être montré «faible». De ne pas avoir été un «vrai homme». Certains lui demandent d’arrêter de pleurnicher sur son sort. Bref, des commentaires totalement déplacés qui, à force de se répéter, reprennent le même cercle d’intimidation que M. Bouchard cherchait à dénoncer.

Que pouvons-nous faire devant une telle situation? Le Canada est en train de préparer un projet de loi pour contrer la cyberintimidation. Des peines plus sévères pour les coupables. Encore faut-il être capable de démontrer cette culpabilité. Les plaintes sont très difficiles à faire (menace, intimidation). Souvent, les preuves sont complexes à amasser et les interventions ont peu d’effets à court et à moyen terme. Mais c’est déjà un pas de reconnaître qu’il s’agit d’une nouvelle forme de violence.

Suivi nécessaire

Il faudrait également s’assurer de donner aux victimes un suivi pour leur permettre de s’en sortir, car ne l’oublions pas, plusieurs auront à vivre toute leur vie avec ces messages, ces photos et ces vidéos qui continueront à circuler sur le web.

La clé reste toutefois l’éducation et surtout que les adultes montrent l’exemple.

Nous allons devoir apprendre aux jeunes que l’utilisation des médias sociaux doit se faire en se posant des questions. Par exemple: est-ce que je suis capable d’assumer ce que je dis et véhicule sur les médias sociaux dans ma vie réelle? Si la réponse est non, nous devrions tous apprendre à effacer!

 
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