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Enquête

Bienvenue au paradis... fiscal

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Ouvrir un compte bancaire dans un paradis fiscal est un jeu d’enfant vraiment à la portée de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, a découvert notre Bureau d’enquête, qui détient maintenant une carte de crédit en bonne et due forme, émise dans une petite île des Caraïbes, pour dépenser ici à l’abri du fisc.

Ouvrir un compte bancaire dans un paradis fiscal est un jeu d’enfant vraiment à la portée de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, a découvert notre Bureau d’enquête, qui détient maintenant une carte de crédit en bonne et due forme, émise dans une petite île des Caraïbes, pour dépenser ici à l’abri du fisc.

Il s’agit d’une carte MasterCard comme n’importe quelle autre.

Nous pouvons utiliser cette carte pour n’importe quel achat au Québec ou ailleurs, sans nous faire poser la moindre question.

Il nous suffit de nous rendre dans n’importe quelle institution financière d’ici pour y transférer des fonds. Pour notre part, nous l’avons approvisionnée à partir d’une caisse populaire du Mouvement Desjardins.

Pour rester sous les écrans radars du fisc, il suffit de déposer moins de 10 000 $ à la fois. Au-dessus de cette limite, les institutions ­financières canadiennes doivent le rapporter à un organisme fédéral, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).

Pour obtenir cette carte et ouvrir un compte offshore, il suffit d’un minimum de connaissances en finance, d’une compréhension moyenne de l’internet, mais surtout d’une bonne capacité à mentir sur son identité.

La vérité, personne ne semble vraiment vouloir la connaître, a-t-on découvert au fil de notre enquête, pourvu qu’il y ait de l’argent pour payer les frais d’ouverture du compte offshore.

Un jeu d’enfant

Au cours de notre enquête, qui nous a amenés à nous faire passer pour un entrepreneur d’une compagnie bidon de réparations d’ordinateurs, notre Bureau d’enquête a été capable:

  • de créer, sans jamais quitter Montréal, une compagnie coquille dans un paradis fiscal, le Belize, où il n’existe aucun registre public des compagnies et où notre identité réelle a été ­cachée par des prête-noms;
  • d’ouvrir un compte bancaire dans un ­autre paradis fiscal, St-Vincent-et-les-Grenadines, et d’obtenir une carte de crédit nous permettant de faire des retraits d’argent au Québec.

À aucun moment dans le processus, nous n’avons été embêtés par le fisc ou les banques qui ont accepté de faire transiter notre argent dans divers paradis fiscaux.

Fausses compagnies (coquilles vides), prête-noms, routes financières alternatives, notre enquête révèle que la machine du offshore est fort bien huilée.

 

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