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JFK il y a 50 ans | le journal à dallas

« C’est dur d’imaginer qu’il ait agi seul. Surtout après l’avoir côtoyé »

— Pat Hall, propriétaire de la maison où Oswald louait une chambre

Kennedy 50 ans
photo marie-joëlle parent Pat Hall dans la chambre de Lee Harvey Oswald restée intacte.

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DALLAS | Dans cette maison modeste de l’avenue Beckley située non loin du centre-ville de Dallas, le temps s’est arrêté en novembre 1963. C’est ici qu’habitait Lee Harvey Oswald avant de devenir un des hommes les plus détestés de l’histoire. La maison est à vendre pour la première fois en 50 ans, le prix demandé est 500 000 $.

À l’intérieur, le décor n’a pas bougé. Un exemplaire du Dallas Morning News annonçant la mort du président repose sur la table de marbre du salon. L’immense téléviseur de bois ne fonctionne plus depuis longtemps.

À côté de la cuisine, la chambre d’Oswald, une toute petite pièce avec un lit de métal et une armoire, donne froid dans le dos. Le FBI est reparti avec les draps et le contenu de l’armoire l’après-midi du 22 novembre 1963. C’est ici qu’ils ont trouvé l’étui de son pistolet.

Lee Oswald louait une chambre dans cette maison appartenant à Gladys Johnson depuis le 14 octobre 1963, soit six semaines avant l’assassinat. Il payait 8 $ par semaine.

«Lee était en chicane avec sa femme Marina, il passait la semaine ici et les fins de semaine avec sa femme et ses enfants à Irving, en banlieue de Dallas», explique Patricia Hall, aujourd’hui propriétaire de la maison et petite-fille de Gladys Johnson.

AVANT D’ABATTRE TIPPIT

Mme Hall a grandi dans cette maison et se souvient très bien d’Oswald. Elle avait 13 ans à l’époque.

«Il était très gentil, attentionné, il n’était pas très sociable, mais pas antisocial non plus. Il a déjà arrêté une bagarre entre mes frères. Il utilisait le pseudonyme O. H. Lee alors on l’appelait tous M. Lee. »

Trente minutes après l’assassinat, vers 13 h, Oswald est revenu chercher son manteau et son pistolet.

«Il est entré en coup de vent sans parler, il n’est resté que trois minutes», dit-elle. Deux kilomètres plus loin, il a abattu le policier J. D. Tippit.

UNE IMMENSE HONTE

Après l’assassinat, la famille de Patricia Hall a reçu des lettres de menace. «On a décidé de ne pas en parler et de ne pas laisser cette tragédie définir qui nous sommes», explique-t-elle.

«Ce fut très dur pour Dallas, personne ne parlait de ça, on a senti une immense honte, et d’une certaine façon la honte, est encore présente».

Dans sa famille, on croit à un complot. «Il avait seulement 24 ans, c’est dur d’imaginer qu’il a agi seul. Surtout après l’avoir côtoyé», dit-elle.

Mme Hall souhaite trouver un acheteur qui va conserver la maison intacte ou la transformer en musée comme la ville d’Irving a fait avec la maison où habitaient Marina Oswald et ses enfants. «Ça pourrait aussi faire un bon Bed and Breakfast», dit-elle.

N’est-ce pas capitaliser sur la mort du président? «Non, je vends un morceau d’histoire. Ce n’est pas une maison ordinaire. Je ne vends rien qui appartenait à Oswald, de toute façon le FBI a tout pris».

Personne ne s’est encore présenté avec l’offre souhaitée.

 

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