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JFK 50 ans plus tard

« C’était inhabituel de faire défiler un prisonnier comme ça devant les journalistes »

— Bob Huffaker, journaliste

Kennedy 50 ans
photo marie-joëlle parent Le journaliste Bob Huffaker a couvert le convoi présidentiel dans les rues de Dallas le 22 novembre 1963 tout près des lieux du crime.

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DALLAS | Journaliste pour la station locale de CBS, Bob Huffaker a couvert le cortège présidentiel il y a 50 ans dans les rues de Dallas et, deux jours plus tard, il a assisté au meurtre de Lee Oswald.

«Personne ne pensait à une tentative d’assassinat ce jour-là, les groupes radicaux de droite ne s’étaient pas du tout manifestés. L’accueil était plus que chaleureux», se souvient Bob Huffaker, aujourd’hui âgé de 77 ans.

«On aurait dit que toute la ville était là, c’était comme le printemps au mois de novembre, le centre-ville était tapissé de bleu et rouge. J’étais content parce que la réputation de Dallas n’était pas très reluisante à l’époque».

Bob Huffaker se trouvait à sept coins de rue du lieu de l’assassinat. C’est en retournant à la station CBS qu’il a appris la nouvelle.

«Je suis aussitôt parti à l’hôpital Parkland. C’est là, dans le stationnement devant l’urgence que j’ai diffusé la nouvelle la plus triste de ma carrière. J’ai vu deux prêtres entrer, je savais que ce n’était pas bon signe».

UN JOUR DE HONTE

Les citoyens de Dallas avaient afflué vers l’hôpital, en silence, se mêlant aux dignitaires, sénateurs et membres de la Chambre des représentants du Texas. Le Démocrate Jim Wright se trouvait parmi la foule.

«J’allais l’interviewer quand la nouvelle de la mort du président est tombée. Je voulais pleurer, mais je pouvais pas. Il fallait que je continue à rapporter l’information. Ce qui a commencé comme un accueil chaleureux à Dallas est devenu une scène d’une horreur indescriptible», a-t-il dit aux auditeurs.

Cinquante ans plus tard, M. Huffaker a encore la gorge nouée quand il se remémore ce que M. Wright a ensuite dit dans son micro.

«C’est un jour triste, un jour de deuil, un jour de honte que dans ce pays libre quelqu’un ait cherché à tuer le président des États-Unis. Il y a encore dans cette nation la fibre pour reconstruire. Nous devons le faire. Nous ne devons pas paniquer».

BIZARRE CLIMAT DE NERVOSITÉ

Après l’assassinat, le climat est resté très tendu à Dallas. «Tous les médias en ville ont reçu des lettres de menace et des alertes à la bombe», dit-il.

Deux jours plus tard, Bob Huffaker s’est retrouvé à couvrir pour le réseau CBS le transfert vers la prison de Lee Oswald.

«Comme j’étais journaliste aux affaires policières,relate-t-il, j’étais toujours au quartier général de la police. C’était inhabituel de faire défiler un prisonnier comme ça devant les journalistes. Les policiers étaient nerveux par rapport à ce transfert, car Oswald était le suspect le plus recherché de l’histoire des États-Unis. Le sous-sol du quartier général de la police a été fouillé à plusieurs reprises. »

MEURTRE EN DIRECT

Le transfert devait se faire vers 11h. Bob Huffaker était l’un des deux seuls journalistes de la télévision sur place.

À la dernière minute, une voiture est sortie du garage et le policier à l’entrée s’est écarté. C’est à ce moment que Jack Ruby est entré, croit Bob Huffaker.

«Ruby était toujours au poste de police à flâner, c’était un personnage très connu en ville, un «wannabe». Il avait pris des amphétamines et n’avait pas beaucoup dormi. Il portait toujours un pistolet parce qu’il transportait de l’argent. Je ne pense pas qu’il avait l’intention d’assassiner Oswald, il ne pouvait pas faire partie d’un complot, il parlait beaucoup trop».

À 11h21, il a tiré une balle dans l’abdomen de Lee Oswald. Ce fut le premier meurtre diffusé en direct à la télévision.

 

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