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Émissions | Généalogie

La grande et les petites histoires

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Connaissez-vous notre histoire? Et la vôtre? Trop peu valorisée, elle nous arrive par contre dans des concepts passionnants via notre petit écran. Parce que notre petite histoire à chacun s’inscrit dans la grande Histoire du Québec.

Connaissez-vous notre histoire? Et la vôtre? Trop peu valorisée, elle nous arrive par contre dans des concepts passionnants via notre petit écran. Parce que notre petite histoire à chacun s’inscrit dans la grande Histoire du Québec.

Tout le monde a une histoire. Radio-Canada présente l’adaptation québécoise de Who do you think you are? Ce concept britannique de la BBC connaît un beau succès partout dans le monde. Le producteur Guillaume Lespérance en a acquis les droits. Qui êtes-vous? s’avère particulièrement touchant.

«L’émission n’ayant pas d’animateur, il était important que notre fil conducteur soit une personnalité à l’aise pour poser des questions et faire évoluer l’histoire, expli­que Manuelle Légaré, productrice au contenu. Ces artistes nous ont donné la permission de fouiller du côté de leurs ancêtres, de rencontrer leurs proches. Il y a toujours quelqu’un qui ramasse toutes les photos dans la famille, le père de Patrice L’Écuyer, la sœur du Guy A. Lepage, la tante de Normand Brathwaite.»

Un généalogiste, Marcel Fournier, trace d’abord les grandes lignes, puis on plonge dans toutes les petites histoires. «Ce qui est intéressant, dans le concept, c’est qu’on ne mise pas que sur la lignée traditionnelle, celle du père, note le recherchiste Mathieu Fournier. Nous avons ainsi pu trouver des personnages forts dans les chemins de traverse et éviter certains clichés.»

Si Patrice L’Écuyer nous a entraînés vers La Rochelle, souche de nombreux Québécois, Marina Orsini nous a emmenés en Italie, Pénélope McQuade en Irlande et Normand Brathwaite en Jamaïque.

Défi des archives

Travailler sur des concepts comme Qui êtes-vous? et Le Québec, une histoire de famille représente son lot de défis. Après les grandes lignes des généalogistes, des recherchistes fouillent les événements qui sortent de l’ordinaire. Heureusement, le dévelop­pement des nouvelles technologies facilite certaines démarches. Les Américains, les Mormons souvent, ont créé beaucoup de sources généalogiques. On bénéficie de l’expertise des Sociétés de généalogie, des Centres d’archives, des bibliothèques, des hôpitaux, d’un peu partout dans le monde. Un travail de moine et de généreuses collaborations.

Pour les capsules de Le Québec, une histoire de famille, on a fait appel à Karine Perron, une archiviste ferrée. «À partir du scénario et des besoins des réalisateurs, je pars à la recherche d’images, de dessins de l’époque. Notre histoire s’est construite à partir de l’immigration. Je dois donc fouiller partout. Un seul document génère beaucoup de coups de téléphone! Une archive peut demander deux à trois semaines de démarches comme ce fut le cas avec une image de Marie Perron, infirmière volontaire lors de la Première Guerre mondiale.»

«Je fais aussi de belles rencontres. Une femme qui faisait partie des boat people sur laquelle je suis tombée pour les Nguyen m’a chavirée. La libération des droits est aussi un défi très complexe. Il faut bien négocier, car ça peut s’avérer coûteux, mentionne-t-elle. Mais offrir ces petites perles au public est extrêmement satisfaisant.»

Nouvel engouement

«On sent un réel engouement pour notre histoire et pour la généalogie, obser­ve Manuelle Légaré. Ça a créé des mouvements de solidarité. Les capsules historiques à TVA ne sont pas étrangères à ça et on l’a senti dans toutes nos démarches.»

D’ailleurs, le site de Le Québec, une histoire de famille est devenu une réelle communauté avec 65 000 visites et 700 000 pages vues par mois. C’est près de 19 millions de pages vues depuis sa création, il y a plus de deux ans.

Julie Snyder et Marie-France Bazzo, co-productrices de Le Québec, une histoire de famille, ont eu l’idée des capsules à la suite du succès de Moulin à paroles. «Elles souhaitaient rendre l’histoire attrayante. Et quoi de mieux que de la raconter via les patronymes? dit Xavier Debreuille, qui en est le rédacteur en chef. Les personnalités, on s’y attache. On aime y être associé. On aime aussi voir la maison ancestrale ou le magasin général où ont évolué les événements.»

«Qui êtes-vous? raconte une histoire qui s’incarne dans le présent. Elle n’est pas du tout statique et devient très grand public, note Mathieu Fournier. On offre à l’artiste un itinéraire. Ça devien­t une quête identitaire, humaine. Un bon équilibre entre un contenu intelli­gent et émotif.»

«L’éclatement des familles et l’abandon de l’enseignement de l’histoire dans les écoles peuvent notamment expliquer cet engouement. On sent de plus en plus un retour au noyau familial. Les gens veulent se situer. Et le réseau des Sociétés de généalogie est très dynamique au Québec», explique Marcel Fournier.

Histoire riche de sens

«Les Québécois ont parfois une vision péjorative de leur histoire, observe Xavier Debreuille. Elle est peut-être courte, mais elle est riche. Les capsules que nous produisons entraînent une valorisation du patrimoine. Une société multiculturelle est aussi une grande richesse.»

«Nous avons parlé des Nguyen, des Globensky, des Vollant ou des Bélisle qui tirent leurs souches des communautés autochtones, comme des Tremblay, des Parent, des Couture. Passer sur un pont et savoir qu’un ancêtre y était journalier, comme ce fut le cas pour un Ouellet avec le pont de Québec, permet de se réapproprier l’histoire.»

«C’est fascinant de se rendre compte du nombre de bâtisseurs que nous avons, confirme Mathieu Fournier. Comme le disait Patrice L’Écuyer, quand on comprend d’où on vient, on saisit mieux la nécessité de bâtir pour l’avenir. Tant mieux si ça amène une prise de conscience.»

«On ne sort pas indemne d’un tournage de Qui êtes-vous? Un an plus tard, ils en parlent encore. Ça les a habités, remués. Quand Marina a revu son cousin en Italie, toute l’équipe technique pleurait. Quand nous lui avons présenté le rapport d’autopsie de son grand-père, elle a sauté sur le téléphone pour appeler sa tante. Ça lui permettait enfin de comprendre une partie inexpliquée de son histoire. Et accompagner Dominique Michel dans sa quête, c’est un véritable cadeau dans une vie», conclut Manuelle Légaré.

 

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