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De l’équilibre budgétaire

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Lorsque le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé, la semaine dernière, que le Canada retrouverait son équilibre budgétaire en 2015, il honorait l’engagement pris par son gouvernement lors des élections de 2011. Le Parti conservateur s’engageait à équilibrer les finances publiques en 2015. La prévision de surplus de 3 700 000 000 $ conforte davantage cet engagement.

Lorsque le ministre des Finances, Jim Flaherty, a annoncé, la semaine dernière, que le Canada retrouverait son équilibre budgétaire en 2015, il honorait l’engagement pris par son gouvernement lors des élections de 2011. Le Parti conservateur s’engageait à équilibrer les finances publiques en 2015. La prévision de surplus de 3 700 000 000 $ conforte davantage cet engagement.

Cette mise à jour est bien sûr optimiste. Le ministre a d’ailleurs averti que la fragilité de l’économie mondiale, un risque de revenus moins importants que prévu et l’incertitude sur l’exploitation des ressources naturelles pourraient jouer un rôle déterminant dans les résultats annuels.

Nous reprochons souvent aux gouvernements de ne pas respecter les engagements pris en campagne électorale. Les Canadiens, les Québécois devraient se réjouir et reconnaître que les finances publiques auront été bien servies par un gouvernement qui a ramené en cinq ans un déficit de 55 600 000 $ à un surplus de 3 700 000 000 $. La bonne santé relative de l’économie canadienne enviée par la communauté internationale est le fruit de décisions difficiles, mais nécessaires. Quand Paul Martin et Lucien Bouchard ont sabré les dépenses publiques pour atteindre l’équilibre budgétaire à la fin des années 90, ils ont été fortement critiqués. La réduction des transferts aux provinces pour l’un et la mise à la retraite de milliers de professionnels de la santé pour l’autre ont fait très mal. Pourtant, c’est cette rigueur qui a permis au Canada et à Québec de traverser la crise de 2008 sans conséquences dramatiques.

PAYS VULNÉRABLES

Aux États-Unis et en Europe, il a fallu que la crise éclate pour qu’on prenne pleinement conscience que la dette accumulée et les déficits répétés des pays comme l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et la Grèce rendraient ceux-ci encore plus vulnérables. Aujourd’hui en 2013, la crise sociale et politique guette la France. L’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande ont des taux de chômage effarants et même la Grande-Bretagne n’est pas encore sortie de la crise. Tout cela est la conséquence d’une situation économique et financière dangereuse et incontrôlée. Les gouvernements concernés n’ont pas eu le courage politique d’agir. Les institutions financières internationales ont imposé à ces pays des plans de redressement qui font 10 fois plus mal que ce que le gouvernement canadien a mis en place depuis 2011.

CHOIX CRUELS

Je ne minimise pas les effets négatifs des compressions et il n’y a pas de doute que la médecine qu’on nous a servie a fait très mal. En privilégiant la réduction des dépenses plutôt que l’augmentation des revenus, ce qui était essentiel n’a pas nécessairement été épargné; des services importants ont été sacrifiés; des programmes entiers ont été abolis. La réduction des effectifs de la fonction publique aura des effets négatifs évidents. Certains programmes, telle l’assurance-chômage, ont été mis en place avec brutalité et sans explication. Les discussions avec les provinces ont été inexistantes.

Mais jamais le gouvernement n’aurait atteint son objectif s’il ne l’avait pas imposé aux citoyens et aux provinces. A-t-il fait les bons choix? L’équilibre budgétaire est-il pour les gouvernements la seule solution? Les Canadiens décideront de son importance, lors de la prochaine élection de 2015 puisque le Parti conservateur en fera sûrement un argument majeur de sa réélection.

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