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Châteauguay

Forcé de faire le ménage pour sa sécurité

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Une tonne d’objets de tout acabit meublent le terrain d’André Mallette à Châteauguay.

Des barbecues, un paquet de chaudières de plastique, d’autres en métal, du bois cordé, des chaises, une auto remplie de toutes sortes d’articles et aussi une camionnette pleine à craquer, du bois, des boites de carton.

Et il y a un conteneur. «C’est le troisième que je remplis», lâche l’homme de 71 ans affairé tout près. Il fait le ménage à contre-coeur. Forcé par la Ville. «Si ce n’était que de moi. Ça serait resté comme ça encore 50 ans. Si j’étais plus jeune, je partirais», dit-il. «Le monde s’imagine que j’ai pris ça dans les vidanges. C’est des affaires que j’ai payées, je ne veux pas envoyer ça aux vidanges !»

Des objets qui ont de la valeur

Pourquoi il collectionne les objets ? «Tu vois une piastre à terre, si t’es trop niaiseux pour la ramasser, laisse-la là, c’est un autre qui va la prendre.»

Pourquoi ne pas vendre le superflu ? «Ça ne m’intéresse pas de vendre, il y a des affaires que j’ai payées 100 $, on va me donner 10 $.»

L’homme croit qu’un jour ou l’autre, ceci ou cela pourra lui servir. «J’ai une échelle de 40 pieds. Elle a été utile quand on a eu le verglas.»

M. Mallette se désole de devoir se départir de ses biens. «La Ville ne veut pas qu’on ait plus qu’un couteau et une fourchette.»

Il est chez lui

Contremaître aux Travaux publics de Châteauguay fraichement retraité, Pierre Daoust voudrait que la Ville fasse place nette rapidement. «Y a rien qui bouge. J’aimerais pas qu’il arrive un feu, quelque chose. C’est dangereux», a exprimé M. Daoust à l’assemblée publique du conseil municipal de Châteauguay du 18 novembre.

La mairesse Nathalie Simon a expliqué que le citoyen était suivi par la Ville et le centre de santé. «Le monsieur est chez lui. La Ville de Châteauguay ne peut pas intervenir comme ça chez les gens», a-t-elle dit. Elle a prôné la patience. «Ça fait trois ans que je suis patient», a répliqué M. Daoust.

Suivi par les pompiers et le CLSC

Chef de la prévention des pompiers de Châteauguay, Patrice Greer confirme que l’encombrement chez M. Mallette est «très préoccupant». S’appuyant sur des impératifs de sécurité, les pompiers ont amené le citoyen à faire du ménage et ils l’aident dans cette tâche, avec un intervenant du CLSC et les gens de Coup de pouce des Moissons, un organisme sans but lucratif voué à l’entretien ménager.

«Un technicien rencontre le citoyen à chaque semaine», précise M. Greer. Des matériaux à enlever sont ciblés. Les pompiers visent les matières combustibles, dont la forte accumulation représente un danger, et le dégagement des accès à la maison.

«Nous avons fixé un objectif pour diminuer la quantité autour du bâtiment cet automne. Dès que la neige va commencer à tomber, le ménage devra se faire à l’intérieur», a expliqué M. Greer.

L’intérieur de la maison est aussi envahi d’objets à un point tel que l’immeuble est classé «à risque dangereux particulier». «En cas d’incendie, actuellement, aucun pompier n’irait à l’intérieur, il n’en sortirait pas vivant. Notre objectif serait de protéger les immeubles autour», explique le chef de la prévention.

Tout enlever pas une solution

Retirer tous ses objets d’un coup à M. Mallette n’est pas une solution. «Si on lui enlève tout, il va tomber en dépression», dit Patrice Greer. «Il faut une approche humaine pour l’aider. C’est difficile pour lui.»

Cette approche porte ses fruits, selon le préventionniste. «Depuis six mois, on voit une différence sur le terrain. Il y a un gros ménage de fait.»

La collaboration entre la Ville et le CLSC pour intervenir auprès de M. Mallette doit d’ailleurs déboucher sur un protocole qui sera appliqué avec chaque personne touchée par ce penchant pour la collection d’objets connu sous le nom de syndrome de Diogène, indique Patrice Greer.

Sur le territoire de la Ville de Châteauguay, une vingtaine de cas sont connus des pompiers.

 

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